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  • Boire — Entre le silence et le vertige, reportage France TV | Maëva Paul

    Boire — Entre le silence et le vertige, reportage France TV | Maëva Paul

    Santé mentale — Revue de reportage

    Novembre 2025 — Maëva Paul

    Boire

    Entre le silence et le vertige — analyse du reportage France TV sur l’alcool et la dépendance

    Réalisation Élise Le Bivic
    Narration Virginie Efira
    Production Bangumi pour France Télévisions
    Disponible sur France.tv
    Diffusion France 2 4 novembre 2025 — 21h10
    Thèmes Alcool · Dépendance · Silence · Renaissance

    Le silence avant le verre

    Il y a dans certains verres un appel au calme.
    Une promesse de douceur dans le tumulte.
    On lève le bras comme on chercherait un abri,
    on boit comme on respire — pour oublier le bruit.

    Boire, parfois, c’est vouloir disparaître doucement. C’est noyer l’intranquillité dans une mer translucide, croire que le liquide apaise ce que la vie écorche. C’est une prière muette, un geste répété jusqu’à l’oubli.

    Mais le calme est trompeur. Sous la surface, il y a le vide — et dans ce vide, une vérité qu’on ne veut pas toujours regarder.

    C’est là que le reportage Boire prend tout son sens. Il ne parle pas seulement d’alcool, mais de cette quête de silence partagée par tant d’êtres. De ce besoin de fuir la douleur, d’étouffer les pensées, d’exister un peu moins fort.

    Verre à moitié vide avec reflets dorés et ombres douces — évoque la paix et le lâcher-prise — reportage Boire France TV — Maëva Paul

    Le verre comme refuge — entre lumière et ombre

    Synopsis & timeline

    Le documentaire réunit plusieurs voix dans un cercle de parole — des hommes et des femmes qui racontent leur lien à l’alcool, du premier verre à la chute, puis parfois au réveil. À travers leurs histoires, le film questionne une culture française profondément imbibée, où boire est un rite, une habitude, une échappatoire.

    Il mêle témoignages intimes, archives populaires et regards médicaux pour dévoiler ce que cache le geste banal de lever un verre. La voix de Virginie Efira, douce et grave, relie les histoires individuelles à une mémoire commune.

    Date Événement
    12 septembre 2025 Sortie du documentaire sur France.tv
    4 novembre 2025 Diffusion télé sur France 2 à 21h10
    Automne 2025 Débat national autour de la banalisation de l’alcool
    2026 (prévu) Sélections en festivals documentaires européens
    Le mot Boire en lettres blanches fines sur fond flou évoquant un souvenir ou une brume — reportage France TV — Maëva Paul

    Boire — entre mémoire et brume

    Un miroir collectif

    Dans le cercle de parole filmé par Élise Le Bivic, les mots tombent comme des aveux retenus trop longtemps. Chaque témoignage a le goût d’un verre qu’on repose lentement — entre honte, lucidité et tendresse pour ce qu’on a été.

    Les voix se croisent : Lou parle des fêtes devenues refuges, Charlotte raconte l’alcool comme un compagnon silencieux, Baptiste évoque la solitude derrière les rires. Tous décrivent une même fracture : celle entre le besoin d’oublier et le désir de vivre pleinement.

    Le film n’accuse pas, il écoute.
    Il laisse l’espace à la nuance, à la fragilité.
    C’est un miroir tendu vers chacun de nous.
    Diptyque — à gauche un groupe qui rit, à droite une personne seule en retrait — dualité entre fête et solitude — reportage Boire France TV — Maëva Paul

    La dualité entre fête et solitude — ce que Boire révèle

    10% des adultes français Présentent une consommation d’alcool considérée comme problématique.
    2ème cause de mortalité évitable L’alcool reste la deuxième cause de mortalité évitable en France, après le tabac.
    Dépendance émotionnelle et sociale Selon Amine Benyamina, psychiatre et addictologue, l’alcool n’est pas seulement une addiction chimique — il est souvent enraciné dans la solitude, la pression ou la souffrance psychique.
    Frontière fête / fuite Plusieurs témoins racontent comment la frontière entre plaisir et besoin s’est effacée au fil du temps.

    L’alcool — pour mieux agir

    L’alcool n’est pas qu’un geste social ou festif — c’est une molécule qui agit sur le cerveau et le corps, dont les effets dépendent de la quantité, de la fréquence et de la sensibilité individuelle.

    Une drogue psychoactive L’alcool est un dépresseur du système nerveux central — il ralentit les fonctions cérébrales et crée une dépendance physique et psychologique.
    Doses recommandées Maximum 10 verres standard par semaine, sans dépasser 2 verres par jour — avec des jours sans consommation dans la semaine.
    Conséquences physiques Maladies du foie, risques cardiovasculaires, troubles digestifs, affaiblissement immunitaire.
    Conséquences psychologiques Dépression, anxiété, troubles cognitifs, isolement, perte de repères identitaires.
    Se faire aider Consultations en addictologie, groupes de parole, suivi psychologique ou médical — des chemins existent.

    📞 Ressources & aide

    Alcool Info Service : 0 980 980 930 (gratuit, anonyme, 7j/7)

    Alcoologie & Addictologie : consultez votre médecin traitant ou un centre spécialisé en addictologie.

    Entre le verre et le vide

    Parfois, je revois ces visages dans le cercle de parole. Leurs mains qui tremblent, leurs regards fuyants, leurs mots qui cherchent un écho. Je reconnais dans ces histoires une part de moi-même — ce moment où le verre devient refuge, puis prison.

    Boire, pour eux comme pour moi, n’est jamais juste un geste. C’est un dialogue silencieux avec la douleur. C’est une manière d’exister quand tout semble trop lourd pour être porté.

    Mais derrière chaque chute, il y a un tremblement, une étincelle.
    Dans le brouillard de l’alcool, j’ai parfois aperçu cette lumière ténue :
    un début de compréhension, un souffle d’espoir.
    Diptyque avant-après — à gauche le verre et l'ombre, à droite une main qui s'élève vers la lumière symbolisant le renouveau — reportage Boire France TV — Maëva Paul

    Du verre à la lumière — renaissance après la chute

    Renaître après le verre

    Le chemin n’est jamais linéaire. Il y a les retours en arrière, les nuits lourdes, les silences qui cognent. Mais chaque pas compte. Chaque souffle repris après la chute est une victoire sur le vide.

    Le documentaire Boire m’a rappelé que la lucidité, même fragile, est une force. Que reconnaître sa faiblesse, parler de ses blessures, c’est déjà commencer à guérir.

