Étiquette : addiction

  • The Basketball Diaries : psychologie de l’addiction et de la descente aux enfers

    The Basketball Diaries — Maëva Paul

    Cinéma · Psychologie · Revue

    Quand on se perd pour de vrai :
    The Basketball Diaries

    Un film qui ne raconte pas la drogue. Il raconte ce qui précède la drogue, ce qui l’alimente, et ce qu’on cherche à faire taire quand on se détruit.

    FilmThe Basketball Diaries
    RéalisateurScott Kalvert
    Année1995
    AvecLeonardo DiCaprio · Mark Wahlberg · Lorraine Bracco
    Basé surLe journal autobiographique de Jim Carroll (1978)
    ThèmesAddiction · Identité · Écriture · Attachement · Honte

    Il y a des films qu’on reçoit comme un coup de poing en plein sternum. Pas parce qu’ils sont violents — même si celui-là l’est. Mais parce qu’ils mettent des images sur quelque chose qu’on croyait n’appartenir qu’à soi : cette façon qu’a l’être humain de s’effondrer doucement, puis tout d’un coup.

    Je l’ai vu plusieurs fois. Et à chaque fois, il y a un moment précis où quelque chose se brise en moi. Pas la même scène à chaque visionnage. Parfois c’est le regard de Jim vers sa mère à travers la vitre. Parfois c’est l’écriture. Parfois c’est simplement le fait qu’il ait été beau, plein de promesses, et que ça n’ait servi à rien.

    Ce film me fait pleurer à chaque fois. Pas d’une larme polie. D’un chagrin un peu ancien, un peu personnel, qu’on ne sait pas toujours nommer.

    Ce que le film raconte — et ce qu’il tait à dessein

    On pourrait résumer l’histoire simplement : Jim Carroll, adolescent prodige du basketball dans les rues de New York, glisse vers l’héroïne et la prostitution avant de trouver une sortie par l’écriture. Ce serait exact. Ce serait aussi passer à côté de l’essentiel.

    Car ce que Scott Kalvert filme, ce n’est pas une histoire de drogue. C’est une histoire d’identité fracturée. Jim n’est pas un garçon qui fait de mauvais choix. C’est un garçon qui n’a pas les ressources pour faire face à ce que la vie lui impose — la perte, la violence du monde adulte, la solitude affective — et qui trouve dans le produit une façon provisoire de ne plus ressentir ce qui déborde.

    « Je voulais juste que tout s’arrête. Pas moi. Juste ce que je ressentais. »

    Jim Carroll, The Basketball Diaries

    Cette nuance est fondamentale. Elle distingue les récits de rédemption moralisateurs d’un film qui prend le parti de comprendre avant de juger.

    Leonardo DiCaprio : le garçon d’avant

    Il faut parler de DiCaprio. On ne peut pas ne pas en parler. À 19 ans, il livre quelque chose qui dépasse la notion de performance. Il n’y a pas de technique visible, pas de démonstration d’acteur. Il y a juste un corps qui se transforme, des yeux qui se vident par strates, une voix qui change de texture si progressivement qu’on ne sait pas exactement quand ça a commencé.

    Mais ce qui est réellement troublant chez lui dans ce film — ce n’est pas la déchéance. C’est l’avant.

    La façon dont il joue le garçon d’avant : le talent inné, l’avenir prometteur, cette lumière dans les yeux de quelqu’un qui ne sait pas encore ce qui l’attend. Ces scènes-là font déjà mal quand on connaît la suite. Elles font mal d’une façon particulière — parce qu’on sait, nous, spectateurs, ce que Jim ne sait pas encore. Et parce que cette lumière-là, on la reconnaît. On se reconnaît dedans.

    Ce que DiCaprio joue avec une justesse rare, c’est que la douleur était déjà là. Elle n’arrive pas avec la drogue. Elle précède. Elle attend. Elle cherchait juste quelque chose qui l’apaise — et elle a trouvé. Le produit n’est pas la cause : il est la réponse à une question que Jim portait depuis longtemps sans savoir la formuler.

