Étiquette : écriture

  • Identité : qu’est-ce qui nous définit ? | Revue de Vanessa Springora

    ALT — Identité : qu’est-ce qui nous définit ? Revue de Vanessa Springora | Maëva Paul

    Santé mentale — Revue de livre

    Mars 2026 — Maëva Paul

    ALT — Identité

    Qu’est-ce qui nous définit ? — Revue sensible du livre de Vanessa Springora

    Auteur Vanessa Springora
    Éditeur Éditions Alt
    Type Essai accessible
    Pages ~30 pages
    Thématiques Identité, genre, orientation, santé mentale
    Niveau Accessible, sans jargon

    De quoi parle ce livre ?

    Il y a des livres qu’on ouvre par curiosité et qu’on referme différent(e). Identité en fait partie.

    Vanessa Springora réunit dans ce petit livre de la collection ALT des voix plurielles — Armand, Benjamin, Anouck, Barnaby, Alexandre — chacun(e) portant une réponse fragmentée à la même question vertigineuse : qu’est-ce qui nous définit vraiment ? Et plus je lisais, plus je me retrouvais dans chacun(e) d’eux(elles), inconfortablement, honnêtement.

    Des personnages qui me ressemblent trop

    Armand est bipolaire. Moi aussi. Et comme lui, j’ai longtemps traité ça comme un secret honteux, quelque chose à cacher entre deux sourires. Ce livre m’a soufflé une idée simple et radicale : et si la bipolarité figurait sur un papier d’identité, au même titre que la couleur des yeux ou la date de naissance ? Après tout, ce n’est pas une métaphore, c’est une vérité. La bipolarité me définit, qu’elle me plaise ou non. Tout comme le TDAH. Tout comme la personnalité borderline. Ce sont des faits, pas des défauts.

    Benjamin transforme les banalités en poèmes. Je fais ça aussi, presque malgré moi (un trajet de métro devient un fragment, une conversation banale finit en vers, etc…). C’est une façon d’exister que je n’avais jamais nommée comme telle avant de le lire.

    Anouck appartient à la génération Z et refuse d’être figé(e) dans une case. Son identité de genre flotte, résiste aux définitions imposées. La mienne aussi. Ni tout à fait fille, ni tout à fait garçon : rien ne me convient à cent pour cent, et pendant longtemps j’ai cru que c’était un problème à résoudre. Ce livre suggère que c’est peut-être simplement qui je suis.

    Barnaby est alcoolique et il l’assume. Moi aussi, et cette phrase (la lire écrite noir sur blanc dans un livre) m’a fait quelque chose. Pas de honte performée, pas de rédemption obligatoire. Juste une vérité posée là, comme une pièce d’identité supplémentaire.

    Alexandre, lui, se dit amoureux de la vie. Mais Springora laisse voir sous sa déclaration quelque chose de plus trouble : l’anxiété, le vertige, la névrose de quelqu’un qui proclame l’amour de la vie parce qu’il en a trop peur pour la laisser passer. Je me suis reconnue dans ce mensonge, là aussi.

    Et moi dans tout ça ?

    Je suis bipolaire, TDAH, borderline. Je suis quelque part entre fille et garçon, sans que ni l’un ni l’autre ne me colle parfaitement. Mon orientation sexuelle ne se laisse pas résumer, avec une préférence probable pour les femmes, les hommes m’ayant trop souvent laissé(e) avec un sentiment de répulsion que je n’arrive pas à expliquer autrement. Je transforme les banalités en poèmes. Je bois et je ne m’en cache pas. Je suis anxieux(se), névrosé(e), et quelque part amoureux(se) de la vie même quand elle me dégoûte.
    Carte d'identité fictive — édition vérité — genre, orientation, diagnostics, addiction — ALT Identité de Vanessa Springora — Maëva Paul

    Carte d’identité — édition vérité · Ce qu’on ne trouve jamais sur les vrais papiers

    Je ne sais toujours pas qui je suis.
    Mais après ce livre, j’ai moins envie de le savoir,
    et plus envie d’être.

    Qu’est-ce que l’identité ? Ce que les théories nous disent

    La question que pose Springora n’est pas nouvelle. Des philosophes, psychologues et sociologues y ont consacré leur carrière mais aucun n’a tranché. Ce qui est frappant, c’est que le livre semble avoir lu tout le monde sans en citer personne : chaque personnage incarne une théorie sans le savoir.

    Erik Erikson — l’identité comme crise nécessaire

    Pour Erikson, l’identité ne se trouve pas : elle émerge d’une série de crises traversées tout au long de la vie. La plus décisive survient à l’adolescence, ce moment où l’on cherche à répondre à « qui suis-je ? » face aux attentes du monde. Mais Erikson insiste : ne pas résoudre cette crise n’est pas un échec. C’est parfois simplement le signe qu’on refuse les réponses trop simples.

    Anouck, dans le livre, est l’incarnation parfaite de ce que Erikson appelle la diffusion d’identité — non pas comme pathologie, mais comme refus lucide de se figer.

    William James — le moi social contre le moi intime

    James distinguait deux dimensions du moi : le moi social, celui qu’on présente au monde, et le moi intime, celui qu’on tait. Tous les personnages de Springora vivent dans cet écart. Armand qui sourit alors qu’il est bipolaire. Alexandre qui proclame l’amour de la vie alors qu’il en a peur. Barnaby qui assume son addiction là où d’autres la cacheraient.

    Le livre suggère que réduire cet écart et laisser le moi intime déborder dans le moi social est peut-être la seule forme d’identité qui tienne vraiment.

    Paul Ricœur — l’identité narrative

    Ricœur propose une idée puissante : on ne sait pas qui on est de façon abstraite. On le sait en racontant sa propre histoire. L’identité n’est pas un état : c’est un récit qu’on construit, qu’on réécrit, qu’on ne finit jamais.

    C’est exactement ce que fait Springora avec ses personnages et ce que fait ce blog avec ses textes. Écrire n’est pas un accessoire de l’identité. C’est la façon dont elle prend forme.

    Ce que le livre ajoute

    Là où les théories classiques cherchent une cohérence et une unité du moi à travers le temps, Identité propose autre chose : la fragmentation comme réalité, pas comme dysfonction. Armand, Benjamin, Anouck, Barnaby, Alexandre ne sont pas des identités résolues. Ce sont des êtres en cours, des humains qui changent sans cesse.

    Et peut-être que c’est ça, une identité honnête.
    Carte conceptuelle des théories de l'identité — Erikson, James, Ricœur — en lien avec le livre ALT Identité de Vanessa Springora — Maëva Paul

    Erikson · James · Ricœur — trois approches de l’identité en miroir avec les personnages du livre

    Identité de genre et fluidité — ce que le livre révèle

    Pendant longtemps, le genre a été pensé comme une évidence biologique : on naît fille ou garçon, et on le reste. Cette vision binaire et figée a été profondément remise en question depuis les années 90, et Anouck, dans le livre de Springora, en est l’écho contemporain le plus direct.

    Judith Butler — le genre comme performance

    Butler est la première à formuler clairement ce que beaucoup ressentaient sans pouvoir le nommer : le genre n’est pas quelque chose qu’on est, c’est quelque chose qu’on fait. Une série d’actes répétés, de codes appris, de rôles joués, jusqu’à ce qu’ils paraissent naturels.

    Ce qui est révolutionnaire dans cette idée, c’est qu’elle ouvre une sortie : si le genre est une performance, alors il peut être rejoué autrement. Pas forcément radicalement, pas forcément publiquement, mais intérieurement, on peut refuser le script.

    La non-binarité — nommer ce qui existait déjà

    La génération Z n’a pas inventé la fluidité de genre. Elle a inventé les mots pour la dire. Non-binaire, agenre, genderfluid, demi-genre : ce vocabulaire ne crée pas de nouvelles réalités, il en nomme d’anciennes qui n’avaient pas de place dans le langage.

