Les mots s’accumulent
Parfois comme un fardeau, parfois comme une délivrance.
Ces pages ne sont pas des réponses. Elles sont des éclats.
Et vous ?
Vos mots aussi ont une place
Si un texte brûle en vous, si quelque chose résonne dans l’ombre — envoyez-le. Il pourrait trouver sa place dans les textes des lecteurs.
Textes des lecteurs— Poèmes —
Mal au cœur
J’ai mal au cœur, Il y a comme une masse qui tombe dessus. J’ai mal au cœur, Les battements s’accentuent. Il faut que je respire, Mais le poids est trop lourd. Il faut que je respire, Mais mon cœur me joue des tours.
Maëva Paul
Parfois je souris pendant longtemps
Parfois je souris pendant longtemps, Mais à l’intérieur ça crie légèrement. Alors quand je me mets à hurler à la mort, Je perds le contrôle de mon corps, Et tout devient trouble, Tout devient sombre. C’est noir, très noir, Et au fond il y a cet enfant que tout ça effraie, Cet enfant pour qui c’est trop, Qui hurle pour que tout ça cesse. Alors que l’un a peur, L’autre ne voit plus rien. Même sans pleurer il a la vue brouillée.
14 mars 2026 — Maëva Paul
Partout dans la rue
Partout dans la rue, des regards. Certains perdus, D’autres hagards, Et quelques rares pleins d’espoir. Souvent des enfants, Rarement des adolescents. Et les adultes sont bien trop happés par leurs histoires. C’est pas pour rien qu’on appelle ça les histoires d’adultes. Elles sont bien trop ennuyeuses pour sourire. Et regardez ce qui en résulte : Des humains qui veulent mourir. On veut les sauver alors on les enferme, Pour éviter qu’ils ne se tuent. Mais ils attendent de pied ferme, Parce que lorsqu’on croit à l’usure les avoir eus, Ils sont en réalité devenus fous. En réalité on leur a seulement retiré l’espoir.
2024 — Maëva Paul
Pensée nocturne
Chaque soir quand je traverse la rue pour rentrer, Je ne pense pas à regarder, Puis je me dis que peut-être une voiture va passer. Elle me fauchera et tout se bousculera.
Maëva Paul
Peut-être que suffirait une lettre
Je vous lis ce texte avec un grand mal-être, Mais peut être que suffirait une lettre, Pour vous faire oublier qu’avec les fous je ris, Et qu’avec eux toutes les lubies prennent vie. Je n’ai jamais eu d’objectif, Mais face à n’importe quelle alerte je reste vif. Car ni homme ni femme je suis. Pour vous un piège je reste.
Maëva Paul
Fissure de l’être
La fissure dans mon être s’exprime peut-être par une lettre Alors à moi qui passe mon temps à paraître : Paraître forte, paraître en forme, paraître aller bien. J’écris aujourd’hui pour recoller les fissures, Pour te dire comme je devrais le faire avec moi, Que même si tu atteins ton point de rupture, Il y a encore beaucoup de ressources en toi. Ces fissures t’ont blessée, Mais elles ne pourront pas disparaître, Alors tu dois continuer d’avancer, En faisant de ton mieux pour préserver ton bien-être. Ces fissures font désormais partie de ton être, Mais elles ne t’empêchent pas de chercher le bonheur pour la suite de ton chemin, Arrête de toujours vouloir paraître, Que tu vas vraiment bien.
Maëva Paul
Un plateau vide qui me regarde
Il y a 10 ans j’ai arrêté de manger quand j’allais à la cantine, Un plateau vide qui me regarde, Mais je ne dois pas baisser ma garde, Cette relation est bien plus qu’enfantine. Il y a 10 ans j’ai commencé à compter les grammes tous les matins, Je les voyais tous les jours Et un jour j’ai décidé de les retenir dans mon coin, Et c’est resté pour toujours. Il a fallu que je retrouve mon poids d’il y a 10 ans pour me sentir mieux, Mais pourtant on me dit d’arrêter. Mais je ne peux pas m’empêcher, De me priver de tout aliment trop copieux.
