Chronique lecture

Liberté, visas pour un monde ouvert

Deux cents voix, un seul mot, et rien de figé à l’intérieur.

Anthologie établie par Bruno Doucey & Ariane Lefauconnier Dessins de Serge Bloch Éditions Bruno Doucey / Printemps des Poètes 22 €
En bref

Il y a des livres qu’on ouvre pour se rassurer, et des livres qu’on ouvre pour se faire déranger. Celui-ci appartient sans détour à la seconde catégorie.

Douze sections, plus de deux cents poètes, des voix traduites de l’arabe, du coréen, de l’ukrainien, du persan, à côté de plumes françaises déjà bien installées.

J’ai acheté ce livre presque par réflexe, en librairie, sans savoir encore ce qui m’attendait. Je l’ai ouvert une après-midi d’été où je n’avais rien à faire, et je suis restée bien plus longtemps que prévu, à annoter, à corner des pages, à relire deux fois certains vers pour être sûre d’avoir bien compris ce qu’ils me faisaient. Et j’ai terminé ce livre quelques heures plus tard.

Ce n’est pas un livre qu’on referme tranquille. C’est un livre qui, poème après poème, refuse de laisser le mot liberté redevenir une évidence. Il y a des textes qui cognent, d’autres qui chuchotent, d’autres encore qui choisissent le rire pour dire ce que le sérieux n’arrive plus à porter. J’ai eu envie de vous en parler autrement qu’en résumant chaque section dans l’ordre du sommaire — plutôt en suivant les fils qui, pour moi, traversaient tout le recueil.

Le Printemps des Poètes, en quelques mots

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore la manifestation : le Printemps des Poètes existe depuis 1999, pensé dès l’origine comme un événement participatif pour redonner à la poésie une place vivante dans l’espace public — écoles, bibliothèques, librairies, gares, rues. Chaque édition choisit un thème qui irrigue toute la programmation de l’année.

Ce livre accompagne la 28e édition, placée sous le signe de « La liberté. Force vive, déployée », dirigée par Linda Maria Baros et marrainée par Isabelle Adjani. Un thème qui, cette année plus qu’une autre, résonnait fort avec l’actualité internationale.

Édition 28e édition
Thème 2026 La liberté. Force vive, déployée
Dates 9 – 31 mars 2026
Marraine Isabelle Adjani
Livre en librairie 23 janvier 2026

Le bilan de cette 28e édition est d’ailleurs impressionnant : plus de 20 millions de personnes touchées, dans 44 pays, avec notamment trois anthologies publiées en partenariat — dont celle-ci — pour un total de 254 poètes mis à l’honneur.

La prochaine édition se prépare déjà. Le Printemps des Poètes 2027 se tiendra du 8 au 31 mars, avec pour point d’ancrage la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris, autour d’un nouveau thème : « La poésie : zones d’action ». Une manière d’affirmer que le poète n’est jamais passif — que l’écriture est aussi une façon d’agir sur le monde, qu’il s’agisse d’éducation, d’environnement, de démocratie ou simplement d’intime.

Édition 2027 29e édition
Thème La poésie : zones d’action
Dates 8 – 31 mars 2027
Ancrage Bibliothèque de l’Arsenal, Paris

Le corps entravé, le corps qui se venge

Il y a une violence très concrète dans plusieurs de ces textes. La liberté n’y est jamais une abstraction posée en préambule d’un discours ; elle se loge dans les poignets, dans les yeux bandés, dans les tympans qu’on brise pour empêcher d’entendre. On ne parle pas ici de liberté comme d’un droit, mais comme d’une sensation qu’on redécouvre au moment précis où elle nous est arrachée.

Bernard Friot construit son poème comme une lente prise d’otage, phrase après phrase — une corde, des menottes, un bâillon, un bandeau — jusqu’à ce mot qui finit par s’écrire tout seul derrière les paupières closes, en lettres aveuglantes : L.I.B.E.R.T.E. C’est un texte court, presque une chute de nouvelle, et c’est précisément cette brièveté qui lui donne sa force de frappe.

Lisette Lombé choisit un rythme opposé — une scansion essoufflée, une accumulation d’interdits qui claquent comme des ordres militaires (interdit de te maquiller, de rire à gorge déployée, de te décolleter) avant de se retourner brutalement en désir assumé, en refus pur et simple de la liste dressée par le padre. Le poème ne demande pas la permission. Il la prend, et il le fait savoir.

Et puis il y a Aurélia Lassaque, qui choisit l’inverse absolu de l’accumulation : la sobriété la plus nue pour parler des féminicides. Des prénoms, des numéros dans un registre glaçant, une statistique rappelée en toute fin de poème comme on referme un dossier qu’on n’aurait jamais dû avoir à ouvrir. Ici, la liberté est volée, à celles à qui on ne pourra jamais la rendre, à celles qui ne sont plus là pour la réclamer.