    Anouck dans le livre ne cherche pas à choisir entre fille et garçon. Elle cherche à exister dans l’espace entre les deux, ou en dehors des deux. Ce n’est pas une indécision. C’est une position.

    Identité de genre et santé mentale

    Les études montrent que les personnes non-binaires ou trans présentent des taux d’anxiété et de dépression significativement plus élevés, non pas à cause de leur identité, mais à cause du rejet, de l’incompréhension et de l’invisibilité sociale qu’elles subissent. La souffrance n’est pas intrinsèque à la fluidité. Elle est le produit d’un monde qui n’a pas encore appris à faire de la place.

    Reconnaître son identité de genre, même floue, même mouvante, est un acte de santé mentale, pas de confusion.

    Ce que ça dit de moi

    Ni tout à fait fille, ni tout à fait garçon. Longtemps j’ai cru que c’était un problème à résoudre, une case à trouver. Ce livre — et Butler avant lui — me dit que l’absence de case n’est pas un vide.

    C’est peut-être la forme la plus honnête d’exister.
    Schéma visuel identité de genre et fluidité — role fille/garçon - l'espace entre les deux — en lien avec le livre ALT Identité de Vanessa Springora — Maëva Paul

    Visuel identité de genre et fluidité – par Mae(va) PAUL

    Identité et maladie mentale — quand le diagnostic devient une partie de soi

    Il y a une question que la psychiatrie a longtemps esquivée : est-ce que la maladie mentale fait partie de l’identité, ou est-ce qu’elle la masque ? Pendant des décennies, la réponse implicite était la deuxième option — la maladie comme parasite, quelque chose d’étranger à « soi ». Armand, dans le livre, incarne le renversement de cette idée.

    Le DSM et la tentation de l’étiquette

    Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux classe, catégorise, nomme. C’est utile d’avoir un mot pour ce qu’on vit, c’est déjà ne plus être seul(e) avec. Mais le diagnostic peut aussi devenir une prison : on finit par se réduire à lui, ou par le rejeter entièrement pour ne pas s’y enfermer.

    Armand est bipolaire. Barnaby est alcoolique. Ce que Springora fait avec ces personnages, c’est refuser les deux extrêmes : ni honte, ni réduction. Le diagnostic est une réalité, pas une définition.

    Le trouble borderline et l’instabilité de l’image de soi

    Le trouble de la personnalité borderline a ceci de particulier qu’il touche directement à l’identité : l’instabilité de l’image de soi en est un critère diagnostique central. On ne sait pas toujours qui on est d’un jour à l’autre. Les valeurs, les désirs, la perception de soi fluctuent.

    Ce n’est pas une faiblesse de caractère. C’est une façon d’être au monde qui demande une énergie considérable, et une honnêteté rare avec soi-même.

    La bipolarité — vivre entre deux états

    La bipolarité ne se réduit pas aux épisodes. Entre les phases, il y a une vie entière à naviguer avec la conscience que tout peut basculer. Ce que ça produit, souvent, c’est une forme de dissociation entre le moi qui va bien et le moi qui s’effondre, comme si ce n’était pas la même personne.

    Erikson dirait que c’est une crise d’identité permanente.
    Ricœur dirait que c’est un récit avec plusieurs narrateurs.
    Aucun des deux n’aurait tort.

    Le TDAH — une identité qui déborde

    Le TDAH est souvent vécu comme un défaut d’attention. C’est aussi une façon d’être hyperpresent à certaines choses et absent à d’autres — une sélectivité involontaire qui façonne profondément la manière dont on perçoit le monde, dont on crée, dont on aime.

    Benjamin, dans le livre, transforme les banalités en poèmes. C’est peut-être ça, le TDAH retourné : une attention si intense qu’elle déborde partout où elle se pose.

    Assumer sans se réduire

    Ce que le livre propose et ce que la psychologie contemporaine commence à reconnaître, c’est une troisième voie entre la honte et la sur-identification. La maladie fait partie de soi. Elle n’est pas tout soi.

    Dossier fictif — bipolarité, borderline, TDAH, addiction comme composantes de l'identité — ALT Identité de Vanessa Springora — Maëva Paul

    Bipolarité · Borderline · TDAH · Addiction — quatre réalités, une seule personne

    ⚠️ Thématiques sensibles

    Cette section aborde la bipolarité, le trouble borderline, le TDAH et les addictions comme composantes de l’identité. Ces sujets peuvent résonner fortement selon le vécu du(de la) lecteur(rice).

    Ce contenu ne remplace pas un accompagnement thérapeutique. En cas de souffrance intense ou persistante, un professionnel de santé reste essentiel.

    📞 Numéro national de prévention du suicide : 3114 (24h/24, gratuit)

    Ce que j’en retiens

    Identité ne répond pas à la question qu’il pose. Et c’est exactement ce qui en fait sa force. Il propose plutôt de la tenir, cette question, sans la résoudre : la regarder en face sans cligner des yeux.

    Les théories de l’identité cherchent une cohérence. Le DSM cherche des catégories. La société cherche des cases. Springora, elle, cherche autre chose : la vérité de ce qu’on est quand on arrête de chercher à correspondre.

    Armand assume sa bipolarité. Barnaby assume son addiction. Anouck assume de ne pas choisir. Benjamin assume de tout transformer en poèmes. Alexandre assume même son mensonge : celui de quelqu’un qui dit aimer la vie parce qu’il en a trop peur pour la laisser passer.

    Ce qu’ils ont en commun, ce n’est pas d’avoir trouvé qui ils sont. C’est d’avoir arrêté de s’en excuser.

    Ce que ce livre m’a appris sur moi

    Que la bipolarité, le TDAH, le borderline ne sont pas des obstacles à une identité « normale ». Ils sont mon identité : avec tout ce que ça implique de complexe, de contradictoire, de vivant.

    Que ne pas savoir si je suis fille ou garçon n’est pas une question sans réponse. C’est peut-être la réponse elle-même.

    Que boire, fumer, consommer, écrire, aimer les femmes, penser à la mort et vouloir vivre en même temps : tout ça forme quelqu’un. Pas un puzzle raté. Quelqu’un.

    Peut-être que l’identité n’est pas ce qui nous définit de l’extérieur. Peut-être que c’est ce qu’on accepte enfin de porter sans honte.

    Je ne sais toujours pas qui je suis.
    Mais après ce livre, j’ai moins envie de le savoir : et plus envie de l’être.
  • Être femme : force, fragilité et ce que personne ne voit | Maëva Paul

    Être femme : force, fragilité et ce que personne ne voit | Maëva Paul

    Texte — Introspection · Écriture

    8 mars 2026 — Maëva Paul

    Être femme

    Force, fragilité et ce que personne ne voit

    On parle souvent des femmes comme d’une idée. Une image.
    Un symbole qu’on accroche à des mots comme force, courage, résilience.

    On admire celles qui tiennent debout.
    Celles qui continuent d’avancer même quand le monde pèse trop lourd sur leurs épaules.

    Mais on parle rarement du reste.

    Des nuits trop longues. Des pensées qui s’accumulent dans le silence. De cette fatigue invisible que personne ne voit vraiment.

    Être une femme, parfois, ce n’est pas seulement exister dans le regard des autres. C’est apprendre à porter ce qui ne se dit pas.

    Les réalités invisibles

    On parle souvent de la force des femmes. Comme si cette force était naturelle, évidente. Comme si elle allait de soi.

    Mais on oublie parfois ce qui la construit.

    Les attentes silencieuses,
    les rôles que l’on endosse sans toujours les avoir choisis,
    la pression d’être solide, rassurante, stable,
    même lorsque tout vacille à l’intérieur.

    Beaucoup de combats restent invisibles. Pas parce qu’ils sont insignifiants, mais parce qu’ils se déroulent loin des regards.

    Les doutes, l’épuisement mental, cette sensation de devoir tenir, même quand on aurait simplement besoin de tomber un instant.

