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  • Les Combattantes — Revue de la BD sur les violences sexistes et sexuelles | Maëva Paul

    Les Combattantes — Revue de la BD sur les violences sexistes et sexuelles | Maëva Paul

    Santé mentale — Revue de BD

    2025 — Maëva Paul

    Les Combattantes

    Entre silence, cicatrices et survivances — une histoire entre violences sexistes et sexuelles

    Genre Bande dessinée documentaire
    Thèmes Violences sexistes & sexuelles
    Format Intime · Politique · Documentaire

    Comment raconter l’indicible

    Dans Les Combattantes, chaque page devient un espace de vérité crue, où des femmes portent enfin des mots sur ce que l’on tait trop souvent : la sidération, le choc, la honte, la mémoire qui s’évapore, les violences quotidiennes qui laissent des cicatrices invisibles.

    Cette bande dessinée — à la fois documentaire, intime et politique — explore ce que signifie survivre à des violences sexistes et sexuelles dans un monde qui demande aux victimes d’être fortes, cohérentes, rapides, et silencieuses.

    Une analyse introspective Résonnant avec mon propre vécu — ce que la BD réveille, ce qu’elle nomme, ce qu’elle libère.
    Une partie informative Sur les violences sexistes et sexuelles — sidération, culpabilité, dissociation, mécanismes traumatiques.
    Un parallèle fiction / réalité Ce que la BD montre et ce que les données confirment.
    Des ressources fiables Pour les victimes, les proches, ou toute personne cherchant à comprendre et à aider.
    Parce que comprendre, c’est déjà briser une partie du silence.

    Là où la BD rejoint mon propre chaos

    Il y a des livres qui ne se contentent pas de raconter une histoire — ils disent la vérité. Ils percent quelque chose qu’on pensait avoir soigneusement enterré. Les Combattantes en fait partie.

    En ouvrant ces pages, j’ai eu l’impression que la BD posait sa main sur des zones que je n’ose jamais vraiment regarder : la honte, la sidération, ce corps qui se referme sur lui-même, la mémoire qui se fracasse en mille morceaux, la colère qui brûle sans savoir où se poser.

    Parce que lire ces récits, c’est accepter d’écouter toutes ces voix qui ressemblent parfois à la mienne — celles qu’on étouffe, celles qu’on minimise, celles qu’on voudrait effacer parce que « ça s’est passé il y a longtemps », parce que « tu t’en es sortie », parce que « tu vas bien maintenant, non ? ».

    Mais dans les violences sexistes et sexuelles,
    il n’y a pas de « maintenant ».
    Il y a des répliques, comme dans un tremblement de terre,
    des secousses internes que personne ne voit.

    La BD les montre avec une sincérité presque brutale — une sincérité que j’aurais aimé rencontrer plus tôt. Elle me rappelle que la survie n’est pas un acte neutre : c’est un travail quotidien, une lutte contre le vide, contre la culpabilité, contre la voix qui dit encore « c’est de ta faute ».

    En lisant, j’ai vu mes propres silences. Mes propres fissures. Et peut-être, aussi, une manière de les regarder autrement. Plus droit. Plus honnêtement. Avec la bienveillance qu’on n’a pas envers soi-même.

    Les violences sexistes et sexuelles

    De quoi s’agit-il ?

    Ce sont des violences perpétrées en raison du sexe ou du genre, visant à dominer, contrôler, humilier ou briser.

    Violences physiques Agressions, viol, attouchements — formes les plus visibles mais pas les seules.
    Violences psychologiques Menaces, manipulation, humiliation, contrôle, isolement progressif.
    Harcèlement moral ou sexuel Au travail, dans l’espace public, dans le couple ou la famille.
    Violences conjugales & inceste Souvent tues, souvent minimisées, toujours dévastateurs.
    Réactions sociales culpabilisantes « Tu n’avais qu’à dire non », « pourquoi tu n’es pas partie ? » — ces phrases font partie des violences.
    Les violences sexuelles ne sont jamais la faute de la victime — infographie Maëva Paul

    Les violences sexuelles ne sont jamais la faute de la victime

    Les mécanismes psychologiques fréquents

    Schéma des mécanismes psychologiques du traumatisme — sidération, dissociation, amnésie traumatique, culpabilité, hypervigilance — Maëva Paul

    Du choc à la survie — les mécanismes du traumatisme

    La sidération n’est pas un consentement.
    L’immobilité n’est pas un oui.