1 avril 2026 — Maëva Paul
La lucidité d’un vieux de 80 ans
Dès le premier soir, J’ai broyé du noir. Et dès le deuxième J’ai profité quand même. J’ai inventé un personnage, Le temps d’un instant, Que j’ai apprécié prolonger un moment. Mais même si je ne fais pas mon âge, J’enchaîne les conneries comme si j’avais 15 ans, Mais j’ai le regard et la lucidité d’un vieux de 80 ans.
13 avril 2026 — Maëva Paul
L’enfer c’est pas la drogue
L’enfer c’est pas la drogue, L’enfer c’est de ne pas savoir imaginer sa vie sans, L’enfer c’est de ne pas se voir vivre longtemps, L’enfer c’est de se voir s’autosaboter, L’enfer c’est de dépenser tant qu’on peut, et même quand on ne peut pas, L’enfer c’est de ne penser qu’à se droguer en permanence, L’enfer c’est d’aimer la drogue. L’enfer c’est pas la drogue, L’enfer c’est d’avoir le corps tremblant, L’enfer c’est de s’abandonner, L’enfer c’est de vivre, L’enfer c’est de se sentir si mal, L’enfer c’est de perdre toute hygiène de vie, L’enfer c’est l’état de manque, L’enfer c’est les redescentes, L’enfer c’est la parano, L’enfer c’est les idées suicidaires, L’enfer c’est de se droguer pour se tuer.
23 mai 2026 — Maëva Paul
Cacher ces marques qui me sont intimes
J’ai passé 10 jours en t-shirt, Pour apprécier les températures Et m’habiller avec ces vêtements que j’aime tant. L’été arrive. Je vais retourner travailler, Sauver des vies, Marcher le long de la piscine. Et pour éviter les questions Remettre mes manches. Pour ne pas être illégitime, Je vais cacher ces marques qui me sont intimes.
1 juin 2026 — Maëva Paul
L’enfer est de retour
À peine arrivée, Les larmes ont coulées. Plus d’intimité, Et j’ai même pas le droit de me tuer. Je dois rester en vie pour leurs beaux yeux, Mais je m’éteins à petit feu. L’enfer est de retour, Plus aucune trace d’amour. Rien que de la peine et des larmes, Je regrette de ne pas avoir d’armes.
22 juin 2026 — Maëva Paul
Cache-cache
Cache-cache, ça fait mal Tout le monde m’ignore. Je suis au centre du bal Et pourtant je devrais être dans l’ombre. Je pleure ou j’ai peur ? Au revoir, le spectacle s’arrêtera bientôt. Tout ça n’est qu’un long mensonge, Je somnole bien trop tôt. En réalité mes pleurs traduisent Ce qui m’effraie, Alors pourquoi cette question m’effraie ? Toute façon je ne pleure pas et Plus aucune peur ne sera écoutée. Que faire de cette union ? J’ai eu peut-être Un message à faire passer, Dans un élan de lucidité, Je me suis demandée Pourquoi tant tenir à la vie, Qu’a-t-elle en elle pour Qu’on refuse que cela soit fini ? On dansera sous la pluie, Appelant le soleil, Mais avant qu’il arrive on Dansera sous la pluie, Jusqu’à ce qu’il arrive une merveille. Et je ne sais plus ce que j’ai vécu.
Maëva Paul
Derrière le voile
Derrière le voile, Se cache une étoile. Bonne ou mauvaise, Qui sait ? Les supernovas explosent, Celle-là va-t-elle exploser ? Supernova ou étoile filante ?
30 janvier 2026 — Maëva Paul
Pourquoi je suis comme ça
Je sais pas ce que je dois écrire, ni comment. Pourquoi je suis comme ça ? J’ai juste laissé ma main trembler sur le papier. Pourquoi ; elle n’aurait pas le droit ? Hein ma main, pourquoi tu devrais tant rester stoïque. Tu as le droit de trembler moi ; je t’y autorise. Tremble, vas-y, n’aie pas peur, il ne va rien t’arriver. Tu peux te laisser aller à être mal, c’est rien. Rien n’est grave, relax un peu. Tu vois, ça calme au final non ? On n’est pas un peu mieux là ?