    Ce qui me trouble le plus dans ce film, c’est de me reconnaître si bien dans ce garçon d’avant. L’avenir prometteur, le talent qui semble évident, et en dessous — cette chose qui attend. Ces scènes du début me font pleurer autant que les scènes du fond, peut-être même davantage. Parce qu’elles montrent ce qu’on avait avant de commencer à se perdre. Et que cette version-là de soi, on ne sait pas toujours si on peut y revenir.

    Concept psychologique : l’effondrement progressif du Moi

    En psychologie clinique, on distingue l’effondrement aigu (crise visible, rupture brutale) de l’effondrement progressif — une érosion lente de l’estime de soi, des ressources, du sens. Jim Carroll illustre le second. Sa descente n’est pas spectaculaire au départ. Elle est discrète, presque douce. C’est ce que DiCaprio joue avec une justesse rare : le moment où quelqu’un commence à se perdre sans le savoir encore.

    La scène de la porte

    Je suis incapable de voir ce passage sans pleurer. Je l’ai vu plusieurs fois. Ça ne change pas. Jim derrière la porte vitrée, le visage contre le verre, qui supplie sa mère de le laisser entrer. Ce qu’il dit vient du fond. D’un endroit en dessous des mots, en dessous de la honte, en dessous de tout — quelqu’un qui ne voit plus la surface et qui tend quand même la main vers elle.

    Ce qui me brise dans cette scène, c’est que j’aurais pu en arriver là. Pas de la même façon. Pas avec les mêmes mots. Mais cette demande d’aide qui sort de quelqu’un qui ne sait plus comment remonter — ça, je connais ce que ça fait de l’intérieur. Et le voir mis en images avec cette précision-là est douloureux d’une façon qu’on ne choisit pas.

    DiCaprio ne joue pas un toxicomane.
    Il joue un enfant qui ne sait plus comment rentrer chez lui.

    Les relations : ce qu’on donne, ce qu’on perd, ce qu’on détruit

    La mère : l’amour comme frontière impossible

    La relation de Jim avec sa mère est l’une des plus douloureuses du film — précisément parce qu’elle n’est pas manichéenne. Sa mère l’aime. Profondément. Mais elle ne sait pas comment aimer un fils qui se détruit. Et dans cet écart entre l’amour ressenti et l’amour exprimé, Jim se retrouve seul avec le poids de sa propre perte.

    Ce mécanisme est typique des familles confrontées à l’addiction : l’épuisement émotionnel du proche finit par ressembler à du rejet. Ce n’en est pas. Mais pour l’enfant qui reçoit la porte fermée, la distinction n’existe pas.

    Mickey, Pedro, les autres : le groupe comme substitut affectif

    Les amis de Jim ne sont pas des mauvaises influences au sens populaire du terme. Ce sont d’autres adolescents en manque de structure, de repères, d’adultes fiables. Ils forment ensemble un groupe d’appartenance — ce que la psychologie sociale appelle une identité groupale de substitution — qui remplace progressivement les liens familiaux défaillants.

    Concept : addiction et appartenance

    Les recherches de Bruce Alexander sur le « rat park » ont montré que l’isolement social est un facteur de vulnérabilité majeur. Ce n’est pas le produit qui crée l’addiction : c’est le vide que le produit vient combler. Pour Jim, la drogue arrive au moment précis où les liens d’attachement se fragilisent. Elle ne remplace pas seulement la douleur — elle remplace le lien.

    Le journal : écrire pour survivre, ou survivre pour écrire

    Il y a un fil conducteur dans ce film qu’on ne remarque pas toujours au premier visionnage : le journal. Jim écrit. Depuis le début, depuis l’adolescence lumineuse, avant la chute. Il écrit dans les vestiaires, dans les marges, dans les moments volés. Et pendant la descente, il écrit encore — de façon plus erratique, plus urgente, presque désordonnée. Mais il écrit.