    À chacun de trouver son souffle.
    À chacun de se tenir debout, même quand tout semble s’effondrer.

    Et vous, que signifie « boire » ?

    Quels silences ou vertiges cache votre quotidien ?

    Partagez vos textes, pensées ou poèmes autour de ce thème.
    Intimes, brefs ou longs, poétiques ou analytiques — tous seront accueillis avec respect.





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    • Ce qu’on ne dit pas quand on va mieux — Maëva Paul

      Ce qu’on ne dit pas quand on va mieux — Maëva Paul

      Atelier d’écriture — Santé mentale

      Octobre 2025 — Maëva Paul

      Ce qu’on ne dit pas quand on va mieux

      Explorer l’après — ce qui reste quand la tempête se calme

      On parle souvent de la chute, rarement de ce qu’il y a après. On célèbre la remontée, les progrès, les sourires retrouvés. Mais on oublie bien trop souvent que la guérison n’est pas une ligne droite.

      Quand on va mieux, ce n’est pas forcément qu’on va bien.
      C’est souvent qu’on a appris à vivre avec la douleur,
      à la rendre plus silencieuse.
      Ce n’est pas une victoire définitive — c’est une forme de paix fragile.

      Et cette paix fragile, personne n’en parle vraiment. Parce qu’elle est difficile à expliquer, parce qu’elle ressemble à « aller bien » de l’extérieur, alors qu’à l’intérieur c’est encore bruyant.

      On peut aller mieux et…

      Se sentir vide. Le vide après la tempête est aussi une forme de souffrance — moins visible, mais tout aussi réelle.
      Continuer à avoir peur de rechuter. L’ombre de l’avant ne disparaît pas du jour au lendemain.
      Ne plus se reconnaître. La guérison transforme. Ce n’est pas toujours confortable.
      Être épuisé d’avoir dû se battre aussi longtemps. La fatigue après la lutte est légitime.
      Avoir encore besoin d’aide. Ce n’est pas un échec — c’est de la lucidité.

      Sur la guérison

      La guérison n’est pas un état permanent, mais un processus fluctuant. Les rechutes ne sont pas un retour à zéro — elles font partie du parcours.

      Le cerveau garde des traces de la détresse, même quand la vie semble plus douce. Cela peut se manifester par une hypersensibilité, une fatigue chronique ou un sentiment d’irréalité.

      « Aller mieux » peut signifier avoir trouvé des repères, une routine, des personnes qui apaisent. Pas être guéri — mais avoir appris à composer avec soi-même.

      Il y a ce moment étrange où tout s’apaise,
      et où, pourtant, on ne sait plus très bien quoi faire de cette accalmie.
      Parce qu’on s’était habitué au chaos, à l’urgence de survivre.

      C’est là que commence le vrai travail : apprendre à vivre sans la douleur comme moteur. Se reconstruire sans devoir lutter en permanence.

      Aller mieux, ce n’est pas redevenir comme avant. C’est devenir quelqu’un d’autre — plus lucide, plus fragile, mais peut-être aussi plus vrai.

      Et toi, qu’est-ce que tu ne dis pas ?

      Prends 5 minutes pour répondre à cette question :
      « Et toi, qu’est-ce que tu ne dis pas quand tu vas mieux ? »

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        Ressources & soutien

        Tu n’as pas à porter ça seul·e. Si tu ressens à nouveau le poids du vide, ou la peur de retomber, parler peut aider.

        3114

        Numéro national de prévention du suicide — 24h/24, 7j/7, gratuit et confidentiel.

        Suicide Écoute

        01 45 39 40 00 — Écoute anonyme et gratuite.

        SOS Amitié

        09 72 39 40 50 — Disponible tous les jours.

        Votre médecin ou psychologue

        En présentiel ou en ligne — demander de l’aide, c’est déjà une façon d’aller mieux.

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      • Regarder sa douleur en face — Lucidité et douleur | Maëva Paul

        Regarder sa douleur en face — Lucidité et douleur | Maëva Paul

        Atelier d’écriture — Santé mentale

        Octobre 2025 — Maëva Paul

        Regarder sa douleur en face

        Lucidité et douleur — voir ce qu’on préfère éviter

        La lucidité est souvent mal comprise. On croit qu’elle signifie force ou contrôle. Mais être lucide, c’est avant tout voir les choses profondément — même si c’est inconfortable.

        La douleur, qu’elle soit physique, émotionnelle ou mentale, n’est pas un ennemi. Elle est un signal, un guide silencieux vers la compréhension de soi.

        Nommer ce qui fait mal, c’est commencer à l’entendre.

        Vers la lucidité

        Reconnaître sa douleur. Accepter que quelque chose fait mal n’est pas un signe de faiblesse. C’est un acte de courage silencieux. La première étape vers la lucidité est la reconnaissance.
        Observer sans juger. La lucidité implique une observation détachée. On ne lutte pas contre la douleur — on la voit. On l’écrit, on la note, on la contemple. L’observation sans jugement permet de l’accepter telle qu’elle est.
        Écrire pour traverser. L’écriture est un outil puissant. Elle transforme la douleur en miroir de soi, en fragments que l’on peut comprendre et apprivoiser. Même une seule phrase, un mot — c’est une victoire silencieuse sur l’invisibilité de la souffrance.
        La lucidité n’est pas confortable, mais elle est libératrice.
        Elle demande patience, douceur et curiosité envers soi.
        Reconnaître la douleur, l’observer, l’écrire —
        c’est s’ouvrir à la clarté et à la guérison.

        Un mot pour aujourd’hui

        Prends une minute pour écrire un mot qui représente ta douleur aujourd’hui.

        Un seul mot. Ou une phrase. Ou une page entière.
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        • La santé mentale c’est aussi… — Journée mondiale | Maëva Paul

          La santé mentale c’est aussi… — Journée mondiale | Maëva Paul

          Texte — Santé mentale · Écriture

          10 octobre 2025 — Journée mondiale de la santé mentale

          La santé mentale,
          c’est aussi…

          Pour celles et ceux qui avancent dans le flou, qui survivent dans l’ombre, qui ne savent plus pourquoi ils tiennent — mais qui tiennent quand même.

          Il y a des jours où le monde parle de santé mentale.
          Et d’autres où le silence hurle plus fort que tout.

          À l’occasion de cette journée, je n’ai pas envie de simplement sensibiliser. Je n’ai pas envie d’écrire des phrases toutes faites, ni de parler d’espoir. Je veux juste poser quelques mots sur ce que l’on ne dit que trop rarement, sur ce que l’on traverse quand plus rien ne fait sens — quand exister devient un effort, et que le simple fait de respirer demande du courage.