    La fatigue d’être forte

    On demande souvent aux femmes d’être fortes. Fortes pour elles-mêmes. Fortes pour les autres. Fortes pour continuer quand les choses deviennent trop lourdes.

    La force devient presque une attente silencieuse. Une qualité que l’on admire, mais que l’on finit aussi par exiger.

    Pourtant, être forte ne signifie pas ne jamais tomber.

    Derrière cette image de résilience permanente,
    il existe aussi des moments de fatigue.
    Des instants où la force n’est plus un choix, mais une nécessité.

    Et parfois, ce dont on aurait le plus besoin, ce n’est pas d’être forte.

    C’est simplement d’avoir le droit d’être fragile.

    Pour finir

    Être femme, ce n’est pas seulement tenir debout. Ce n’est pas seulement sourire quand tout vacille. Ce n’est pas seulement être forte.

    Être femme, c’est accepter le chaos à l’intérieur,
    accueillir la fatigue, la peur, les fissures invisibles,
    et continuer malgré tout, avec une force qui ne se mesure pas.

    Aujourd’hui, nous honorons les femmes — toutes celles que l’on voit,
    et surtout toutes celles que l’on ne voit pas.

    Car il y a une beauté profonde dans le fait de continuer,
    même lorsque personne ne regarde.

    Fragments visuels

    Certains mots prennent parfois une autre forme.

    Partagez vos pensées

    Vos mots ont une place ici. Vos fragments, vos silences, vos éclats. Envoyez ce qui brûle en vous, ce qui ne se dit pas, ce qui résonne dans l’ombre. Vous pourrez si vous voulez être publié dans la rubrique textes des lecteurs.

    → Envoyer un texte
  • Sans Armure — Revue psychologique du roman de Cathy Ytak | Maëva Paul

    Sans Armure — Revue psychologique du roman de Cathy Ytak | Maëva Paul

    Santé mentale — Revue de livre

    Janvier 2026 — Maëva Paul

    Sans Armure

    Un voyage au cœur de la vulnérabilité — revue du roman de Cathy Ytak

    Autrice Cathy Ytak
    Éditeur Talents Hauts — Collection Ego
    Genre Roman contemporain
    Pages ~55 pages
    Public Adolescent·e·s, adultes
    Thèmes Hypersensibilité · Vulnérabilité · Colère

    Un texte sans défense

    Couverture du roman Sans Armure de Cathy Ytak — éditions Talents Hauts, collection Ego — roman sur la vulnérabilité et l'hypersensibilité

    Sans Armure — Cathy Ytak, éditions Talents Hauts

    Sans Armure est un livre qui montre la réalité derrière l’intensité des émotions. Il ne cherche ni à expliquer, ni à réparer. Il se contente d’être là, au plus près de la faille.

    Cathy Ytak raconte une relation amoureuse traversée par l’intensité, l’incompréhension et la fatigue d’aimer quelqu’un qui ressent tout trop fort. Brune ne se protège pas — elle vit sans filtre, sans armure, exposée à la moindre secousse émotionnelle.

    Ce roman parle de ces amours où l’on se cogne,
    où l’on s’épuise à vouloir comprendre,
    où l’on apprend parfois trop tard
    que l’amour ne suffit pas toujours à contenir la tempête intérieure de l’autre.

    Sans Armure n’idéalise rien. Il montre la colère, la fuite, les silences, mais aussi la tendresse maladroite, l’attachement sincère, et la douleur de ne pas savoir comment faire mieux.

    Citation poétique inspirée du roman Sans Armure de Cathy Ytak — aimer sans armure c'est accepter de ne pas savoir protéger l'autre — Maëva Paul

    Aimer sans armure — c’est accepter de ne pas savoir protéger l’autre

    Les personnages

    Analyse psychologique du personnage Brune dans Sans Armure de Cathy Ytak — hypersensibilité, vulnérabilité et mécanismes de protection émotionnelle — Maëva Paul

    Brune

    Analyse psychologique du personnage Yannick dans Sans Armure de Cathy Ytak — amour, douleur, tension émotionnelle et limites de l'empathie — Maëva Paul

    Yannick

    Analyse de la relation entre Brune et Yannick dans Sans Armure — vulnérabilité, charge émotionnelle et déséquilibre affectif — Maëva Paul

    Brune & Yannick — la dynamique du couple

    Brune — La sensibilité à vif Brune incarne l’hypersensibilité dans ce qu’elle a de plus brut. Elle ressent tout trop fort, trop vite, sans filtre. Sa colère et ses silences ne sont pas des attaques, mais des mécanismes de survie.
    Yannick — Celle qui veut comprendre Yannick aime sincèrement, mais se heurte aux limites de l’empathie. Elle découvre que vouloir aider ne suffit pas toujours, et que comprendre l’autre demande parfois de renoncer à ses propres attentes.
    Le couple — Un déséquilibre constant Leur relation est un terrain de tension entre réalité et fantasme. Brune est insaisissable, Yannick est attachée à une image idéalisée. Cette dynamique illustre la difficulté d’aimer sans protection — projection, attentes irréalistes, confrontation avec l’authenticité.

    Quand la fiction rejoint la réalité

    Dans le livre Dans la réalité
    Crises émotionnelles incomprises Souvent associées à l’hypersensibilité ou à la neurodiversité.
    Colère soudaine, fuite Mécanismes de protection face à la surcharge émotionnelle.
    Incompréhension du partenaire Difficulté fréquente dans les relations asymétriques émotionnellement.
    Aimer sans armure, c’est accepter de ne pas tout comprendre.

    Émotions traversées

    Illustration des émotions traversées dans Sans Armure — hypersensibilité, fascination, désir, frustration, vulnérabilité et introspection — Maëva Paul

    Les émotions traversées — hypersensibilité et vulnérabilité

    Ce roman court nous plonge dans une palette d’émotions intenses : fascination, désir, frustration, vulnérabilité et introspection. La lecture devient un miroir émotionnel — chaque silence, chaque geste, chaque pensée non dite résonne en nous.

    Pourquoi ce livre est essentiel Dans un monde saturé de communications superficielles, Sans Armure rappelle l’importance de la vulnérabilité. Aimer, ressentir et se confronter à ses émotions sans masque est un acte courageux et nécessaire.
    Ses limites Le récit est court et parfois très suggestif. Certains pourront ressentir un manque d’approfondissement des personnages secondaires, et une fin ouverte qui laisse place à l’interprétation. Cette brièveté renforce cependant l’intensité émotionnelle.
    Public visé Ce livre s’adresse à ceux qui apprécient les textes courts et introspectifs, aux lecteurs sensibles à la psychologie des personnages et aux émotions brutes.

    Mon expérience personnelle

    Lire Sans Armure a été comme se tenir face à un miroir émotionnel. J’ai reconnu en Yannick cette part de moi qui veut réconforter et qui ferait tout pour une personne, et en Brune cette fragilité que j’essaie parfois de protéger et cette émotivité incontrôlable.

    Ce texte m’a touchée parce qu’il ne cherche pas à rassurer,
    mais à faire ressentir.
    Il se concentre sur les émotions et comment nous les gérons.

    Ce texte m’a fait réfléchir à mes propres relations et à ma façon de laisser l’autre entrer dans mon monde. Il ne cherche pas à rassurer, mais à faire ressentir — il est bref, va droit au but, et n’utilise pas de mots inutiles.

    → Acheter Sans Armure sur Cultura

    Écrire sans armure

    Imaginez une rencontre, un moment intense, ou une émotion fragile.
    Écrivez sans filtre sur cette émotion, sans protection,
    comme si vous vous dévoiliez à un autre.

    Vous pouvez choisir de garder ce texte privé ou de le partager ici.