    C’est ce journal qui deviendra le livre, qui deviendra le film. Et cette boucle-là n’est pas anecdotique. Elle dit quelque chose de fondamental sur le rapport entre écriture et survie psychique.

    J’écris tout le temps. Partout. Des trucs désordonnés, dans les moments volés, dans les moments urgents. Des pages qui pourraient ressembler à ce que découvrent les parents d’un enfant qui vient de disparaître — un journal qu’ils ne savaient pas qu’il tenait.

    Pendant ma propre descente, il n’y avait qu’en écrivant que je me sentais exister. Pas pour être lue. Pas pour être comprise. Juste pour poser quelque chose sur une page et prouver que j’étais encore là. Ce journal, je veux qu’il devienne un livre. Et peut-être, un jour, un film. Parce que Jim Carroll m’a appris que ce qu’on écrit dans le noir peut finir par faire de la lumière pour quelqu’un d’autre.

    Le journal de Jim fonctionne comme un espace d’identité préservée. Même quand il n’est plus tout à fait lui-même, les mots gardent quelque chose — une continuité du « je » que la réalité extérieure ne lui offre plus. C’est peut-être la raison pour laquelle il survivra, là où d’autres ne survivent pas : il a continué de se raconter.

    Concept : l’écriture comme régulation émotionnelle

    James Pennebaker, psychologue américain, a conduit des recherches extensives sur les effets thérapeutiques de l’écriture expressive. Mettre des mots sur une expérience difficile permet de réorganiser cognitivement l’événement, de réduire la charge émotionnelle, et de créer une distance nécessaire entre le vécu brut et la narration qu’on en fait. Pour Jim Carroll, l’écriture n’est pas un hobby — c’est le seul espace où il existe à ses propres yeux. C’est aussi pourquoi il survivra.

    La mécanique de la descente aux enfers

    Ce qui me fascine — et m’affecte — dans la structure narrative de ce film, c’est la façon dont il représente l’addiction non pas comme une décision, mais comme un glissement. Il n’y a pas de moment où Jim choisit de devenir héroïnomane. Il y a une succession de petits pas, chacun logique dans le contexte de ce qui précède, qui mènent quelque part d’irréversible.

    C’est exactement comme ça que fonctionne la plupart des processus d’autodestruction : non pas une chute verticale, mais une pente douce qu’on ne reconnaît pas comme une pente. On normalise. On adapte. On minimise. Et quand on lève la tête, le sol d’avant est loin au-dessus.

    Concept : mécanismes de défense et dissonance cognitive

    Face à un comportement problématique, le psychisme mobilise des mécanismes de défense — rationalisation, minimisation, déni — qui permettent de maintenir une image cohérente de soi malgré des comportements qui la contredisent. Jim continue de se voir comme un basketteur, un écrivain, un garçon ordinaire — longtemps après que la réalité a divergé. Ce décalage est douloureux à observer. Il est aussi profondément humain. On ne se voit jamais tomber en temps réel.

    On ne se voit jamais tomber en temps réel. On sent la chute. Mais on ne l’aperçoit vraiment qu’une fois passée — quand on regarde en bas et qu’on réalise qu’on était là. Jim me montre moi au plus bas. Et cette reconnaissance-là, elle fait mal d’une façon particulière.