          Parce que la santé mentale, ce n’est pas un sujet. C’est une multitude de réalités. Un espace intérieur que chacun apprend à traverser à sa manière, parfois à genoux, et bien souvent seul dans le noir.

          Les jours où tout pèse

          Il y a ces jours où tu te lèves désespéré, la gorge serrée,
          Il y a ces jours où tu n’as pas envie d’aller travailler,
          en fait tu n’as pas envie d’exister.
          Tu souris pour ne pas inquiéter,
          Tu réponds « ça va » car c’est automatique
          mais tu ne saurais quoi dire si on te demandait plus de détails.

          Tu fais semblant, non pas par mensonge, mais parce que la vérité pèse trop lourd. C’est déjà un fardeau sur tes propres épaules. Et puis après tout tu t’habilles tu sors tu ris même parfois, ne laissant personne deviner le chaos silencieux que tu caches en toi.

          Mais ce que tu fais c’est apprendre à vivre avec l’orage, tu en fais une présence familière. Tu apprends à tenir, à recoller les morceaux, tu t’inventes des raisons de continuer, même quand tu n’y crois plus vraiment.

          Et ça, c’est fort.

          Ce n’est pas toujours du désespoir.
          Souvent, c’est juste… du vide.
          Un vide épais, sans cri, sans larme,
          mais qui avale lentement tout ce que tu étais.

          La fatigue d’exister

          On parle de courage. Mais le vrai, c’est celui qu’on ne voit pas, celui qui ne brille pas, qui ne se raconte pas.

          C’est celui de se lever quand tout en toi te hurle d’arrêter,
          Celui de supporter la lumière du jour quand elle brûle les yeux.
          De répondre à un message,
          De manger un peu,
          Simplement ne pas disparaître.

          C’est un courage sans gloire, fait de gestes minuscules et d’efforts invisibles. Mais il compte. Il sauve. Il prouve que malgré la douleur, quelque chose en toi refuse encore de céder.

          Lampe de jardin éclairant la nuit — lumière dans l'obscurité — journée mondiale santé mentale — Maëva Paul

          Une lumière, même tremblante, dans la nuit

          Ce qu’on ne dit pas

          La santé mentale, ce n’est pas toujours « aller mieux ». Ce n’est pas une ligne droite vers la guérison. C’est souvent un aller retour constant entre la lumière et l’ombre, entre le souffle et l’asphyxie.

          C’est apprendre à habiter ce qu’on ne comprend pas. À accepter que certaines blessures ne se refermeront peut-être jamais, mais qu’elles peuvent devenir moins tranchantes avec le temps.

          C’est reconnaître que parler, parfois, ne suffit pas, mais le silence non plus n’apaise pas toujours. Alors on fait ce qu’on peut : on continue, un peu, malgré la peur, malgré le vide, malgré soi.

          Citation sur la respiration et la santé mentale — courage invisible et résistance — Maëva Paul

          La santé mentale, c’est continuer à respirer, même quand le souffle brûle

          Et malgré tout…

          Ce texte n’est pas un cri.

          C’est une reconnaissance.
          Pour celles et ceux qui avancent dans le flou,
          qui survivent dans l’ombre,
          qui ne savent plus pourquoi ils tiennent,
          mais qui tiennent quand même.

          Parce que survivre, ce n’est pas rien. C’est déjà une forme de lumière, même si elle tremble, même si elle vacille.

          Et peut-être qu’au fond, c’est ça :
          la santé mentale, c’est continuer à respirer,
          même quand le souffle brûle.
          Silence nocturne dans une rue éclairée par des lampadaires — tenir dans la tempête — Maëva Paul

          Tenir dans la tempête — et parfois, c’est suffisant

          Il n’y a pas de honte à tomber.
          Il n’y a pas de mal à se perdre.
          Parce que vivre, c’est aussi ça :
          tenir dans la tempête.
          Et parfois, c’est suffisant.

          Texte écrit par Maëva Paul — univers poétique et introspectif

        • Remember Me — Revue psychologique du film | Deuil, colère et autodestruction | Maëva Paul

          Remember Me — Revue psychologique du film | Deuil, colère et autodestruction | Maëva Paul

          Revue de film — Drame · Santé mentale

          2025 — Maëva Paul

          Remember Me

          Deuil, colère et autodestruction — analyse psychologique du film d’Allen Coulter

          Réalisateur Allen Coulter
          Année 2010
          Genre Drame · Romance
          Acteurs Robert Pattinson · Emilie de Ravin · Chris Cooper
          Durée 113 minutes
          Où regarder Canal · Canal VOD

          Synopsis

          Tyler est un jeune New-Yorkais de 22 ans en rébellion contre sa famille et la société suite à un drame familial. Après une altercation avec un policier, il décide de se venger en séduisant la fille de celui-ci. Mais Ally se révèle être une jeune fille fragile et imprévisible dont il va tomber fou amoureux. Ce qui ne devait être qu’une plaisanterie cruelle se transforme vite en une histoire qui les marquera à jamais.

          Introspection

          Il y a des films qui ne se contentent pas de raconter une histoire, mais qui réveillent des plaies que l’on croyait fermées. Remember Me est de ceux-là.

          Survivre, c’est porter un vide plus lourd que soi.

          Tyler avance dans le monde comme une cicatrice ouverte. Son frère s’est donné la mort, et lui ne sait plus comment exister. Alors il provoque, il détruit, il cogne contre tout ce qui l’entoure. La colère devient sa seule langue. Mais derrière ses éclats, il n’y a qu’un silence : celui d’un garçon qui ne sait plus comment survivre à l’absence.

          Ally, elle, vit avec une autre forme de blessure. Elle a vu sa mère mourir devant ses yeux. Et depuis, chaque instant est marqué par cette violence initiale. Alors elle sourit parfois, mais son sourire tremble.

          Nous étions deux écorchés, à croire
          que nous pouvions nous sauver.

          Quand deux êtres brisés se rencontrent, ce n’est pas une guérison. C’est un pacte tacite : partager le vide pour qu’il fasse un peu moins peur. Remember Me raconte cela. Que parfois aimer ne sauve pas. Que parfois aimer, c’est simplement tenir la main de quelqu’un d’aussi écorché que soi, le temps que la tempête passe.

          Le vide ne disparaît pas,
          il change seulement de visage.

          Le deuil et la perte

          Le deuil, ce n’est pas seulement apprendre à vivre sans quelqu’un. C’est apprendre à porter une absence qui pèse plus lourd qu’une présence. On parle souvent d' »étapes du deuil » — déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Mais ces mots laissent croire à une progression linéaire. La vérité est plus complexe.