Extraits photographiés
Poème Tu as noué une corde de Bernard Friot, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Bernard Friot — Tu as noué une corde…
Poème Brûler de Lisette Lombé, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Lisette Lombé — Brûler
Poème Sur mesure d'Aurélia Lassaque, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Aurélia Lassaque — Sur mesure

Corps loués, corps qu'on discute au conditionnel

Patrice Luchet choisit une forme presque théâtrale — un débat de comptoir mis en vers libres, avec ses répétitions, ses hésitations, son vocabulaire qui glisse d'un registre à l'autre — pour interroger la GPA à travers les inégalités sociales qu'elle recouvre. D'un côté une jeune fille qui "prête vend donne" son corps pour de l'argent, faute d'autre choix ; de l'autre un couple, Valérie et Pierre, qui a les moyens de louer un appartement vue sur mer en Corse pendant que la grossesse suit son cours ailleurs, "peu surveillée".

Le refrain qui structure tout le poème — ce jeu de bascule entre c'est beau, c'est formidable et c'est moins beau, c'est moins formidable selon qui porte l'enfant et qui en profite — dit tout sans jamais trancher. Luchet ne conclut pas, il expose, il laisse la question ouverte comme une gifle silencieuse. C'est un des textes les plus dérangeants du recueil, précisément parce qu'il refuse le confort d'une position claire. On referme la page avec plus de questions qu'en l'ouvrant, et c'est sans doute exactement ce qu'il cherchait à provoquer.

Extraits photographiés
Poème Et ça vous en dites quoi de ça de Patrice Luchet, page 1, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Patrice Luchet — Et ça vous en dites quoi de ça (1/3)
Poème Et ça vous en dites quoi de ça de Patrice Luchet, page 2, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Patrice Luchet — Et ça vous en dites quoi de ça (2/3)
Poème Et ça vous en dites quoi de ça de Patrice Luchet, page 3, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Patrice Luchet — Et ça vous en dites quoi de ça (3/3)

Ce que la guerre ne finit jamais

Nasser Rabah ouvre ce fil avec un texte inédit, traduit de l'arabe (Palestine) par Hala Mohammad et Bruno Doucey. Le poème s'ouvre sur les obus qui suivent "comme un chien fidèle", et sur ce voisin ennuyeux qui raconte ses blagues de mauvais goût — presque une respiration absurde au milieu du reste. Mais le cœur du texte est ailleurs : c'est le fils qui devient, aux yeux du père, comme un "ancien voisin". La guerre ne lui a pas seulement pris son insouciance, elle lui a retiré jusqu'à la possibilité d'être un enfant — l'ogre des contes n'est pas une figure lointaine à apprivoiser un jour, il est réel depuis toujours, présent dès les premiers souvenirs. "Je cours toujours, père, je continue de courir / seul dans une course folle" : il n'y a plus d'âge pour ce garçon, seulement la fuite. Et la dernière strophe referme le poème sur un constat plus terrible encore que la mort elle-même — un cœur vidé, sans pardon, sans amour, et privé même de la haine qui aurait au moins permis de "finir ce poème".

Fabienne Swiatly choisit à l'inverse l'épure et l'éloignement volontaire. Sa nageuse marche deux heures le long de la Baltique, croise des cygnes imperturbables, met 1500 kilomètres entre elle et "ceux qu'elle dit être ses proches". Nager seule devient une manière de désirer l'eau pour effacer autre chose, jusqu'à cette "abyssale tentation" de ne plus jamais se retourner. Mais le poème ne s'arrête pas là où on l'attendrait. Face à la mer qui "boit le ciel", face à cette nageuse réduite à un point invisible sur la carte, quelque chose se joue et se dénoue en quelques vers à peine : "décider le demi-tour". Ce n'est pas un renoncement. C'est un choix, aussi silencieux que la tentation qui le précède, celui de revenir vers la vie plutôt que de s'y soustraire. La dernière ligne, "Quelque chose aurait pu avoir lieu", ne referme rien — elle laisse la possibilité intacte, suspendue, comme un souffle qu'on retient sans savoir s'il faudra un jour le relâcher. C'est peut-être ça, la liberté dans ce poème : pas l'acte, mais la possibilité qu'il reste ouverte.