      Je souhaite rester anonyme

      J'accepte que mon texte soit publié sur le blog

      ← Santé mentale Ateliers d’écriture Mes textes Explorer le blog
    • Vice-Versa — Analyse psychologique des émotions | Maëva Paul

      Vice-Versa — Quand les émotions prennent enfin la parole | Maëva Paul
      Affiche officielle du film Vice-Versa de Pixar 2015 — analyse psychologique des émotions Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégoût

      Revue de film

      Vice-Versa

      Quand les émotions prennent enfin la parole

      Réalisateurs Pete Docter & Ronnie del Carmen
      Année 2015
      Genre Animation, drame psychologique
      Studio Pixar Animation Studios
      Durée 95 minutes

      Quand nos émotions prennent enfin la parole

      Vice-Versa n’est pas seulement un film d’animation. C’est une plongée douce, sensible et étonnamment juste dans le chaos intérieur qui nous habite tous, enfants comme adultes.

      À travers l’histoire de Riley, une enfant confrontée à un déménagement brutal, le film donne du sens à ce que l’on peine souvent à nommer : le bouleversement émotionnel, la perte de repères, et cette impression étrange de ne plus savoir qui l’on est lorsque tout change.

      Ce film touche juste parce qu’il ne cherche pas à lisser la douleur. Grandir, ce n’est pas devenir heureux en permanence — c’est apprendre à composer avec des émotions parfois contradictoires, inconfortables mais nécessaires.

      À qui s’adresse ce film ?

      Enfants

      Un vocabulaire émotionnel précieux. Pour nommer ce qu’on ressent, comprendre que toutes les émotions sont légitimes — même celles qui dérangent.

      Adolescents

      Le film résonne comme un miroir : perte de repères, confusion intérieure, bouleversements émotionnels. Il met en images ce chaos souvent vécu en silence.

      Adultes

      Une lecture plus profonde : celle de l’identité, des blessures enfouies, et de la manière dont on a appris — parfois trop tôt — à étouffer certaines émotions.

      Personnes sensibles

      Particulièrement touchant pour celles et ceux traversant une période de fragilité. Il invite à regarder la tristesse autrement, avec douceur et sans jugement.

      Les émotions comme personnages

      Dans Vice-Versa, les émotions ne sont pas de simples réactions internes : elles deviennent des personnages à part entière, dotés d’une voix, d’un rôle et d’une fonction précise.

      Joie cherche à préserver l’équilibre, Peur anticipe les dangers, Colère protège les limites, Dégoût repousse ce qui pourrait nuire. Et Tristesse — longtemps incomprise — accompagne la perte et le besoin de réconfort.

      Le film met en lumière un déséquilibre fréquent : la valorisation excessive de la joie, au détriment des émotions dites « négatives ». Cette vision conduit à une rigidité émotionnelle et une rupture intérieure.

      La trajectoire de Tristesse est centrale. D’abord perçue comme inutile, elle s’impose progressivement comme une émotion fondatrice — celle qui permet la connexion à l’autre, l’expression de la vulnérabilité.

      Psychologiquement, le film illustre avec justesse les principes de la régulation émotionnelle : ce n’est pas l’absence d’émotions difficiles qui garantit la santé mentale, mais leur reconnaissance et leur intégration.

      Les émotions — Galerie

      Joie — personnage de l'émotion positive du film Vice-Versa de Pixar 2015

      Joie

      Fiche psychologique de l'émotion Joie dans Vice-Versa — analyse par Maëva Paul

      Fiche émotion

      Tristesse — personnage de l'émotion fondatrice du film Vice-Versa de Pixar 2015

      Tristesse

      Fiche psychologique de l'émotion Tristesse dans Vice-Versa — analyse par Maëva Paul

      Fiche émotion

      Colère — personnage de l'émotion protectrice du film Vice-Versa de Pixar 2015

      Colère

      Fiche psychologique de l'émotion Colère dans Vice-Versa — analyse par Maëva Paul

      Fiche émotion

      Peur — personnage de l'émotion protectrice du film Vice-Versa de Pixar 2015

      Peur

      Fiche psychologique de l'émotion Peur dans Vice-Versa — analyse par Maëva Paul

      Fiche émotion

      Dégoût — personnage de l'émotion répulsive du film Vice-Versa de Pixar 2015

      Dégoût

      Fiche psychologique de l'émotion Dégoût dans Vice-Versa — analyse par Maëva Paul

      Fiche émotion

      Thèmes psychologiques transversaux

      Apprentissage émotionnel

      La maturité émotionnelle ne consiste pas à supprimer certaines émotions, mais à les laisser coexister et dialoguer.

      Perte & changement

      Le déménagement agit comme une métaphore du deuil — perte d’un lieu familier, d’une identité partielle, d’un sentiment de sécurité.

      Identité en construction

      Les « îlots de personnalité » montrent que l’identité n’est jamais fixe. Elle se construit et se transforme continuellement.

      Schéma illustrant les trois mécanismes psychologiques du film Vice-Versa de Pixar — apprentissage émotionnel, perte et changement, identité en construction — et leur coexistence dans le développement émotionnel de Riley

      Les trois mécanismes psychologiques principaux et leur coexistence dans le développement émotionnel de Riley

      Limites & regards critiques

      À garder en tête

      Le modèle émotionnel de Vice-Versa reste volontairement simplifié — cinq émotions seulement. Des émotions complexes comme la honte, la culpabilité ou la jalousie ne sont pas explorées. Le film adopte une perspective pédagogique et narrative, non clinique.

      Cette simplification constitue aussi une force : elle rend accessible ce qui est habituellement invisible, notamment pour les enfants. Elle permet de visualiser et d’identifier les émotions sans les rendre effrayantes ou incompréhensibles.

      Pourquoi ce film est essentiel aujourd’hui

      Dans notre société qui valorise la performance et la positivité constante, Vice-Versa rappelle une vérité fondamentale : ressentir n’est pas un problème à corriger, mais un langage à écouter.

      Il offre un outil précieux pour parler des émotions — avec soi-même, avec les enfants, ou avec les autres. En montrant que la tristesse, la peur ou la colère ont toutes un rôle, il invite à une compréhension empathique de notre monde intérieur.

      Vice-Versa n’apprend pas à « aller mieux ».
      Il apprend à être avec ce qui est là.

      Et parfois, c’est déjà immense.

      Exercice poétique

      Écouter tes émotions

      Ferme un instant les yeux et respire profondément.
      Repense à une émotion qui t’a traversé·e récemment.
      Laisse-la se déposer sur la page comme une pluie légère ou un souffle de vent.
      Écris quelques lignes pour la nommer, la sentir, et raconter ce qu’elle te révèle sur toi-même.
      Ne cherche pas la perfection : laisse tes mots danser, hésiter, se mêler à ton ressenti.





        Je souhaite rester anonyme

        J'accepte que mon texte soit publié sur le blog

        Pour prolonger le chemin

        Ressources

        Voir ou revoir Vice-Versa

        Disney+ — Streaming officiel Apple TV — VOD Amazon Prime Video — VOD

        Comprendre les émotions

        Cairn.info — Psychologie & sciences humaines Psychologies.com — Santé mentale Psycom.org — Ressources fiables
        ← Retour au blog Santé mentale Ateliers d’écriture Envoyer un texte
      • « Sales connes » : l’insulte qu’on brandit quand une femme dérange | Maëva Paul

        « Sales connes » : l’insulte qu’on brandit quand une femme dérange | Maëva Paul

        Texte — Écriture · Féminisme

        Décembre 2025 — Maëva Paul

        « Sales connes »

        L’insulte qu’on brandit quand une femme dérange

        On entend partout « sales connes » en ce moment. Comme si c’était devenu le nouveau cri de guerre de ceux qui n’ont jamais su faire face à une femme qui ne baisse pas les yeux.

        On dit que c’est une insulte.
        Moi j’y vois un aveu.

        Parce qu’on ne traite pas une femme de sale conne quand elle se tait, quand elle s’excuse, quand elle se plie. Non. On la traite de sale conne quand elle dit non. Quand elle dit stop. Quand elle ose dire ce qu’elle pense sans demander la permission.