          Le deuil est une spirale.
          On tourne autour de la douleur, parfois on s’en éloigne,
          parfois on retombe au centre.
          Tyler — La colère du survivant Il vit dans la colère et la culpabilité du suicide de son frère. Il ne parvient pas à pardonner à son père, ni à lui-même. Sa rébellion est un cri d’existence.
          Ally — La mémoire figée Elle porte la peur et la mémoire du meurtre de sa mère, un traumatisme qui a figé une partie d’elle dans l’enfance. Son sourire tremble toujours un peu.
          Illustration — Le deuil n'est pas une ligne droite c'est une spirale — analyse psychologique Remember Me — Maëva Paul

          Le deuil n’est pas une ligne droite — c’est une spirale

          La colère

          La colère est une émotion universelle, souvent perçue comme négative, mais qui a aussi une fonction protectrice : elle signale qu’une limite a été franchie, qu’un besoin n’est pas respecté. Dans Remember Me, elle se manifeste surtout comme un masque de la douleur et du vide — un mécanisme de survie.

          Les différents types de colère

          Type de colère Description Ressenti
          Colère explosive Immédiate, violente, difficile à contrôler. Cris, gestes brusques, besoin de frapper, casser.
          Colère intériorisée Réprimée, non exprimée, qui ronge de l’intérieur. Silence froid, rancune, culpabilité.
          Colère contre soi Transformée en autodévalorisation ou comportements destructeurs. « Je mérite de souffrir », honte, punition personnelle.
          Colère justifiée Réponse proportionnée à une injustice ou un abus. Prendre la parole, poser une limite, se défendre.
          Colère déplacée Projetée sur des personnes qui ne sont pas la véritable source. Disputes inutiles, agressivité contre les proches.
          Illustration des douleurs et émotions exprimées — analyse de la colère dans le film Remember Me — Maëva Paul

          Expression des douleurs et émotions — la colère comme masque

          Infographie — La fonction cachée de la colère — visage en colère avec éclats — analyse Remember Me — Maëva Paul

          La fonction cachée de la colère — survivre à l’injustice

          L’autodestruction

          L’autodestruction, ce n’est pas seulement la volonté consciente de se nuire. C’est un ensemble de comportements répétés, souvent inconscients, qui traduisent un besoin de gérer une douleur trop lourde ou de punir un vide intérieur. Dans Remember Me, Tyler vit comme si chaque jour pouvait être le dernier, en se mettant volontairement en danger, comme une manière de crier sa douleur au monde.

          Exprimer une douleur invisible Quand les mots ne suffisent pas, la souffrance est inscrite dans le corps ou dans les actes.
          Punition de soi Sentiment de culpabilité, haine de soi, conviction de « mériter la douleur ».
          Reprendre du contrôle Dans un monde imprévisible, choisir sa souffrance donne une illusion de maîtrise.
          Combler un vide Créer un choc pour ressentir quelque chose quand l’intérieur est trop vide.
          Ce n’est pas la mort que je cherchais,
          c’était un moyen de supporter la vie.
          Illustration des raisons conscientes de l'autodestruction — silhouette exprimant une douleur invisible — analyse Remember Me — Maëva Paul

          Les raisons de l’autodestruction — douleur invisible et survie

          Les sentiments liés à l’autodestruction

          Sentiment Explication
          Nécessité Sentir que « sans ça, je ne tiendrais pas ».
          Culpabilité Honte après l’acte, sentiment d’être faible ou « fou·folle ».
          Soulagement Une libération temporaire, comme si la douleur sortait enfin.
          Colère retournée Violence contre soi quand la colère contre les autres est trop risquée à exprimer.
          Vide intérieur L’impression d’être absent·e à soi-même, besoin d’un rappel d’existence.
          Illustration des émotions cachées liées à l'autodestruction — colère, culpabilité et soulagement — analyse Remember Me — Maëva Paul

          Les émotions cachées de l’autodestruction — colère, culpabilité et soulagement

          L’amour comme force et faille

          L’amour dans Remember Me n’a rien d’idéal ou de lisse. C’est un amour cabossé, né de la douleur et nourri par deux êtres brisés. Tyler et Ally se rencontrent avec des cicatrices invisibles : lui traîne le poids d’une famille fracturée, elle vit avec la mémoire d’un traumatisme. Leur relation devient refuge, mais aussi confrontation.

          Parce que l’amour, quand il vient se poser sur un sol fissuré, ne répare pas toujours. Il éclaire, il apaise parfois, mais il fait aussi ressortir les failles.

          Couple qui s'enlace avec des fissures dans un mur symbolisant l'amour fragile — analyse Remember Me — Maëva Paul

          L’amour fragile — deux êtres brisés qui s’accrochent l’un à l’autre

          L’amour comme réparation Souvent perçu comme un moyen de guérir, mais il n’efface pas les blessures profondes.
          L’amour comme miroir Il révèle les fragilités enfouies, met en lumière les zones d’ombre de chacun.
          L’amour comme ancrage La relation Tyler-Ally devient une bouée de survie, un espace de respiration face au chaos.
          L’amour comme douleur Parce qu’il nous expose, parce qu’il peut être arraché brutalement — comme dans la fin tragique du film.

          Quand la fiction rejoint la réalité

          Thème Dans Remember Me Dans la réalité
          Deuil Tyler et Ally portent le poids de la perte — suicide et meurtre. Le deuil laisse une trace durable, une fracture intérieure qui ne suit pas de ligne droite.
          Colère Tyler se bat contre son père, contre le monde. La colère masque souvent une immense douleur et une peur de l’abandon.
          Autodestruction Tyler multiplie les comportements à risque. Beaucoup se détruisent pour échapper au vide — une tentative de survivre autrement.
          Amour Lien fragile entre deux êtres brisés. L’amour peut apaiser sans guérir, offrir une respiration dans la tempête.
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        • Thirteen — Revue psychologique du film | Automutilation, adolescence et vide intérieur | Maëva Paul

          Thirteen — Revue psychologique du film | Automutilation, adolescence et vide intérieur | Maëva Paul

          Revue de film — Drame · Santé mentale · Adolescence

          2025 — Maëva Paul

          Thirteen

          Automutilation, vide intérieur et pression des pairs — analyse psychologique du film de Catherine Hardwicke

          Réalisatrice Catherine Hardwicke
          Année 2003
          Genre Drame
          Acteurs Evan Rachel Wood · Holly Hunter · Nikki Reed
          Durée 100 minutes
          Où regarder Disney+ · YouTube · Apple TV

          Synopsis

          Tracy a treize ans. À cet âge où l’on cherche désespérément à appartenir, à être vue, aimée, reconnue. Elle était une élève brillante, une adolescente discrète, presque transparente. Mais une rencontre va fissurer ce fragile équilibre.