Bruno Doucey retrace en quelques strophes le basculement d'une enfance où les mots roulaient comme des coquillages — un jeu de devinettes tendre entre un adulte et un enfant, Ange devenu Nage, Rose devenue Oser — vers un présent où l'ivresse des mots devient interdite, où même écouter de la musique fait courir le risque d'être "transformé en singe ou en cochon". Mais c'est la toute fin du poème qui frappe le plus fort. Quand il a dit Coran, j'ai répondu Narco : le jeu de mots d'enfant, ce même geste de langage qui autrefois ouvrait sur le rire et l'envol, se referme brutalement sur un regard qui toise, qui juge, qui condamne. Il n'y a plus d'éclat de rire à la fin de cette strophe, seulement "le poison des trafiquants du jour" lu sur des lèvres devenues hostiles. Le poème ne dit jamais explicitement ce qui a changé entre les deux enfances — celle qui invente et celle qui se tait — mais le glissement est là, tout entier contenu dans ce dernier vers : la parole libre, autrefois complice, est devenue un délit qu'on soupçonne avant même qu'il soit prononcé.

Frédéric Jacques Temple prend un angle plus large, presque cosmique, avec "Sirventès" : un dieu qui s'étonne lui-même de la laideur de sa création, des hommes qui sillonnent le monde entier, "sourds aux battements du cœur de la terre", et qui se hâtent vers leur propre naufrage dans la plus totale indifférence. Un texte bref, presque sec, qui referme cette section sur un constat sans consolation.

Extraits photographiés
Poème La guerre n'en finit pas de Ketty Nivyabandi, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Nasser Rabah — La guerre n'en finit pas
Poème Nager Seule de Fabienne Swiatly, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Fabienne Swiatly — Nager Seule (extrait)
Poème Les poèmes de Douce Ybroun de Bruno Doucey, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Bruno Doucey — Les poèmes de Douce Ybroun
Poème Sirventès de Frédéric Jacques Temple, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Frédéric Jacques Temple — Sirventès

Résister, mais ensemble

Gaëtan Lecoq file la métaphore du cheval cabré sur toute la longueur de son poème, "Ensemble" — une ruade "écervelée", tête baissée, qui ne retient ni les larmes ni les coups ni les fleurs. Ce qui pourrait rester une image solitaire se transforme vite en promesse collective : "Certitude qu'à sa ruade se joindront d'autres ruades." Troubadours, intrépides, philosophes, révoltés et sages, tous finissent par se rassembler, "épaules contre épaules, haleines emmêlées", dans un même élan de délivrance. Le poème ne cherche pas à rassurer sur l'issue du combat — il affirme simplement qu'un seul cœur partagé suffit à ouvrir le monde, et que c'est précisément cette mise en commun, ce risque pris ensemble, qui rend la peur secondaire.

Louise Giovannangeli choisit une tout autre matière : le rythme haletant, presque sans ponctuation, d'un texte qui semble écrit d'une traite. Le train y devient l'image centrale — celui qu'on prend "comme on s'endort sans savoir si demain", celui qu'on ne peut pas arrêter parce que "si on s'arrête, le monde s'arrête". Il y a quelque chose d'urgent et d'un peu vertigineux dans cette écriture qui refuse de reprendre son souffle, jusqu'à la chute, sèche et sans appel : sans nos cœurs, sans notre sang, sans nos poings levés, il n'y a "ni lendemains, ni liberté". Deux poèmes, deux styles opposés, mais une même conviction : la liberté ne se conquiert jamais seul.

Extraits photographiés
Poème Ensemble de Gaëtan Lecoq, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Gaëtan Lecoq — Ensemble
Poème On monte dans le train de Louise Giovannangeli, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Louise Giovannangeli — On monte dans le train

Dire malgré tout — et parfois, en riant

La dernière section du livre porte un titre qui pourrait résumer tout le recueil : On ne peut plus rien dire — Mais si !
Michel Baglin y mène un texte tout en tension contenue contre les dogmes et la censure religieuse. Il ne s'attaque pas à la foi elle-même, mais à ce qu'elle devient quand elle se referme sur la peur — "Des misérables avilissent l'amour et la vie" — et distingue avec soin le respect dû aux personnes du refus des soumissions imposées : "le respect humain est dû à la personne, / pas à son credo, ses opinions, ses utopies." Le poème se termine sur une pirouette presque ironique, une hypothèse théologique retournée contre elle-même : si dieu existait vraiment, il serait, "de toute éternité, du côté des esprits critiques, / des rebelles, des insoumis, / des mécréants."

Susie Morgenstern choisit un tout autre ton. Son poème, bilingue, construit en diptyque français-anglais, affronte l'idée du pire avec une légèreté délibérée et presque espiègle — chaque vers accompagné, entre parenthèses, d'un contrepoint qui vient nuancer ou ironiser sur ce qui précède. "Car vivre c'est vachement bon / (Si on possède l'art de ce don)". La version anglaise qui suit n'est pas une simple traduction : elle prolonge le texte, le complète, avec ce conseil presque enfantin adressé à qui traverse une mauvaise passe — "you're not in a hearse!" C'est une respiration bienvenue dans un recueil qui ne s'épargne pas la gravité, et peut-être la preuve la plus convaincante que la liberté peut aussi se loger dans le rire qu'on s'autorise malgré tout.