    Note personnelle

    Ce que le film réussit — et ce qu’il frôle sans franchir

    Ce qui touche juste

    La performance de DiCaprio — brute, sans filet

    L’absence de jugement moral : comprendre sans excuser

    La place donnée à l’écriture comme fil de survie

    La douleur déjà présente avant la drogue — rarement filmée aussi honnêtement

    La texture de New York en 1995 — sale, vivante, sans nostalgie

    Ce qui peut déranger

    Certaines scènes de violence frôlent le spectaculaire

    La résolution finale est rapide — presque trop propre

    Les personnages féminins restent en périphérie du récit

    L’axe prostitution aurait mérité plus de profondeur

    ★★★★☆
    Un film imparfait et inoubliable. L’un des portraits les plus honnêtes jamais filmés de ce que c’est que de se perdre — et de chercher, malgré tout, un chemin pour rentrer.

    Et toi ?

    Y a-t-il un film, un livre, un personnage dont la descente t’a touché·e non pas parce qu’elle était spectaculaire, mais parce qu’elle te rappelait quelque chose que tu connaissais déjà — de l’intérieur ?

    Addiction Identité Psychologie Leonardo DiCaprio Écriture thérapeutique Attachement Cinéma 1995
  • Thirteen — Revue psychologique du film | Automutilation, adolescence et vide intérieur | Maëva Paul

    Thirteen — Revue psychologique du film | Automutilation, adolescence et vide intérieur | Maëva Paul

    Revue de film — Drame · Santé mentale · Adolescence

    2025 — Maëva Paul

    Thirteen

    Automutilation, vide intérieur et pression des pairs — analyse psychologique du film de Catherine Hardwicke

    Réalisatrice Catherine Hardwicke
    Année 2003
    Genre Drame
    Acteurs Evan Rachel Wood · Holly Hunter · Nikki Reed
    Durée 100 minutes
    Où regarder Disney+ · YouTube · Apple TV

    Synopsis

    Tracy a treize ans. À cet âge où l’on cherche désespérément à appartenir, à être vue, aimée, reconnue. Elle était une élève brillante, une adolescente discrète, presque transparente. Mais une rencontre va fissurer ce fragile équilibre.

    Evie, magnétique, libre et sulfureuse, incarne tout ce que Tracy n’est pas. Elle ouvre une porte — ou plutôt une faille — vers un monde où les excès deviennent des preuves d’existence : voler, consommer, se blesser, tester les limites de son propre corps.

    Thirteen est moins l’histoire d’une adolescence que celle d’une chute — brutale, précipitée — où chaque choix résonne comme un cri étouffé. C’est le portrait cru d’une jeunesse fragile, broyée par le besoin d’appartenir, et d’une mère qui, malgré tout, tend la main dans l’obscurité.

    Introspection

    À treize ans, Tracy a appris qu’on pouvait se brûler pour sentir quelque chose. J’ai avalé des soirs entiers pour anesthésier la douleur, j’ai fait de mon corps un champ de bataille, j’ai affronté ma mère comme si elle était le visage du monde entier.

    Il y avait cette colère sourde, permanente, comme un moteur clandestin qui ne s’arrêtait jamais. Contre ma mère surtout — non pas par haine, mais parce que je voulais un miroir, un repère, et chaque fois que je la regardais, je voyais mes blessures, mes peurs, mes insécurités.

    Je croyais qu’en me détruisant,
    j’allais combler le vide,
    ou faire taire le hurlement intérieur.

    Je n’étais pas Tracy, mais j’aurais pu l’être. Thirteen n’est pas un film pour moi — c’est un miroir fissuré dans lequel je me retrouve encore. Ce besoin d’aller trop loin, trop vite, pour oublier que j’étais jeune et que j’étais déjà en train de me perdre.

    Quand je regarde Thirteen, je ne vois pas seulement Tracy.
    Je vois des éclats de moi à treize ans, seize ans, vingt ans.
    Je revois la chambre fermée à clé, les nuits brouillées,
    les marques sur ma peau comme des messages que personne ne savait lire.

    Mais en même temps, je vois quelque chose d’autre. Je vois une mère qui tend la main, même maladroitement. Je vois une adolescente qui, malgré tout, veut encore être aimée, reconnue, sauvée. Moi, j’écris ces lignes parce que j’ai survécu à mes propres spirales.