          Evie, magnétique, libre et sulfureuse, incarne tout ce que Tracy n’est pas. Elle ouvre une porte — ou plutôt une faille — vers un monde où les excès deviennent des preuves d’existence : voler, consommer, se blesser, tester les limites de son propre corps.

          Thirteen est moins l’histoire d’une adolescence que celle d’une chute — brutale, précipitée — où chaque choix résonne comme un cri étouffé. C’est le portrait cru d’une jeunesse fragile, broyée par le besoin d’appartenir, et d’une mère qui, malgré tout, tend la main dans l’obscurité.

          Introspection

          À treize ans, Tracy a appris qu’on pouvait se brûler pour sentir quelque chose. J’ai avalé des soirs entiers pour anesthésier la douleur, j’ai fait de mon corps un champ de bataille, j’ai affronté ma mère comme si elle était le visage du monde entier.

          Il y avait cette colère sourde, permanente, comme un moteur clandestin qui ne s’arrêtait jamais. Contre ma mère surtout — non pas par haine, mais parce que je voulais un miroir, un repère, et chaque fois que je la regardais, je voyais mes blessures, mes peurs, mes insécurités.

          Je croyais qu’en me détruisant,
          j’allais combler le vide,
          ou faire taire le hurlement intérieur.

          Je n’étais pas Tracy, mais j’aurais pu l’être. Thirteen n’est pas un film pour moi — c’est un miroir fissuré dans lequel je me retrouve encore. Ce besoin d’aller trop loin, trop vite, pour oublier que j’étais jeune et que j’étais déjà en train de me perdre.

          Quand je regarde Thirteen, je ne vois pas seulement Tracy.
          Je vois des éclats de moi à treize ans, seize ans, vingt ans.
          Je revois la chambre fermée à clé, les nuits brouillées,
          les marques sur ma peau comme des messages que personne ne savait lire.

          Mais en même temps, je vois quelque chose d’autre. Je vois une mère qui tend la main, même maladroitement. Je vois une adolescente qui, malgré tout, veut encore être aimée, reconnue, sauvée. Moi, j’écris ces lignes parce que j’ai survécu à mes propres spirales.

          Automutilation : comprendre ce geste silencieux

          Dans le film, Tracy se coupe pour évacuer une souffrance trop lourde. L’automutilation est une façon de reprendre le contrôle, de transformer une douleur invisible en une cicatrice concrète. Ce n’est pas un simple « appel à l’attention » : c’est un moyen, souvent secret, d’exprimer une souffrance qui ne trouve pas d’autres mots.

          Données Les études montrent qu’environ 15 à 20 % des adolescents ont fait l’expérience de l’automutilation à un moment donné. C’est souvent une pratique cachée, honteuse, mais très réelle.

          Pourquoi certaines personnes se mutilent-elles ?

          Reprendre le contrôle Quand l’émotion devient trop forte, la douleur physique donne l’impression de redevenir maître de soi.
          Transformer l’invisible en tangible Rendre visible ce qui est trop abstrait ou trop lourd à porter. La cicatrice existe — donc la douleur existe.
          Chercher un soulagement immédiat La blessure entraîne parfois une sensation de relâchement, un apaisement temporaire dû à des réactions neurobiologiques.
          Exprimer ou punir Punir son corps pour des pensées de honte, de culpabilité, d’échec. Exprimer un mal-être sans mots.

          Les sentiments liés à l’automutilation

          Sentiment Description Ressenti
          Nécessité / Urgence L’automutilation est perçue comme un moyen immédiat de soulager une douleur psychique intense. « Si je ne le fais pas maintenant, je vais exploser. »
          Contrôle Permet de reprendre une forme de pouvoir sur soi quand tout semble échapper. « C’est la seule chose que je maîtrise encore. »
          Soulagement temporaire Une libération qui apaise quelques minutes, mais qui ne règle rien en profondeur. « Ça me calme… pour un instant. »
          Culpabilité / Honte Un sentiment envahissant après l’acte, renforçant le cycle de douleur et de silence. « Pourquoi je fais ça ? Je suis faible. »
          Isolement Conviction que personne ne peut comprendre, d’où le secret et la solitude renforcés. « Je ne peux pas en parler, ils me jugeraient. »
          Appel muet Même cachée, elle traduit souvent un désir profond d’être entendu et compris. « J’aimerais qu’on voie que je ne vais pas bien. »
          Infographie — Le cycle de l'automutilation — analyse psychologique du film Thirteen — Maëva Paul

          Le cycle de l’automutilation — douleur, soulagement, honte et isolement

          Illustration de l'automutilation et ses effets émotionnels dans le film Thirteen — soulignant la douleur intérieure — Maëva Paul

          Tracy se mutile pour apaiser sa douleur — Thirteen

          À la recherche de soi : l’influence des pairs

          À 13 ans, Tracy cherche à appartenir. Evie devient son modèle, son miroir déformant. L’adolescence est une période où l’identité se construit beaucoup par le regard des autres. La pression sociale peut pousser à adopter des comportements dangereux pour être accepté.

          On se cherche dans le regard des autres,
          mais qui sommes-nous vraiment ?
          Adolescent devant un miroir fragmenté en plusieurs visages — identité fragmentée — analyse Thirteen — Maëva Paul

          Le miroir fragmenté — identité et pression des pairs

          Identifier les signes d’influence nocive

          Changement brutal de personnalité Rupture soudaine avec les habitudes, les valeurs et les amis habituels.
          Isolement progressif L’adolescent s’éloigne de son entourage de confiance pour rejoindre un nouveau groupe.
          Comportements dangereux pour appartenir Acceptation d’actes risqués pour « faire partie du groupe » — alcool, drogue, vol, automutilation.
          Anxiété et culpabilité après certaines expériences Malaise ressenti après les actes, mais impossibilité de s’arrêter par peur du rejet.
          Groupe d'adolescents avec comportements à risque — pression des pairs — analyse Thirteen — Maëva Paul

          La pression du groupe — cigarettes, alcool et comportements à risque

          Pictogrammes illustrant les signes d'influence nocive — changement de comportement, isolement, anxiété — Thirteen — Maëva Paul

          Les signes d’une influence nocive chez les adolescents

          Chemin lumineux avec silhouettes aidant un adolescent — prévention et accompagnement — Thirteen — Maëva Paul

          Prévenir et accompagner — créer des espaces d’échange sans jugement

          Rapport au corps et sexualisation précoce

          Le film montre la manière dont Tracy utilise son corps pour exister, séduire, choquer. La sexualisation précoce désigne le fait qu’un adolescent est exposé ou incité à adopter des comportements sexuels avant d’être prêt émotionnellement et physiquement.