    Pourquoi les victimes parlent tard… voire jamais ?

    Infographie sur les raisons du silence des victimes de violences sexuelles — peur, honte, regard social, culpabilisation, traumatisme — Maëva Paul

    La peur, la honte, le regard social — pourquoi le silence s’installe

    Certaines douleurs ne crient pas :
    elles murmurent sous la peau, encore et encore.

    Quand la BD rejoint la réalité

    Aspect Dans la BD Dans la réalité
    Multiplicité des violences Plusieurs témoignages, différents âges, différents contextes. Les violences sont transversales — tous milieux, tous âges.
    Sidération & mutisme Très bien représentés dans les récits dessinés. Phénomène fréquent et neurologiquement normal.
    Culpabilité & honte Partout dans les témoignages. Réaction universelle, renforcée par l’entourage et la société.
    Mémoire fragmentée Narration parfois éclatée, ellipses visuelles. Mécanisme courant — amnésie traumatique reconnue médicalement.
    Isolement de la victime Représenté par la mise en scène visuelle. Isolement réel, souvent renforcé par les proches.
    Violences systémiques Police, école, famille — des angles morts représentés. Systèmes qui minimisent, ignorent, culpabilisent.
    Chemins de reconstruction Différents d’une femme à l’autre. Aucune trajectoire n’est linéaire — toutes sont valides.
    Et si tu lis ces lignes en portant toi-même un morceau de ces histoires, sache ceci :
    tu n’es pas trop tard. tu n’es pas trop brisée. tu n’es pas seule.
    Ton expérience est légitime, même si elle est confuse.
    Ton corps n’a pas trahi. Il a survécu. Et c’est déjà immense.

    Rien dans ce que tu as vécu n’est de ta faute. Rien.

    Les Combattantes n’est pas seulement une BD — c’est une mosaïque de voix qui refusent de disparaître. Elle rappelle que les violences sexistes et sexuelles ne s’effacent pas avec le temps, mais qu’il existe des chemins. Pas linéaires, pas parfaits, parfois chaotiques — mais réels.

    Et toi, qu’est-ce que tu portes ?

    Si ces mots ont résonné en toi, tu peux écrire ici — anonymement si tu le souhaites. Un mot, une phrase, un fragment. Tout est valide. Tout mérite d’exister.





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      Ressources pour les victimes

      Si vous traversez une situation difficile, si vous doutez, si vous avez besoin d’être écouté·e — ces ressources existent pour vous, sans jugement et en toute confidentialité.

      🇫🇷 En France 3919 Violences Femmes Info — 24h/24, gratuit, anonyme 119 Allô Enfance en Danger — mineurs victimes ou témoins France Victimes — aide psychologique et juridique CIDFF — droits des femmes, aide gratuite Collectif Nous Toutes — ressources & prévention Arrêtons les violences — dispositifs officiels
      🌍 À l’international RAINN — National Sexual Assault Hotline (USA) Women’s Aid — violences conjugales et sexuelles (UK) Safe Horizon — accompagnement victimes (USA) Child Helpline International — enfants victimes
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    • La mélancolie de l’hiver — Atelier d’écriture | Maëva Paul

      Atelier d’écriture

      Novembre 2025

      La mélancolie de l’hiver

      Plonger dans la grisaille pour écrire ce qu’elle réveille

      Novembre arrive avec ses journées courtes, sa lumière grise, ce silence lourd qui s’installe sans prévenir. Pour certains c’est une période difficile, pour d’autres, une invitation à ralentir et à regarder en dedans.

      Cet atelier est une invitation à ne pas fuir cette mélancolie. À la laisser exister sur la page, à lui donner une voix, une couleur, une texture.

      La mélancolie n’est pas une faiblesse.
      C’est une façon d’être traversée par le temps,
      de sentir que quelque chose a changé
      même si on ne sait pas encore quoi.

      Pas besoin de savoir écrire. Pas besoin que ce soit beau. Il faut juste que ce soit vrai.

      Les consignes d’écriture

      01

      Installez-vous

      Trouvez un endroit calme. Une tasse de quelque chose de chaud. Fermez les yeux quelques secondes et laissez novembre entrer.

      02

      Le point de départ

      Écrivez à partir de cette phrase : « En novembre, il y a quelque chose qui… » — laissez venir la suite sans réfléchir.