        On appelle « sales connes » celles qui refusent d’être décoratives, celles qui cessent de sauver les autres, celles qui ne jouent plus le rôle de la femme acceptable, douce, contrôlée, rassurante.

        Mais ça, on ne le dit jamais. On préfère faire croire que ce sont elles le problème. Qu’elles exagèrent. Qu’elles sont trop sensibles, trop bruyantes, trop vivantes. Toujours trop quelque chose pour quelqu’un qui, lui, n’est jamais assez.

        Le mot « conne » sort quand une femme met en lumière une lâcheté qu’on voulait cacher.
        Le mot « sale » sort quand sa liberté dérange ceux qui vivent encore dans leurs cages.

        Alors oui, l’expression tourne, s’enflamme, éclabousse tout. Mais chaque fois qu’elle est prononcée, elle révèle surtout une chose : la peur viscérale de voir une femme cesser d’être commode.

        Si être une sale conne, c’est refuser de s’excuser d’exister, si c’est choisir la lucidité plutôt que le silence, si c’est déplaire pour rester fidèle à soi-même, alors que ceux qui insultent s’habituent : on n’a pas fini de les déranger.

        Fragments visuels

        10 images pour dire ce qu’on n’ose pas toujours formuler.

      • Aaah… la petite colère — Revue psychologique du livre de Margay | Maëva Paul

        Aaah… la petite colère — Revue psychologique du livre de Margay | Maëva Paul

        Santé mentale — Revue de livre

        2026 — Maëva Paul

        Aaah… la petite colère

        Trauma, colère enfouie et reconstruction — revue sensible du livre de Margay

        Autrice Margay
        Genre Roman introspectif · Psychologie émotionnelle
        Pages ≈ 210 pages
        Thèmes Trauma · Colère · Vulnérabilité
        Format Broché
        Héritages émotionnels Reconstruction · Dissociation

        Ce n’est pas un livre sur la colère explosive

        Aaah… la petite colère n’est pas un simple livre sur l’émotion que l’on redoute, que l’on juge, que l’on cache — ce que je pensais quand je l’ai vu en librairie. C’est une descente, douce mais lucide, dans ce que signifie grandir avec une colère qui n’a jamais été entendue, qui a seulement été observée, calmée, ou pire encore, punie.

        Margay ne parle pas de la colère explosive, spectaculaire ou dévastatrice, celle que l’on pointe du doigt. Elle parle de la petite colère. Celle qui s’infiltre. Celle que l’on avale parce qu’on a compris très tôt qu’il fallait « être sage ». Celle qui se transforme, en silence, en tensions, en automatismes, en réflexes de survie émotionnels.

        La colère n’est pas un défaut.
        C’est un langage que personne ne nous a traduit.

        À travers 210 pages d’une honnêteté brute, Margay explore ce que la colère raconte réellement : la peur derrière le cri, la détresse derrière le geste, la solitude derrière l’explosion. Ce livre n’est pas fait pour être simplement lu — il est fait pour être ressenti.

        Mécanismes psychiques et émotionnels

        Mémoire traumatique Le récit explore une « sortie d’amnésie traumatique » où le personnage tente de se réapproprier ses souvenirs fragmentés et enfouis, en donnant forme à l’informe par l’écriture et l’illustration.
        La colère comme signal La colère dans l’ouvrage dépasse l’émotion simple — elle agit comme un signal interne, révélant douleur, injustice et dissociation. Elle peut être dirigée vers soi-même, vers l’extérieur, ou se transformer en énergie constructive.
        Fragmentation et dissociation Les métaphores et images du livre reflètent la confusion intérieure et la désorientation post-traumatique — un mécanisme fréquent où les souvenirs et la perception de soi sont altérés.
        Quête identitaire et reconstruction L’autrice met en avant un processus de reconstruction après le trauma, réinventant et réconciliant le soi à travers le récit et l’expression artistique.
        Le trauma m’a rendu myope. Je pensais traverser une flaque,
        alors qu’en fait, j’ai été submergée par un océan d’algues collantes
        et de chats égarés.

        La petite colère — mécanismes

        Émotion non entendue dès l’enfance Apprentissage du « être sage » Colère avalée, punie ou ignorée Tensions · Automatismes Réflexes de survie émotionnels Signal à écouter

        Schéma illustratif — La petite colère, mécanismes de survie émotionnelle — Maëva Paul

        Mémoire, oubli, reconstruction

        Le trauma est un mouvement, une respiration brisée qui persiste dans le corps. Il oscille entre ce qui revient, ce qui disparaît et ce qui se réinvente lentement.

        La mémoire La mémoire traumatique n’est pas un souvenir — c’est une présence. Une sensation qui surgit sans prévenir, qui colore la moindre émotion d’un rouge sombre. Elle survit dans le corps, dans les gestes, dans les silences.
        L’oubli L’oubli ici n’est jamais total. C’est une défense, un brouillard qui s’installe pour protéger ce qui ne peut pas encore être vu. On n’oublie pas pour fuir — on oublie pour survivre.
        La reconstruction Reconstruire, c’est apprendre à tenir debout dans sa propre lumière, même lorsqu’elle tremble. Un mouvement lent, fait de rechutes, de lucidité, de douceur et de colère mêlées.
        Le trauma n’est pas une fin.
        Il est un foyer brûlant autour duquel on apprend à marcher autrement,
        jusqu’à retrouver un espace intérieur plus vaste, plus respirable, plus vivant.

        Trauma — émotions, survie, corps

        ÉMOTIONS SURVIE CORPS Colère amplifiée Tristesse · Anxiété Engourdissement émotionnel Tout est adaptation Hypervigilance Fuite · Lutte Sidération · Soumission Avant la pensée Réflexes de préservation Respiration coupée Tensions musculaires Rythme cardiaque Le corps se souvient Parfois il guérit avant la tête

        Schéma — Trauma : émotions, survie et corps — Maëva Paul

        Ce que ce livre a réveillé en moi

        Lire Aaah la petite colère m’a fait plonger dans des zones de moi-même que je pensais enfouies ou oubliées. La colère, la tristesse et la confusion que je retrouve dans le récit résonnent profondément avec mes propres ressentis — elles me rappellent que ces émotions, aussi chaotiques soient-elles, ont une voix et un sens.

        Je me surprends à reconnaître mes propres blessures, mes mémoires fragmentées, mes pensées que j’avais appris à cacher ou à ignorer. Le livre m’invite à mettre des mots et des images sur ce que je porte à l’intérieur.

        Nous avons besoin de récits de trauma.
        Bien sûr, nous en entendons parler.
        Mais nous manquons souvent de mots pour qualifier cette traversée.

        Chaque illustration, chaque métaphore, chaque fragment de texte agit comme un miroir — je me vois dans ces émotions, mais je me vois aussi capable de les transformer en quelque chose de tangible. C’est une forme de libération, silencieuse mais profonde.

        Limites et éthique de lecture

        ⚠️ À lire avec précaution

        Ce n’est pas un manuel thérapeutique — le récit est artistique et subjectif. La lecture de récits de trauma peut être déclencheuse pour certaines personnes. La mémoire traumatique et la reconstruction sont souvent non linéaires et complexes.

        La compréhension intellectuelle d’un trauma n’équivaut pas à une guérison émotionnelle. La lecture ne peut pas se substituer à un cadre thérapeutique.

        Autorisez-vous à mettre le livre en pause si l’émotion devient trop intense. Rien ne presse.