Extraits photographiés
Poème Si dieu existait de Michel Baglin, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Michel Baglin — Si dieu existait
Poème Ça pourrait toujours être pire de Susie Morgenstern, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Susie Morgenstern — Ça pourrait toujours être pire

Ce qu'on tait

Orianne Papin écrit la maladie non pas comme un événement, mais comme un lieu qu'on finit par habiter, et ce lieu n'a rien d'un refuge. Le poème s'ouvre sur cette réversibilité vertigineuse : avant, on habitait la vie ; puis il a fallu déménager, "habiter dans le médicament / qui était vivre dans la vie mais de plus loin qu'avant". Le médicament n'est pas ici un simple traitement, c'est une nouvelle adresse, un déplacement du réel lui-même — on continue d'exister, mais depuis un endroit qui n'est plus tout à fait soi. La suite du texte va plus loin encore : "et puis / même dans le médicament", comme si l'éloignement se répétait à l'infini, comme si chaque strate de soin ouvrait sur une distance supplémentaire avec ce qu'on était avant d'être malade.

La maladie elle-même est décrite en une série d'adjectifs qui s'effondrent les uns sur les autres — "transparente / invisible / vide" — jusqu'à cette formule terrible : elle est "ces creux de rien / à l'endroit où / hier / il y avait tout." Ce n'est pas seulement une perte, c'est un vide qui prend la place exacte de ce qui existait, un blanc qui efface plutôt qu'il ne manque. Et le poème ne cache rien de la brutalité de la sécurité perdue — "il n'y a plus eu de sécurité" — ni de ce compte de larmes presque comptable, "j'ai donné 40 larmes / pour tout ce qui s'effondre", jusqu'à cette phrase qui dit, sans détour, le point de bascule : "je sais le dernier endroit possible / quand il ne reste plus nulle part où vivre." C'est un texte qui ne cherche pas à adoucir ce qu'il décrit. La promesse finale du hamac qu'on retendra un jour "dans le jardin du monde" n'efface rien de ce qui précède — elle tient malgré tout, fragile, comme la seule chose qu'il reste à tenir.

Samantha Barendson choisit un regard tout aussi tendre, mais tourné vers la vieillesse. Ses personnages ont "perdu leur timidité" et parlent à qui veut bien les entendre, s'inventent des amnésies pour qu'on continue de leur parler encore un peu. Le poème ne s'attarde pas sur la pitié — il s'attarde sur le manque de temps, sur cette impossibilité presque quotidienne de rester : "Leurs histoires demeurent inachevées / car je dois les quitter pour continuer ma route." Il faudrait, dit le texte, avoir "le courage de ne pas descendre du bus", l'audace de s'arrêter au café pour les laisser aller au bout de leurs récits. Ce courage-là, minuscule et pourtant immense, n'est presque jamais pris — et c'est peut-être ce regret discret qui rend ce poème si juste.

Extraits photographiés
Poèmes d'Orianne Papin, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Orianne Papin — Pendant que je rêvais...
Poème J'aime les personnes âgées de Samantha Barendson, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Samantha Barendson — J'aime les personnes âgées

Ce qui frappe, en refermant Liberté, visas pour un monde ouvert, c'est à quel point le mot du titre change de visage selon qui l'écrit. Corde et menottes chez Friot, statistique glaçante chez Lassaque, corps loué chez Luchet, enfance volée chez Nasser Rabah, demi-tour salvateur chez Swiatly, ruade collective chez Lecoq, éclat de rire chez Morgenstern, hamac promis chez Papin. Aucun de ces poèmes ne prétend épuiser la question. Ensemble, ils dessinent une cartographie bien plus honnête que n'importe quelle définition — une liberté qui se conjugue au pluriel, qui se perd, se reprend, se partage, et qui, parfois, tient à un seul vers laissé en suspens.

Dessin de Serge Bloch annoté, ouverture de la section On ne peut plus rien dire, anthologie Liberté visas pour un monde ouvert
Serge Bloch — ouverture de la section « On ne peut plus rien dire — Mais si ! »

Un livre à lire par fragments, à relire à voix haute, et à offrir à quiconque pense encore que la poésie contemporaine n'a rien à dire sur le monde tel qu'il va.

Mon livre
Les pensées derrière la chute

Si les mots de cette anthologie vous ont touché·e, retrouvez les miens dans mon livre, disponible sur le site du Lys Bleu Editions et sur Amazon, Fnac, Cultura...

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Mae Paul

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