          Image corporelle distordue Obsession du paraître, rapport douloureux au corps — outil de reconnaissance sociale plutôt qu’espace habité.
          Honte et culpabilité Confusion entre affection, sexualité et estime de soi. Le corps devient source de conflit intérieur.
          Double pression Vouloir plaire aux amis et se conformer à des standards imposés trop tôt. Le corps comme outil de survie sociale.
          Silhouette d'adolescente avec fragments colorés représentant regards et jugements — rapport au corps — Thirteen — Maëva Paul

          Regards, jugements et pressions — le corps comme miroir social

          Silhouette sombre enchaînée représentant culpabilité, honte et anxiété liées au corps — Thirteen — Maëva Paul

          Culpabilité, honte et anxiété — quand le corps devient une prison

          La relation mère-fille

          Dans Thirteen, la relation entre Tracy et sa mère Melanie est centrale. Elle se joue dans une tension permanente : l’amour évident mais maladroit d’une mère qui tente de sauver sa fille, et la colère, la fuite, l’opposition d’une adolescente qui cherche à exister par elle-même.

          L’envie de se détacher Exister par soi-même, échapper au regard maternel ressenti comme une surveillance.
          La confrontation comme langage La colère comme seule façon de dire « je souffre, vois-moi ». Les portes qui claquent, les insultes qui fusent.
          La quête d’amour derrière le rejet Chaque blessure auto-infligée est aussi une manière de tester l’amour maternel — jusqu’où ira-t-elle pour moi ?

          Dans la scène finale, quand Tracy touche le fond, c’est sa mère qui est là. Pas parfaite, pas toute-puissante, mais présente. À genoux, à côté d’elle. Et c’est peut-être le seul moment du film où Tracy peut lâcher prise et se laisser aller à ce qu’elle retient depuis le début : la douleur, le vide, le besoin d’être tenue.

          Silhouettes de deux femmes reliées par un fil rouge symbolisant la relation mère-fille dans Thirteen — amour et douleur — Maëva Paul

          Le fil rouge — mère et fille reliées malgré tout

          Colère et vide intérieur

          La colère comme mécanisme de défense Quand une personne se sent rejetée ou impuissante, la colère surgit comme un bouclier. Elle exprime une douleur profonde qu’on ne sait pas mettre en mots — une façon de dire « je souffre », même si elle prend la forme d’un cri.
          Le vide intérieur Ce creux permanent que rien ne suffit à remplir. Il naît d’un manque affectif, d’un sentiment de non-appartenance. Il entraîne une recherche constante de sensations fortes — mais il est insatiable.
          Quand colère et vide se rencontrent La colère vient couvrir le vide — mieux vaut exploser que ressentir l’absence. Après l’explosion, il ne reste qu’épuisement et culpabilité. Ce cycle peut devenir une prison émotionnelle.
          Illustration de la souffrance psychologique et du vide intérieur — colère et exploration littéraire — Thirteen — Maëva Paul

          Vide intérieur et colère — deux faces d’une même douleur

          Quand la fiction rejoint la réalité

          Il y a des films qui dérangent parce qu’ils ne se contentent pas de raconter une histoire : ils tendent un miroir. Thirteen fait partie de ceux-là. Ce que raconte ce film, ce n’est pas seulement la trajectoire d’une adolescente en perdition — c’est la mécanique implacable de souffrances réelles, vécues chaque jour par des milliers de jeunes.

          L’automutilation Pas qu’une mise en scène dramatique — une stratégie que beaucoup connaissent pour apaiser un chaos intérieur trop lourd. Dans le film comme dans la vie : suivie de culpabilité, mais aussi d’un soulagement fugace, presque vital.
          La colère Omniprésente, elle dit tout ce qu’on ne parvient pas à formuler autrement — la frustration, l’injustice, l’impression d’être enfermée dans une cage invisible.
          Le vide intérieur Cette faille béante qui pousse à chercher l’oubli dans les excès. Ce vide qui ne se comble jamais vraiment, mais qu’on tente d’anesthésier pour survivre au jour suivant.
          La relation mère-fille Tissée d’amour et de haine, de guerre et de dépendance. Dans Thirteen, malgré tout, c’est la mère qui reste. Ce lien indestructible, fait de présence plus que de compréhension.
          Derrière Tracy, il y a toujours quelqu’un.
          Quelqu’un qui existe vraiment.
          Quelqu’un qu’on connaît, ou qu’on a été.
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        • The Whale — Dépression et TCA : analyse psychologique du film | Maëva Paul

          The Whale — Dépression et TCA : analyse psychologique du film | Maëva Paul

          Revue de film — Dépression & TCA

          Septembre 2025 — Maëva Paul

          The Whale

          Dépression, hyperphagie et rédemption — analyse psychologique du film de Darren Aronofsky

          Réalisateur Darren Aronofsky
          Année 2022
          Genre Drame psychologique
          Durée 117 minutes
          Acteurs Brendan Fraser, Sadie Sink, Hong Chau
          Où regarder Prime Video, HBO Max, Canal+, Filmo

          Un film qui ne laisse pas indemne

          The Whale est un film qui m’a happée, non pas seulement pour son scénario ou son esthétique, mais parce qu’il a réveillé quelque chose en moi. Charlie, ce professeur enfermé dans son appartement, est à la fois un personnage de fiction et un miroir déformant de ce que peuvent être la dépression et les troubles alimentaires.

          Rails de train la nuit, lumières lointaines dans le brouillard — illustration de l'isolement et de la solitude dans le film The Whale
          Il y a dans The Whale un silence qui pèse plus lourd que le corps de Charlie.
          Un silence qui colle aux murs, qui étouffe chaque respiration,
          et qui finit par se confondre avec le vide intérieur.

          Regarder ce film, c’est accepter de se laisser enfermer dans cette chambre, dans ce canapé, dans ce corps qui ne bouge plus. C’est se heurter à la lenteur poisseuse de la dépression, à cette manière qu’elle a de tout engloutir sans éclats, sans drame spectaculaire — juste une fatigue immense qui broie la volonté et les élans de vie.

          Et puis il y a la nourriture. Manger pour combler une absence. Manger pour ne plus sentir. Manger pour ne pas penser. L’hyperphagie n’est pas un excès, c’est une survie — une manière maladroite d’anesthésier une douleur qui n’a pas de mots.

          Peut-être que c’est là que le film touche le plus juste :
          dans cette tension entre destruction et désir de rédemption.
          Dans cette douleur qui consume, mais qui prouve qu’on est encore vivant.