        📘 Lectures conseillées Le corps n’oublie rien — Bessel van der Kolk Les victoires de la résilience — Boris Cyrulnik
        ☎️ Aide & accompagnement Annuaire officiel des psychologues (FFPP) SOS Violences Sexuelles Stress post-traumatique — Inserm
        ← Santé mentale Ateliers d’écriture Textes des lecteurs Explorer le blog
      • CPU — Centre des Plaintes de l’Univers — Revue du livre de Maxime Baul | Maëva Paul

        CPU — Centre des Plaintes de l’Univers — Revue du livre de Maxime Baul | Maëva Paul

        Santé mentale — Revue de livre

        Novembre 2025 — Maëva Paul

        CPU — Centre des Plaintes de l’Univers

        Maxime Baul — un livre tendre, simple et profondément humain

        Auteur Maxime Baul
        Genre BD · Poésie · Prose courte
        Pages 120–160 pages
        Format Lecture fragmentée
        Thèmes Santé mentale · Charge émotionnelle · Catharsis
        Public Toute personne épuisée, hypersensible, qui rumine

        Concept & Esprit

        Couverture du livre CPU Centre des Plaintes de l'Univers de Maxime Baul — BD poétique sur la santé mentale et la charge émotionnelle

        CPU — Centre des Plaintes de l’Univers — Maxime Baul

        CPU part d’une idée simple et lumineuse : et si un lieu existait où l’on pouvait déposer ses plaintes, ses douleurs, ses petites fatigues du quotidien… sans qu’on nous dise de relativiser ?

        Le livre adopte un ton enfantin mais jamais infantilisant — des dessins doux, des personnages ronds, presque naïfs, qui tranchent avec la profondeur des sujets abordés. Maxime Baul y propose une vision tendre et dédramatisante de nos fardeaux émotionnels.

        Simplicité volontaire Des solutions minuscules mais accessibles — rien n’est dramatisé, tout est humain.
        Accueil inconditionnel Chaque plainte a le droit d’exister — aucun jugement, aucune hiérarchie de la souffrance.
        Douceur radicale On ne minimise pas, on écoute — la vulnérabilité est une force, pas une faiblesse.
        Vision poétique Ce que l’on n’arrive pas à dire, on peut parfois le dessiner. Le livre crée un espace où l’on respire enfin.
        Ce n’est pas la grandeur d’une peine qui décide
        si elle mérite d’être déposée.

        Le lieu imaginaire

        Le lecteur découvre un lieu imaginaire — le Centre des Plaintes Universelles — une sorte de refuge émotionnel où chacun peut entrer pour déposer ce qui pèse : une peur, une angoisse, une petite peine, un grand chagrin ou même une lassitude sans nom.

        Chaque « plainte » déposée devient un petit objet dont les agents du centre s’occupent avec attention : on les trie, on les écoute, on les range, on les apaise.

        Au fil des pages, Maxime Baul montre que se plaindre n’est pas un caprice mais une manière de survivre, que des gestes simples peuvent alléger une émotion lourde, et que la vulnérabilité nous relie plus qu’elle ne nous isole.

        Les plaintes évoquées

        Illustration du syndrome du sauveur — mains tendues sans lien réel représentant l'épuisement émotionnel — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Le syndrome du sauveur

        Se sacrifier pour autrui pour combler un vide intérieur ou se sentir utile. Vouloir être indispensable, négliger ses propres limites, chercher à réparer ce qui ne dépend pas de soi.

        Qu’est-ce que je cherche vraiment ? Qu’est-ce que j’évite en me donnant aux autres ?

        Illustration du poids de la différence — silhouettes colorées dans un groupe neutre — singularité et isolement — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Le poids de la différence

        Être différent peut générer isolement et incompréhension. Baul montre la solitude mais aussi la force qui découle de l’acceptation de soi.

        Comment transformer cette différence en force — accepter que la singularité soit un atout plutôt qu’une faiblesse ?

        Illustration du conformisme social — deux chemins un sombre un clair, une personne hésitant — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Le conformisme social

        Pression pour se conformer aux normes sociales, souvent au détriment de l’authenticité. La fatigue de jouer un rôle pour éviter le jugement.

        Quelles parts de moi sont façonnées par les autres et lesquelles sont authentiques ?

        Illustration de la dépendance affective — deux silhouettes connectées par une corde fragile — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        La dépendance affective

        Besoin excessif d’amour ou d’approbation. Le livre montre les conséquences destructrices et propose la prise de conscience comme clé de libération.

        Suis-je capable de trouver de la sécurité en moi-même, ou ai-je besoin d’être validé·e en permanence ?

        Illustration du perfectionnisme — montagne avec un sommet inatteignable — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Le perfectionnisme

        Exigence excessive envers soi-même, peur de l’échec. Baul montre la fatigue et la culpabilité générées par cette quête de perfection.

        Quelles attentes sont vraiment nécessaires, quelles sont auto-imposées et source de souffrance ?

        Illustration de l'amour de soi — cœur stylisé intégré dans un corps humain minimaliste — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        L’amour de soi

        Accepter ses forces et faiblesses, se reconnaître comme digne d’amour. Baul insiste sur l’importance de l’amour de soi pour pouvoir aimer les autres pleinement.

        Comment puis-je être plus bienveillant·e envers moi-même chaque jour ?

        Illustration du rapport à la vérité — miroir fissuré reflétant un visage — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Le rapport à la vérité

        Confrontation avec ses illusions et dénis. Baul montre que la lucidité est souvent inconfortable mais nécessaire pour progresser.

        Quelles vérités ai-je évitées et comment puis-je les accueillir pour avancer ?

        Illustration du rapport au corps — mains touchant le corps avec conscience — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Le rapport au corps

        Le corps est un miroir des émotions et un outil pour expérimenter la réalité. Le livre encourage à écouter ses sensations et ses limites.

        Suis-je pleinement à l’écoute de mon corps et de ses messages ?

        Illustration d'assumer son pouvoir — main ouverte laissant sortir une lumière ou une énergie — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        Assumer son pouvoir

        Reconnaître ses capacités et son influence personnelle. Nier son pouvoir conduit à la frustration, tandis que l’assumer ouvre à la confiance.

        Est-ce que je prends ma place dans le monde et agis avec conscience de mes capacités ?

        Illustration de l'abandon à la foi — silhouette assise face à un ciel étoilé, mains ouvertes — CPU Maxime Baul — Maëva Paul

        L’abandon à la foi

        Lâcher-prise et confiance dans le flux de la vie. Le livre montre que cette posture apaise et soutient la résilience.

        Quelles parties de ma vie ai-je besoin de contrôler, et où puis-je lâcher prise pour retrouver sérénité ?

        Mon reflet dans CPU

        En lisant ce livre, j’ai souvent senti mes propres blessures se refléter dans les mots de Maxime Baul. Je me reconnais dans ce désir de vouloir tout réparer autour de moi, dans cette fatigue silencieuse qui accompagne le syndrome du sauveur.

        Le poids de la différence, le conformisme social… chacun de ces thèmes résonne profondément. Je me surprends à identifier mes efforts pour être « acceptable » aux yeux du monde, et la fatigue de cette lutte constante.

        Lire CPU a été comme regarder un miroir fidèle mais doux :
        parfois inconfortable, parfois apaisant,
        mais toujours révélateur.

        Ce qui m’a le plus marquée, c’est cette simplicité dans l’écriture. Les mots ne cherchent pas à imposer des solutions, mais à créer un espace où je peux observer mes émotions avec bienveillance.

        Le livre vs la réalité

        CPU offre une vision poétique et accessible de nos mécanismes psychologiques. Mais la réalité est souvent plus complexe, nuancée et parfois moins lumineuse que ce que les mots du livre suggèrent.

        Thème Dans le livre Dans la réalité
        Syndrome du sauveur Apprendre à poser ses limites avec douceur. Facile de s’épuiser en voulant aider tout le monde.
        Poids de la différence Célébrer sa singularité. Isolement, jugement ou incompréhension possibles.
        Conformisme social Être authentique. Pression familiale, professionnelle ou sociale.
        Dépendance affective Trouver la sécurité intérieure. Besoin d’approbation et peur de la solitude.
        Perfectionnisme & amour de soi Accepter ses limites et être bienveillant envers soi. Auto-jugement et exigences extérieures constantes.
        Rapport à la vérité et au corps Observer ses illusions et écouter son corps. Reconnaître peurs, limites et contradictions par étapes.
        Assumer son pouvoir & lâcher prise Embrasser ses capacités et abandonner ce qui échappe. Équilibrer action consciente et acceptation du flux de vie.