    Automutilation : comprendre ce geste silencieux

    Dans le film, Tracy se coupe pour évacuer une souffrance trop lourde. L’automutilation est une façon de reprendre le contrôle, de transformer une douleur invisible en une cicatrice concrète. Ce n’est pas un simple « appel à l’attention » : c’est un moyen, souvent secret, d’exprimer une souffrance qui ne trouve pas d’autres mots.

    Données Les études montrent qu’environ 15 à 20 % des adolescents ont fait l’expérience de l’automutilation à un moment donné. C’est souvent une pratique cachée, honteuse, mais très réelle.

    Pourquoi certaines personnes se mutilent-elles ?

    Reprendre le contrôle Quand l’émotion devient trop forte, la douleur physique donne l’impression de redevenir maître de soi.
    Transformer l’invisible en tangible Rendre visible ce qui est trop abstrait ou trop lourd à porter. La cicatrice existe — donc la douleur existe.
    Chercher un soulagement immédiat La blessure entraîne parfois une sensation de relâchement, un apaisement temporaire dû à des réactions neurobiologiques.
    Exprimer ou punir Punir son corps pour des pensées de honte, de culpabilité, d’échec. Exprimer un mal-être sans mots.

    Les sentiments liés à l’automutilation

    Sentiment Description Ressenti
    Nécessité / Urgence L’automutilation est perçue comme un moyen immédiat de soulager une douleur psychique intense. « Si je ne le fais pas maintenant, je vais exploser. »
    Contrôle Permet de reprendre une forme de pouvoir sur soi quand tout semble échapper. « C’est la seule chose que je maîtrise encore. »
    Soulagement temporaire Une libération qui apaise quelques minutes, mais qui ne règle rien en profondeur. « Ça me calme… pour un instant. »
    Culpabilité / Honte Un sentiment envahissant après l’acte, renforçant le cycle de douleur et de silence. « Pourquoi je fais ça ? Je suis faible. »
    Isolement Conviction que personne ne peut comprendre, d’où le secret et la solitude renforcés. « Je ne peux pas en parler, ils me jugeraient. »
    Appel muet Même cachée, elle traduit souvent un désir profond d’être entendu et compris. « J’aimerais qu’on voie que je ne vais pas bien. »
    Infographie — Le cycle de l'automutilation — analyse psychologique du film Thirteen — Maëva Paul

    Le cycle de l’automutilation — douleur, soulagement, honte et isolement

    Illustration de l'automutilation et ses effets émotionnels dans le film Thirteen — soulignant la douleur intérieure — Maëva Paul

    Tracy se mutile pour apaiser sa douleur — Thirteen

    À la recherche de soi : l’influence des pairs

    À 13 ans, Tracy cherche à appartenir. Evie devient son modèle, son miroir déformant. L’adolescence est une période où l’identité se construit beaucoup par le regard des autres. La pression sociale peut pousser à adopter des comportements dangereux pour être accepté.

    On se cherche dans le regard des autres,
    mais qui sommes-nous vraiment ?
    Adolescent devant un miroir fragmenté en plusieurs visages — identité fragmentée — analyse Thirteen — Maëva Paul

    Le miroir fragmenté — identité et pression des pairs

    Identifier les signes d’influence nocive

    Changement brutal de personnalité Rupture soudaine avec les habitudes, les valeurs et les amis habituels.
    Isolement progressif L’adolescent s’éloigne de son entourage de confiance pour rejoindre un nouveau groupe.
    Comportements dangereux pour appartenir Acceptation d’actes risqués pour « faire partie du groupe » — alcool, drogue, vol, automutilation.
    Anxiété et culpabilité après certaines expériences Malaise ressenti après les actes, mais impossibilité de s’arrêter par peur du rejet.
    Groupe d'adolescents avec comportements à risque — pression des pairs — analyse Thirteen — Maëva Paul