          La dépression dans The Whale

          Le personnage de Charlie illustre avec justesse les manifestations d’une dépression profonde : retrait social, perte d’intérêt pour la vie extérieure, repli sur soi, sentiment de culpabilité et désespoir permanent. Son refus de se faire soigner, ses idées noires tout au long du film résonnent avec la réalité vécue par de nombreuses personnes.

          Qu’est-ce que la dépression ?

          La dépression n’est pas une simple tristesse passagère. C’est une maladie psychique reconnue médicalement, qui affecte autant le corps que l’esprit, et dont les symptômes persistent au moins deux semaines.

          Infographie : La chute des compulsions alimentaires — cycle malaise intérieur, crise alimentaire, soulagement, honte, dévalorisation — créé par Maëva Paul
          Humeur et émotions Humeur triste ou vide presque chaque jour, perte d’intérêt pour les activités autrefois appréciées, culpabilité et dévalorisation constantes.
          Corps et énergie Fatigue écrasante, sensation de lourdeur, troubles du sommeil, changements d’appétit, ralentissement dans les gestes.
          Pensées Difficultés de concentration, pensées négatives persistantes, idées suicidaires — parfois présentes, parfois silencieuses.
          La dépression n’est pas une faiblesse.
          C’est une tempête silencieuse qui engloutit chaque geste, chaque pensée.
          Elle ne se voit pas toujours, mais elle ronge toujours.

          Charlie face aux symptômes

          Symptôme Chez Charlie Dans la réalité
          Isolement social Vit enfermé, enseigne en ligne sans caméra, n’accueille presque personne. La dépression pousse à éviter les autres par honte, fatigue ou incapacité à « faire semblant ».
          Fatigue Chaque déplacement est pénible, chaque geste semble lourd et épuisant. Fatigue persistante, sensation de « plomb dans le corps » — signe majeur de la dépression.
          Perte d’intérêt A abandonné ses passions, son couple, sa vie sociale. La dépression efface l’élan vital — les choses autrefois aimées ne procurent plus aucun plaisir.
          Culpabilité Se reproche la rupture avec sa fille, la mort de son compagnon, son état actuel. Culpabilité disproportionnée, même pour des choses hors de tout contrôle.
          Troubles alimentaires Hyperphagie compulsive, crises alimentaires destructrices. Dépression et TCA sont fréquemment liés — manger devient un exutoire.
          Désespoir Sait que sa santé se dégrade et n’essaie pas de se sauver. Les idées suicidaires peuvent être ouvertes ou silencieuses, mais accompagnent souvent la dépression sévère.

          Idées reçues vs réalités

          Idée reçue Réalité
          La dépression, c’est être triste. C’est une maladie qui touche l’humeur, le corps, le sommeil, l’appétit, la concentration.
          Si tu veux, tu peux t’en sortir. La volonté seule ne suffit pas — la dépression nécessite souvent un suivi médical et psychologique.
          Il/elle est paresseux·se. Le ralentissement est un symptôme — sortir du lit ou se laver peut demander une énergie immense.
          Ça passera avec le temps. Sans accompagnement, la dépression peut durer des années et s’aggraver.

          L’hyperphagie dans The Whale

          L’hyperphagie de Charlie symbolise une souffrance émotionnelle transformée en compulsion alimentaire. Loin d’être une simple gourmandise, ce trouble relève d’une lutte invisible — manger devient un exutoire face à l’angoisse, au stress et au vide intérieur.

          Infographie en spirale : le cercle vicieux de l'hyperphagie — malaise intérieur, crise alimentaire, soulagement, honte, dévalorisation — créé par Maëva Paul

          Les différents TCA

          Infographie en spirale : le cercle vicieux de l'hyperphagie — malaise intérieur, crise alimentaire, soulagement, honte, dévalorisation — créé par Maëva Paul
          Trouble Caractéristiques Conséquences
          Anorexie Restriction sévère, peur intense de grossir, distorsion de l’image corporelle. Amaigrissement, dénutrition, isolement social.
          Boulimie Crises alimentaires suivies de compensations — vomissements, sport excessif. Fluctuations de poids, problèmes digestifs, honte et cycle culpabilité.
          Hyperphagie Crises alimentaires sans comportements compensatoires, perte de contrôle. Prise de poids, isolement, dépression associée.

          Le cercle vicieux de l’hyperphagie

          01

          Malaise émotionnel — anxiété, tristesse, solitude

          02

          Crise alimentaire — manger rapidement et en grande quantité

          03

          Soulagement immédiat — apaisement temporaire

          04

          Honte et culpabilité — sentiment de perte de contrôle

          05

          Dévalorisation de soi — retour au malaise émotionnel

          La boucle recommence

          Schéma de la boucle boulimique : cycle culpabilité, crise alimentaire, comportement compensatoire — créé par Maëva Paul pour l'analyse du film The Whale

          Les TCA ne sont pas une question de volonté

          Derrière chaque trouble, il y a une douleur, une histoire, une survie. The Whale en montre une facette — mais la réalité est multiple, et profondément humaine.

          📞 Numéro national TCA : 09 69 39 29 19

          Quand la fiction rejoint la réalité

          The Whale est un film dur, parfois dérangeant, mais nécessaire. Il force à regarder ce que l’on préfère souvent ignorer : la souffrance psychique, l’isolement, les compulsions. En même temps, il ouvre une brèche d’humanité — celle d’un homme qui, malgré tout, cherche encore à aimer et à être aimé.

          Pour moi, ce film a résonné comme une confession silencieuse.
          Comme si, à travers Charlie, il me rappelait que derrière chaque excès,
          chaque silence, chaque abandon,
          il y a une douleur qui mérite d’être entendue.
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        • Comment vous sentez-vous vraiment ? — Atelier d’écriture | Maëva Paul

          Comment vous sentez-vous vraiment ? — Atelier d’écriture | Maëva Paul

          Atelier d’écriture — Introspection

          Juillet 2024 — Maëva Paul

          Comment vous sentez-vous vraiment ?

          Au-delà du « ça va » automatique — écrire la vraie réponse

          Une question qui paraît simple de premier abord, mais qui s’avère bien plus compliquée pour beaucoup d’entre nous.

          Pour beaucoup, nous répondons sans réfléchir que nous allons bien — que ce soit le cas ou non. Car cette question est entrée dans une sorte de formule de politesse qui va avec un simple bonjour. Mais comment se sent chacun d’entre nous n’est pas aussi simple à exprimer.

          « Ça va » est devenu un réflexe.
          Mais derrière ce réflexe, il y a souvent quelque chose
          qu’on n’a pas encore eu l’espace pour nommer.