      03

      Explorez

      Un souvenir, une sensation, une couleur, une odeur — tout ce que novembre réveille en vous. Ne censurez rien.

      04

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      • La Disparue de la Cabine 10 — Revue psychologique du film | Maëva Paul

        La Disparue de la Cabine 10 — Revue psychologique du film | Maëva Paul

        Revue de film — Thriller · Santé mentale

        2025 — Maëva Paul

        La Disparue de la Cabine 10

        Trauma, méfiance et tristesse invisible — analyse psychologique du thriller Netflix

        Réalisateur Simon Stone
        Année 2025
        Genre Thriller · Film à énigme
        Acteurs Keira Knightley · Guy Pearce · Hannah Waddingham
        Durée 95 minutes
        Où regarder Netflix

        Synopsis

        Pendant une croisière de luxe pour un reportage, une journaliste est témoin de la chute d’un passager par-dessus bord tard dans la nuit. Pourtant tous les passagers ont été comptabilisés et il ne manque personne. Malgré le fait de ne pas être crue, elle continue à chercher des réponses, mettant ainsi sa propre vie en danger.

        Le brouillard, la peur et l’amour qui s’éloigne

        Il y a dans La Disparue de la Cabine 10 cette angoisse que je connais trop bien : celle d’être témoin de quelque chose que personne ne croit, d’avoir vu trop de noirceur pour que le monde continue à faire sens. Lo s’enfonce dans le doute, dans la méfiance, dans le vin. Et plus elle cherche à prouver qu’elle dit vrai, plus elle s’éloigne de tout — de la raison, des autres, de Ben.

        On a appris que rien n’était stable,
        que tout pouvait s’effondrer en une nuit.

        C’est ce que fait la peur, quand elle devient trop grande : elle dévore tout, même l’amour. On veut être compris, soutenu, rassuré. Mais au lieu de tendre la main, on repousse, on teste, on détruit. Parce qu’on a appris que rien n’était stable.

        Citation sur la peur et l'amour — je veux que tu restes mais si tu restes j'aurai peur — analyse La Disparue de la Cabine 10 — Maëva Paul

        Je veux que tu restes. Mais si tu restes, j’aurai peur.

        J’ai souvent été cette version de Lo. Celle qui aime à en avoir mal, mais qui ne sait plus comment rester. Celle qui parle trop fort, qui tremble, qui crie qu’on ne l’écoute pas alors qu’elle ne sait plus quoi dire. J’ai connu la paranoïa douce, celle qui ne se voit pas mais qui isole.

        Et puis il y a cette tristesse, lente, épaisse, qui recouvre tout. Pas celle qui fait pleurer — celle qui vide, qui désincarne. Lo pleure une disparition, mais c’est elle-même qu’elle est en train de perdre.

        Illustration des besoins affectifs — trouble émotionnel, dépendance et sécurité dans la relation — analyse La Disparue de la Cabine 10 — Maëva Paul

        Besoins affectifs et trauma — peur, dépendance et sécurité

        L’amour comme miroir du traumatisme Ben devient le témoin impuissant de la chute de Lo. La peur d’être abandonnée ou trahie conduit à saboter les liens.
        La tristesse existentielle Profonde, presque calme — c’est la tristesse de se sentir étranger à soi. Pas spectaculaire, mais dévastatrice.

        La tristesse et la méfiance post-traumatique

        La tristesse, quand elle suit un choc, n’est plus seulement une émotion : c’est un état, un brouillard. Elle s’installe dans les gestes, dans le ton de la voix, dans la manière d’aimer ou de s’éloigner. Elle ne fait pas forcément pleurer — parfois, elle anéantit la capacité à ressentir quoi que ce soit.

        La tristesse post-traumatique

        Après un événement violent ou déstabilisant, la tristesse ne se manifeste pas toujours par des larmes. Souvent, elle prend des formes plus subtiles.

        Engourdissement émotionnel Incapacité à ressentir joie, plaisir, ou même douleur. Le monde paraît gris, les visages distants, les relations sans saveur.
        Fatigue constante Tout devient lourd, mécanique. On fonctionne sans vraiment vivre. Une fatigue existentielle que le sommeil ne résout pas.
        Sentiment de déconnexion Impression d’être spectateur de sa propre vie. Le corps se souvient là où les mots ne suffisent plus.
        Honte de ne pas aller mieux Culpabilité de rester coincé dans le passé. Ce dialogue intérieur nourrit la honte, et donc l’isolement.
        Ce n’est pas que je ne ressens plus rien.
        C’est que tout me fait mal, même le vide.
        Neige sur un quai de bateau — ambiance mélancolique — et si tout ce que tu avais vu n'était qu'un reflet — La Disparue de la Cabine 10 — Maëva Paul

        Et si tout ce que tu avais vu n’était qu’un reflet ?