    La pression du groupe — cigarettes, alcool et comportements à risque

    Pictogrammes illustrant les signes d'influence nocive — changement de comportement, isolement, anxiété — Thirteen — Maëva Paul

    Les signes d’une influence nocive chez les adolescents

    Chemin lumineux avec silhouettes aidant un adolescent — prévention et accompagnement — Thirteen — Maëva Paul

    Prévenir et accompagner — créer des espaces d’échange sans jugement

    Rapport au corps et sexualisation précoce

    Le film montre la manière dont Tracy utilise son corps pour exister, séduire, choquer. La sexualisation précoce désigne le fait qu’un adolescent est exposé ou incité à adopter des comportements sexuels avant d’être prêt émotionnellement et physiquement.

    Image corporelle distordue Obsession du paraître, rapport douloureux au corps — outil de reconnaissance sociale plutôt qu’espace habité.
    Honte et culpabilité Confusion entre affection, sexualité et estime de soi. Le corps devient source de conflit intérieur.
    Double pression Vouloir plaire aux amis et se conformer à des standards imposés trop tôt. Le corps comme outil de survie sociale.
    Silhouette d'adolescente avec fragments colorés représentant regards et jugements — rapport au corps — Thirteen — Maëva Paul

    Regards, jugements et pressions — le corps comme miroir social

    Silhouette sombre enchaînée représentant culpabilité, honte et anxiété liées au corps — Thirteen — Maëva Paul

    Culpabilité, honte et anxiété — quand le corps devient une prison

    La relation mère-fille

    Dans Thirteen, la relation entre Tracy et sa mère Melanie est centrale. Elle se joue dans une tension permanente : l’amour évident mais maladroit d’une mère qui tente de sauver sa fille, et la colère, la fuite, l’opposition d’une adolescente qui cherche à exister par elle-même.

    L’envie de se détacher Exister par soi-même, échapper au regard maternel ressenti comme une surveillance.
    La confrontation comme langage La colère comme seule façon de dire « je souffre, vois-moi ». Les portes qui claquent, les insultes qui fusent.
    La quête d’amour derrière le rejet Chaque blessure auto-infligée est aussi une manière de tester l’amour maternel — jusqu’où ira-t-elle pour moi ?

    Dans la scène finale, quand Tracy touche le fond, c’est sa mère qui est là. Pas parfaite, pas toute-puissante, mais présente. À genoux, à côté d’elle. Et c’est peut-être le seul moment du film où Tracy peut lâcher prise et se laisser aller à ce qu’elle retient depuis le début : la douleur, le vide, le besoin d’être tenue.

    Silhouettes de deux femmes reliées par un fil rouge symbolisant la relation mère-fille dans Thirteen — amour et douleur — Maëva Paul

    Le fil rouge — mère et fille reliées malgré tout

    Colère et vide intérieur

    La colère comme mécanisme de défense Quand une personne se sent rejetée ou impuissante, la colère surgit comme un bouclier. Elle exprime une douleur profonde qu’on ne sait pas mettre en mots — une façon de dire « je souffre », même si elle prend la forme d’un cri.
    Le vide intérieur Ce creux permanent que rien ne suffit à remplir. Il naît d’un manque affectif, d’un sentiment de non-appartenance. Il entraîne une recherche constante de sensations fortes — mais il est insatiable.
    Quand colère et vide se rencontrent La colère vient couvrir le vide — mieux vaut exploser que ressentir l’absence. Après l’explosion, il ne reste qu’épuisement et culpabilité. Ce cycle peut devenir une prison émotionnelle.
    Illustration de la souffrance psychologique et du vide intérieur — colère et exploration littéraire — Thirteen — Maëva Paul

    Vide intérieur et colère — deux faces d’une même douleur

    Quand la fiction rejoint la réalité

    Il y a des films qui dérangent parce qu’ils ne se contentent pas de raconter une histoire : ils tendent un miroir. Thirteen fait partie de ceux-là. Ce que raconte ce film, ce n’est pas seulement la trajectoire d’une adolescente en perdition — c’est la mécanique implacable de souffrances réelles, vécues chaque jour par des milliers de jeunes.