          Alors je vous pose la question aujourd’hui — comment allez-vous vraiment ? N’ayez pas peur de répondre honnêtement.

          Ce qui rend la question difficile

          La peur du jugement Dire qu’on ne va pas bien, c’est s’exposer. Et on a appris très tôt que certaines émotions dérangent.
          L’habitude du masque On a tellement répondu « ça va » qu’on ne sait plus toujours ce qu’on ressent vraiment derrière.
          L’absence de mots Parfois ce qu’on ressent est trop vague, trop flou, trop grand pour tenir dans une phrase.
          La culpabilité Ne pas aller bien quand « on devrait » aller bien. Comparer sa douleur à celle des autres.

          De mon livre — il y a 6 ans

          Pour vous inviter à répondre honnêtement, voici un extrait en avant-première de mon livre — où il y a 6 ans, j’essayais moi-même de répondre à cette questionExtrait du livre Les Pensées Derrière la Chute de Maëva Paul — réponse manuscrite à la question comment je vais, écrite en 2020

          Extrait de « Les Pensées Derrière la Chute » — Le Lys Bleu Éditions

          Et vous, comment allez-vous vraiment ?

          Prenez le temps de répondre honnêtement à cette question.

          Un mot, une phrase, un paragraphe — tout est valide.
          Partage-le si tu le souhaites — anonymat possible, publication avec ton accord.





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          • L’anxiété — Comprendre et écrire ce qu’on ressent | Maëva Paul

            L’anxiété — Comprendre et écrire ce qu’on ressent | Maëva Paul

            Atelier d’écriture — Santé mentale

            Juillet 2024 — Maëva Paul

            L’anxiété

            Où se loge-t-elle dans votre corps ? Comment la nommer ?

            L’anxiété ne vit pas seulement dans la tête. Elle s’installe dans le corps — dans la gorge qui se serre, l’estomac qui se noue, la respiration qui s’oublie. Cet atelier est une invitation à explorer votre anxiété de l’intérieur, à lui donner une forme, une texture, une voix.

            Nommer ce qu’on ressent dans le corps,
            c’est déjà commencer à le traverser autrement.

            Répondez à chacune des 7 questions en 3 phrases. Vous obtiendrez ainsi 21 phrases liées à votre anxiété. Séparez-les en 3 morceaux en mélangeant les réponses — et écrivez 3 poèmes avec ces 21 phrases.

            7 questions sur votre corps

            01

            Dans quelle partie de votre corps votre anxiété se manifeste-t-elle en premier ?

            02

            Dans quelle(s) autre(s) zone(s) de votre corps votre anxiété se manifeste-t-elle aussi ?

            03

            Comment ressentez-vous votre gorge ?

            04

            Cela vous arrive-t-il de retenir votre respiration inutilement sans vous en rendre compte ? Quand ?

            05

            Dans quelle partie de votre corps ressentez-vous la fatigue après un épisode anxieux ?

            06

            Qu’est-ce que vous dit votre estomac ?

            07

            Qu’est-ce qui soulage votre corps quand vous ressentez de l’anxiété ?

            L’anxiété en mots

            Voici mes propres réponses transformées en 3 poèmes — pour vous montrer ce que cet exercice peut donner.

            Premier poème sur l'anxiété écrit par Maëva Paul — exercice d'écriture thérapeutique sur les sensations corporelles Deuxième poème sur l'anxiété écrit par Maëva Paul — exercice d'écriture thérapeutique sur les sensations corporelles Troisième poème sur l'anxiété écrit par Maëva Paul — exercice d'écriture thérapeutique sur les sensations corporelles

            Partagez vos poèmes

            Répondez aux 7 questions en 3 phrases chacune.
            Mélangez, découpez, assemblez — et écrivez vos 3 poèmes.

            Partagez-les ici si vous le souhaitez — anonymat possible, publication avec votre accord.





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            • Avez-vous des addictions ? — Atelier d’écriture | Maëva Paul

              Avez-vous des addictions ? — Atelier d’écriture | Maëva Paul

              Atelier d’écriture — Santé mentale

              Juillet 2024 — Maëva Paul

              Avez-vous des addictions ?

              Explorer sans jugement ce à quoi on s’accroche pour tenir

              Aujourd’hui, il existe beaucoup d’addictions différentes : celles aux drogues douces, dures, légales ou illégales, aux jeux vidéos, au sexe, et tout un tas d’autres. Pensez-vous avoir été gagné par l’une d’entre elles ?

              N’ayez pas peur de dire la vérité sur la véritable identité de vos addictions. Si vous les cachez, ne serait-ce qu’à vous-même, profitez de ce lieu pour vous les avouer. Personne ne vous blâmera ici — vous êtes un humain.

              Une addiction n’est jamais juste une mauvaise habitude.
              C’est souvent une réponse à quelque chose
              qu’on n’a pas encore trouvé d’autre façon de traverser.

              La véritable identité de mes addictions

              Maëva Paul — témoignage

              Les addictions font partie intégrante de ma vie. Peu importe dans quoi je me lance, je m’y lance si fort que ça en devient très rapidement addictif. Parfois cela est bon pour ma santé, mais parfois ça peut être très mauvais.

              Quand j’étais plus jeune je m’étais lancée à fond dans le sport — je comptais les heures, j’en faisais toujours plus. Je travaillais à la piscine de ma ville alors j’en profitais pour m’entraîner, puis je repartais pour l’escalade, plus d’une heure de vélo pour y aller et je grimpais au moins deux heures avant de repartir. Tout était réfléchi pour faire le plus de sport possible.

              Peu à peu, j’ai commencé à remplacer cette addiction saine par des plus mauvaises pour moi. Mais le truc avec moi, c’est que chaque addiction semble m’appeler. Je sais que si la proposition venait, je n’aurais su dire autre chose que « oui ». Mes addictions restent limitées par mon budget — et je réfléchis en permanence à comment les remplacer par des activités plus saines.

              Des drogues, j’en ai testé pas mal — par curiosité, comme souvent chez moi.
              Et j’affirme toujours autant les avoir aimées.
              Je ne sais pas si je dois m’en excuser,
              ou juste accepter que ça fait partie de ce que je suis.

              Collaboration — La Diction Libre

              J’ai également parlé de mes addictions en collaboration avec le compte Instagram @ladictionlibre — retrouvez cette conversation ici :

              Voir la publication sur Instagram →

              Exprimez-vous sur le sujet

              Avez-vous des addictions ? Lesquelles ?

              Sans jugement, sans censure. Ce lieu est fait pour ça.
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