        Appliquer les conseils de Maxime Baul, aussi simples qu’ils paraissent, nous met déjà sur le bon chemin — et montre qu’il est possible de s’améliorer sans s’enfouir dans des réflexions trop lourdes.

        → Découvrir CPU sur la Fnac
        ← Santé mentale Toutes les revues Ateliers d’écriture Textes des lecteurs
      • Les Combattantes — Revue de la BD sur les violences sexistes et sexuelles | Maëva Paul

        Les Combattantes — Revue de la BD sur les violences sexistes et sexuelles | Maëva Paul

        Santé mentale — Revue de BD

        2025 — Maëva Paul

        Les Combattantes

        Entre silence, cicatrices et survivances — une histoire entre violences sexistes et sexuelles

        Genre Bande dessinée documentaire
        Thèmes Violences sexistes & sexuelles
        Format Intime · Politique · Documentaire

        Comment raconter l’indicible

        Dans Les Combattantes, chaque page devient un espace de vérité crue, où des femmes portent enfin des mots sur ce que l’on tait trop souvent : la sidération, le choc, la honte, la mémoire qui s’évapore, les violences quotidiennes qui laissent des cicatrices invisibles.

        Cette bande dessinée — à la fois documentaire, intime et politique — explore ce que signifie survivre à des violences sexistes et sexuelles dans un monde qui demande aux victimes d’être fortes, cohérentes, rapides, et silencieuses.

        Une analyse introspective Résonnant avec mon propre vécu — ce que la BD réveille, ce qu’elle nomme, ce qu’elle libère.
        Une partie informative Sur les violences sexistes et sexuelles — sidération, culpabilité, dissociation, mécanismes traumatiques.
        Un parallèle fiction / réalité Ce que la BD montre et ce que les données confirment.
        Des ressources fiables Pour les victimes, les proches, ou toute personne cherchant à comprendre et à aider.
        Parce que comprendre, c’est déjà briser une partie du silence.

        Là où la BD rejoint mon propre chaos

        Il y a des livres qui ne se contentent pas de raconter une histoire — ils disent la vérité. Ils percent quelque chose qu’on pensait avoir soigneusement enterré. Les Combattantes en fait partie.

        En ouvrant ces pages, j’ai eu l’impression que la BD posait sa main sur des zones que je n’ose jamais vraiment regarder : la honte, la sidération, ce corps qui se referme sur lui-même, la mémoire qui se fracasse en mille morceaux, la colère qui brûle sans savoir où se poser.

        Parce que lire ces récits, c’est accepter d’écouter toutes ces voix qui ressemblent parfois à la mienne — celles qu’on étouffe, celles qu’on minimise, celles qu’on voudrait effacer parce que « ça s’est passé il y a longtemps », parce que « tu t’en es sortie », parce que « tu vas bien maintenant, non ? ».

        Mais dans les violences sexistes et sexuelles,
        il n’y a pas de « maintenant ».
        Il y a des répliques, comme dans un tremblement de terre,
        des secousses internes que personne ne voit.

        La BD les montre avec une sincérité presque brutale — une sincérité que j’aurais aimé rencontrer plus tôt. Elle me rappelle que la survie n’est pas un acte neutre : c’est un travail quotidien, une lutte contre le vide, contre la culpabilité, contre la voix qui dit encore « c’est de ta faute ».

        En lisant, j’ai vu mes propres silences. Mes propres fissures. Et peut-être, aussi, une manière de les regarder autrement. Plus droit. Plus honnêtement. Avec la bienveillance qu’on n’a pas envers soi-même.

        Les violences sexistes et sexuelles

        De quoi s’agit-il ?

        Ce sont des violences perpétrées en raison du sexe ou du genre, visant à dominer, contrôler, humilier ou briser.

        Violences physiques Agressions, viol, attouchements — formes les plus visibles mais pas les seules.
        Violences psychologiques Menaces, manipulation, humiliation, contrôle, isolement progressif.
        Harcèlement moral ou sexuel Au travail, dans l’espace public, dans le couple ou la famille.
        Violences conjugales & inceste Souvent tues, souvent minimisées, toujours dévastateurs.
        Réactions sociales culpabilisantes « Tu n’avais qu’à dire non », « pourquoi tu n’es pas partie ? » — ces phrases font partie des violences.
        Les violences sexuelles ne sont jamais la faute de la victime — infographie Maëva Paul

        Les violences sexuelles ne sont jamais la faute de la victime

        Les mécanismes psychologiques fréquents

        Schéma des mécanismes psychologiques du traumatisme — sidération, dissociation, amnésie traumatique, culpabilité, hypervigilance — Maëva Paul

        Du choc à la survie — les mécanismes du traumatisme

        La sidération n’est pas un consentement.
        L’immobilité n’est pas un oui.

        Pourquoi les victimes parlent tard… voire jamais ?

        Infographie sur les raisons du silence des victimes de violences sexuelles — peur, honte, regard social, culpabilisation, traumatisme — Maëva Paul

        La peur, la honte, le regard social — pourquoi le silence s’installe

        Certaines douleurs ne crient pas :
        elles murmurent sous la peau, encore et encore.

        Quand la BD rejoint la réalité

        Aspect Dans la BD Dans la réalité
        Multiplicité des violences Plusieurs témoignages, différents âges, différents contextes. Les violences sont transversales — tous milieux, tous âges.
        Sidération & mutisme Très bien représentés dans les récits dessinés. Phénomène fréquent et neurologiquement normal.
        Culpabilité & honte Partout dans les témoignages. Réaction universelle, renforcée par l’entourage et la société.
        Mémoire fragmentée Narration parfois éclatée, ellipses visuelles. Mécanisme courant — amnésie traumatique reconnue médicalement.
        Isolement de la victime Représenté par la mise en scène visuelle. Isolement réel, souvent renforcé par les proches.
        Violences systémiques Police, école, famille — des angles morts représentés. Systèmes qui minimisent, ignorent, culpabilisent.
        Chemins de reconstruction Différents d’une femme à l’autre. Aucune trajectoire n’est linéaire — toutes sont valides.
        Et si tu lis ces lignes en portant toi-même un morceau de ces histoires, sache ceci :
        tu n’es pas trop tard. tu n’es pas trop brisée. tu n’es pas seule.
        Ton expérience est légitime, même si elle est confuse.
        Ton corps n’a pas trahi. Il a survécu. Et c’est déjà immense.

        Rien dans ce que tu as vécu n’est de ta faute. Rien.

        Les Combattantes n’est pas seulement une BD — c’est une mosaïque de voix qui refusent de disparaître. Elle rappelle que les violences sexistes et sexuelles ne s’effacent pas avec le temps, mais qu’il existe des chemins. Pas linéaires, pas parfaits, parfois chaotiques — mais réels.

        Et toi, qu’est-ce que tu portes ?

        Si ces mots ont résonné en toi, tu peux écrire ici — anonymement si tu le souhaites. Un mot, une phrase, un fragment. Tout est valide. Tout mérite d’exister.





          Je souhaite rester anonyme

          J'accepte que mon texte soit publié sur le blog

          Ressources pour les victimes

          Si vous traversez une situation difficile, si vous doutez, si vous avez besoin d’être écouté·e — ces ressources existent pour vous, sans jugement et en toute confidentialité.