        Illustration de la tristesse post-traumatique — fatigue mentale, déconnexion et culpabilité émotionnelle — La Disparue de la Cabine 10 — Maëva Paul

        La tristesse post-traumatique — fatigue, déconnexion et culpabilité

        La méfiance et la paranoïa douce

        La méfiance, après un traumatisme, n’est pas irrationnelle. Elle vient du cerveau limbique, qui reste bloqué en mode survie — il perçoit des menaces même quand il n’y en a plus. Cela crée un état de vigilance extrême, où chaque signe devient suspect.

        Méfiance envers les autres Peur permanente d’être trahi, déçu, manipulé. On relit les messages dix fois, on imagine des trahisons, on prévoit les scénarios de fuite.
        Méfiance envers soi-même Doute de ses perceptions, de sa mémoire, de sa valeur. Même quand on voit la vérité, on ne se fait plus confiance.
        Méfiance envers le monde Sentiment d’insécurité permanent. Cette méfiance transforme l’amour en champ de bataille, l’amitié en stratégie.
        Cœur sous cloche brisée — j'ai peur qu'on me blesse mais encore plus qu'on m'oublie — vulnérabilité et trauma — La Disparue de la Cabine 10 — Maëva Paul

        J’ai peur qu’on me blesse. Mais encore plus qu’on m’oublie.

        Symptômes, racines et conséquences du stress post-traumatique

        Symptôme Racine psychologique Conséquence
        Hypervigilance Peur du danger réactivée Anxiété, insomnie
        Méfiance affective Peur de la trahison Isolement, sabotage des relations
        Rumination Tentative de contrôle Épuisement mental
        Dissociation Protection face à la douleur Déconnexion du réel

        Quand la fiction rejoint la réalité

        Aspect Dans la réalité Dans le film
        Tristesse post-traumatique Fatigue, anesthésie émotionnelle, déconnexion Lo semble « fonctionner », mais tout son corps trahit l’usure — regard vide, gestes hésitants
        Méfiance Hypervigilance, peur de la trahison, besoin de contrôle Lo soupçonne tout le monde, fouille les cabines, doute de sa propre mémoire
        Culpabilité Se sentir « trop faible », honte d’être encore abîmée Lo doute de sa santé mentale, pense qu’elle est « folle »
        Isolement Retrait social, perte de liens affectifs Lo s’isole dans sa cabine, fuit Ben, évite les conversations
        Besoin d’amour Recherche de sécurité émotionnelle malgré la peur Lo veut être crue et aimée, mais repousse toute tentative d’aide
        Symbole Le trauma enferme dans un espace mental clos Le bateau devient une métaphore de la prison intérieure

        Anne, le reflet de Lo

        Ce que Lo perçoit chez Anne, c’est elle-même dans un autre état du temps. Deux femmes prisonnières d’un système où leur voix ne compte pas, où leurs émotions sont traitées comme des faiblesses.

        On m’a regardée, mais on ne m’a pas vue.
        Cette phrase, Lo pourrait la prononcer autant qu’Anne.

        Anne devient une figure métaphorique de la disparition intérieure — celle qui suit la perte de confiance, la peur, l’isolement. Elle représente cette Lo qui aurait cessé de se battre, celle qui aurait sombré définitivement dans le silence.

        Lo — La conscience encore vivante La part qui lutte pour exister malgré la peur. Elle cherche Anne pour ne pas admettre que sa propre voix s’est éteinte depuis longtemps.
        Anne — La part sacrifiée La douleur muette, celle qui s’est abandonnée à la résignation. Ce que Lo pourrait devenir si elle cesse de se battre.
        Dans la réalité — La dualité intérieure Une part visible, sociale, qui continue à fonctionner — et une part effacée, blessée, qu’on cache pour survivre. La guérison commence quand on accepte de regarder cette part en face.
        Infographie Le brouillard du trauma — statistiques et conséquences du traumatisme psychologique — La Disparue de la Cabine 10 — Maëva Paul

        Le brouillard du trauma — statistiques et conséquences psychologiques

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