    L’automutilation Pas qu’une mise en scène dramatique — une stratégie que beaucoup connaissent pour apaiser un chaos intérieur trop lourd. Dans le film comme dans la vie : suivie de culpabilité, mais aussi d’un soulagement fugace, presque vital.
    La colère Omniprésente, elle dit tout ce qu’on ne parvient pas à formuler autrement — la frustration, l’injustice, l’impression d’être enfermée dans une cage invisible.
    Le vide intérieur Cette faille béante qui pousse à chercher l’oubli dans les excès. Ce vide qui ne se comble jamais vraiment, mais qu’on tente d’anesthésier pour survivre au jour suivant.
    La relation mère-fille Tissée d’amour et de haine, de guerre et de dépendance. Dans Thirteen, malgré tout, c’est la mère qui reste. Ce lien indestructible, fait de présence plus que de compréhension.
    Derrière Tracy, il y a toujours quelqu’un.
    Quelqu’un qui existe vraiment.
    Quelqu’un qu’on connaît, ou qu’on a été.
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  • Avez-vous des addictions ? — Atelier d’écriture | Maëva Paul

    Avez-vous des addictions ? — Atelier d’écriture | Maëva Paul

    Atelier d’écriture — Santé mentale

    Juillet 2024 — Maëva Paul

    Avez-vous des addictions ?

    Explorer sans jugement ce à quoi on s’accroche pour tenir

    Aujourd’hui, il existe beaucoup d’addictions différentes : celles aux drogues douces, dures, légales ou illégales, aux jeux vidéos, au sexe, et tout un tas d’autres. Pensez-vous avoir été gagné par l’une d’entre elles ?

    N’ayez pas peur de dire la vérité sur la véritable identité de vos addictions. Si vous les cachez, ne serait-ce qu’à vous-même, profitez de ce lieu pour vous les avouer. Personne ne vous blâmera ici — vous êtes un humain.

    Une addiction n’est jamais juste une mauvaise habitude.
    C’est souvent une réponse à quelque chose
    qu’on n’a pas encore trouvé d’autre façon de traverser.

    La véritable identité de mes addictions

    Maëva Paul — témoignage

    Les addictions font partie intégrante de ma vie. Peu importe dans quoi je me lance, je m’y lance si fort que ça en devient très rapidement addictif. Parfois cela est bon pour ma santé, mais parfois ça peut être très mauvais.

    Quand j’étais plus jeune je m’étais lancée à fond dans le sport — je comptais les heures, j’en faisais toujours plus. Je travaillais à la piscine de ma ville alors j’en profitais pour m’entraîner, puis je repartais pour l’escalade, plus d’une heure de vélo pour y aller et je grimpais au moins deux heures avant de repartir. Tout était réfléchi pour faire le plus de sport possible.

    Peu à peu, j’ai commencé à remplacer cette addiction saine par des plus mauvaises pour moi. Mais le truc avec moi, c’est que chaque addiction semble m’appeler. Je sais que si la proposition venait, je n’aurais su dire autre chose que « oui ». Mes addictions restent limitées par mon budget — et je réfléchis en permanence à comment les remplacer par des activités plus saines.

    Des drogues, j’en ai testé pas mal — par curiosité, comme souvent chez moi.
    Et j’affirme toujours autant les avoir aimées.
    Je ne sais pas si je dois m’en excuser,
    ou juste accepter que ça fait partie de ce que je suis.

    Collaboration — La Diction Libre

    J’ai également parlé de mes addictions en collaboration avec le compte Instagram @ladictionlibre — retrouvez cette conversation ici :

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