          🇫🇷 En France 3919 Violences Femmes Info — 24h/24, gratuit, anonyme 119 Allô Enfance en Danger — mineurs victimes ou témoins France Victimes — aide psychologique et juridique CIDFF — droits des femmes, aide gratuite Collectif Nous Toutes — ressources & prévention Arrêtons les violences — dispositifs officiels
          🌍 À l’international RAINN — National Sexual Assault Hotline (USA) Women’s Aid — violences conjugales et sexuelles (UK) Safe Horizon — accompagnement victimes (USA) Child Helpline International — enfants victimes
          ← Santé mentale Ateliers d’écriture Textes des lecteurs Explorer le blog
        • La mélancolie de l’hiver — Atelier d’écriture | Maëva Paul

          Atelier d’écriture

          Novembre 2025

          La mélancolie de l’hiver

          Plonger dans la grisaille pour écrire ce qu’elle réveille

          Novembre arrive avec ses journées courtes, sa lumière grise, ce silence lourd qui s’installe sans prévenir. Pour certains c’est une période difficile, pour d’autres, une invitation à ralentir et à regarder en dedans.

          Cet atelier est une invitation à ne pas fuir cette mélancolie. À la laisser exister sur la page, à lui donner une voix, une couleur, une texture.

          La mélancolie n’est pas une faiblesse.
          C’est une façon d’être traversée par le temps,
          de sentir que quelque chose a changé
          même si on ne sait pas encore quoi.

          Pas besoin de savoir écrire. Pas besoin que ce soit beau. Il faut juste que ce soit vrai.

          Les consignes d’écriture

          01

          Installez-vous

          Trouvez un endroit calme. Une tasse de quelque chose de chaud. Fermez les yeux quelques secondes et laissez novembre entrer.

          02

          Le point de départ

          Écrivez à partir de cette phrase : « En novembre, il y a quelque chose qui… » — laissez venir la suite sans réfléchir.

          03

          Explorez

          Un souvenir, une sensation, une couleur, une odeur — tout ce que novembre réveille en vous. Ne censurez rien.

          04

          Partagez si vous voulez

          L’anonymat est possible. La publication se fait uniquement avec votre accord explicite.

          Envoyer votre texte

          Votre texte sera lu avec attention.
          Anonymat possible — publication uniquement avec votre accord.
          Il n’y a pas de mauvais texte ici.





            Je souhaite rester anonyme

            J'accepte que mon texte soit publié sur le blog

          • Vivre avec le TDAH – Émotions et Réalités | Maëva PAUL

            Vivre avec le TDAH — Émotions et réalités | Maëva Paul

            Santé mentale — Revue de livre

            Novembre 2025 — Maëva Paul

            Vivre avec le TDAH

            Émotions et réalités — à travers « Un TDAH pas comme les autres » de Jérémy Piquet

            Il y a des livres qui ne cherchent pas à expliquer, mais à montrer. À poser des images là où les mots sont trop compliqués à trouver. Celui-là en fait partie.

            Jérémy Piquet, diagnostiqué adulte, propose dans son ouvrage une immersion originale et artistique dans l’expérience vécue du TDAH. Mêlant texte et illustrations, ce livre offre une lecture à la fois sensible, informative et profondément humaine.

            Le TDAH n’est pas une simple inattention : c’est un trop-plein.
            Trop de sons, trop d’idées, trop d’émotions.

            Plutôt qu’un manuel ou un témoignage linéaire, c’est un miroir éclaté — une succession de dessins et de phrases courtes où le trouble est vu tel qu’il est, sans fard et sans complaisance.

            Un trop-plein qui ne se voit pas

            Il y a une fatigue qui ne se voit pas. Celle d’un esprit qui s’éparpille, qui brûle plus vite que les autres, qui veut tout comprendre, tout vivre, tout réparer tout de suite — mais qui finit souvent par se consumer.

            Chaque journée commence avec de bonnes intentions — se concentrer, finir quelque chose, être « comme il faut ».
            Et puis la pensée dérape, le cœur accélère, les sens débordent.
            Ce n’est pas un manque de volonté. C’est une tempête intérieure.

            Dans ce livre, j’ai retrouvé cette impression d’être toujours « trop » ou « à côté ». Mais j’ai aussi eu l’impression d’être vue, entendue, comprise. Comme si ces mots et ces images me décrivaient mieux que je parviens moi-même à le faire.

            Parfois le monde me semble trop silencieux, trop lent — et moi je suis trop dispersée pour ce monde qui n’exige que des lignes droites. Mais sous toutes ces maladresses, il y a une sensibilité qui déborde. Un cœur sans filtre. Un esprit qui capte tout, trop fort, trop vite.

            Un mode de fonctionnement différent

            Le TDAH n’est pas seulement une question de concentration. C’est un mode de fonctionnement cérébral différent, où les émotions, l’énergie et les pensées circulent à une vitesse démesurée. Ce n’est pas un manque d’attention — c’est une attention multiple, diffuse, insatiable.

            Illustration du livre Un TDAH pas comme les autres de Jérémy Piquet — représentation visuelle du fonctionnement cérébral TDAH

            Illustration extraite du livre « Un TDAH pas comme les autres » — Jérémy Piquet

            Le cerveau TDAH recherche sans cesse la stimulation. L’ennui est douloureux, presque insupportable. L’esprit saute d’une idée à l’autre, d’un projet à un autre, comme s’il devait tout explorer avant que le vide ne le rattrape.

            Émotions amplifiées Tout est trop fort, trop rapide. Les émotions arrivent comme des vagues avant même qu’on ait pu en nommer la cause.
            Hypersensibilité au rejet La moindre critique crée une frustration dévastatrice — une gorge qui se serre, des larmes qu’on ne veut pas montrer, une tristesse disproportionnée en apparence, immense en réalité.
            Culpabilité chronique Ne pas réussir à être « comme les autres ». Comparer son fonctionnement à ceux qui semblent exemplaires, qui sont « comme il faut ».
            Besoin de reconnaissance Aussi intense que fragile — et souvent incompris par l’entourage.
            Infographie — Le TDAH ce n'est pas un simple manque d'attention, c'est un excès de tout : émotions, stimulations, culpabilité — Maëva Paul

            Le TDAH ce n’est pas un simple manque d’attention — c’est un excès de tout

            Fiction vs réalité du TDAH

            Le livre ne cherche pas à adoucir le trouble. Il le montre tel qu’il est : déroutant, épuisant, mais aussi profondément humain. Voici comment il rejoint — ou s’éloigne — de la réalité quotidienne.

            Thème Dans le livre Dans la réalité
            Attention Une pensée diffuse, éclatée, mais créative. L’attention est capturée par mille choses — difficile à canaliser sans épuisement.
            Émotions Présentées comme une marée constante. Vécues comme des vagues impossibles à contenir, entraînant colère, tristesse ou culpabilité.
            Organisation L’auteur joue avec la désorganisation comme partie de son identité. La désorganisation devient source d’angoisse, de honte et de perte de confiance.
            Hyperactivité mentale Décrite comme une énergie débordante et poétique. Se manifeste par de l’insomnie, de la dispersion et un besoin constant de mouvement.
            Relations sociales Les liens sont intenses mais fragiles. Les relations demandent une adaptation épuisante, entre peur du rejet et besoin de lien fort.
            Identité L’auteur revendique sa différence. Beaucoup cherchent encore à se comprendre, à se pardonner, à exister dans un monde trop normé.

            En écrivant ces mots, je continue de me rendre compte que je n’accepte toujours pas que seulement 4 lettres puissent décrire tant de vie, tant d’émotions. Le TDAH est bien plus que ça.

            → Découvrir le livre de Jérémy Piquet

            Et toi, comment vis-tu ton trop-plein ?

            As-tu déjà eu l’impression que ton esprit allait trop vite,
            que le monde ne te laissait pas respirer ?

            Écris-moi. Dis-moi comment tu fais, toi, pour apprivoiser le chaos.
            Les textes les plus sincères seront peut-être partagés ici.





              Je souhaite rester anonyme

              J'accepte que mon texte soit publié sur le blog

              ← Santé mentale Ateliers d’écriture Textes des lecteurs Explorer le blog