Maëva Paul
Tout le monde a ses démons
Tout le monde a ses démons, Les gens sains tournent en rond. Tout le monde a ses secrets, Personne n’en est exempté. On a tous des choses à cacher, Même si on ne veut pas l’avouer. La Terre tourne sur elle-même, Ses habitants font de même. Obnubilés par leur train-train quotidien, Ils ne laissent pas de place pour ce qui vient, Au détour d’un chemin, Nous surprendre quand soudain… Ils n’ont plus le temps pour rien. Après tout l’humain n’aime pas l’imprévu, Il pense que tout lui est dû. Et que sans rien faire à ses fins il arrivera, Sans surprises sans doutes il croit qu’il réussira. Mais la Terre finira par s’arrêter de tourner, Et ses habitants doivent accepter qu’ils seront tourmentés.
Maëva Paul
C’est la Saint-Valentin
C’est la Saint-Valentin. J’ai retrouvé l’amour. Je le ressens de nouveau. Je suis aussi pleine d’amour Que le docteur mamour. C’est beau. Je me sens pas trop mal, On pourrait presque croire que je suis normale. L’amour rend fou, Mais qu’en est-il quand on l’est déjà ? Les fous peuvent-ils s’aimer entre eux ? Sans se blesser l’un l’autre ? Sans s’autodétruire ? J’aime aussi fort que je suis vivante. J’aimerais tant que je serais vivante Je veux de l’amour fou, de l’amour qui rend fou. J’aime à la folie et j’aimerais toujours.
Maëva Paul
Tout est flou
C’est aussi brouillon sur cette page. C’est tout flou. Tout est flou. La terre ne tourne pas rond. Elle tourne, elle tourne, mais pas en rond. C’est rien qu’un mensonge. Tout est flou mais l’océan est toujours bleu. Tant qu’il y a l’eau il y a la vie. Malheureusement. Ou bien heureusement.
Maëva Paul
Un cœur tout triste
Un cœur tout triste, Des pensées qui divaguent. Vague, C’est beau les vagues. C’est fascinant même. On se retrouve face à nous-même, Et notre impuissance.
Maëva Paul
Sombre est la nuit
Sombre est la nuit Lorsqu’elle crie Tout le monde a peur De faire une insomnie. En réalité c’était un leurre. Sombre est la vie Qui nous unit, Pas faits pour être ensemble nous sommes, La vie ne se résume pas qu’en un tome.
Maëva Paul
Un inconnu tourmenté
Un inconnu tourmenté, Seul dans la rue. Un soir alors qu’il pleuvait, Il se mit à nu. Il lutta corps et âmes, Pour ne pas céder à la lame, Qui l’appelait certes, Mais qui le menait à sa perte. Les autres lui en voulaient, D’avoir voulu soulager sa peine, Il ne sait pas où ça mène, Ce chemin qui le malmène.
Maëva Paul
Tout va bien papa
Tout va bien papa tout va bien, Il y a quelques démons sur mon chemin. Mais papa tout va bien promis tout va bien, Mon mal de cœur ne doit pas être le tien. Le sourire sur mon visage cache ton chagrin, Pourtant papa tu sais tout va bien. Ta fille a plus d’une carte en main, Tu n’as pas fait tout ça en vain. Moi je veux te voir heureux papa, que tout aille bien, Que seul le bonheur soit sur ton chemin. Papa je veux que tu ailles bien Alors ne crains rien je te tiens la main.
Maëva Paul
Urgence vitale
Urgence vitale, Encore dans le mal. Un jour il va mourir, Et les autres s’arrêteront de rire. Un jour il y arrivera, En tout cas il n’attend que ça : Ne pas se laisser de chance, Et que plus jamais ne s’arrête cette danse. Un jour il va mourir, Lui partira avec le sourire. Mais il laissera un grand vide, Sa mère va prendre tant de rides. C’est pour papa et maman qu’il ne le fait pas, Même s’il peine à avaler son repas. Il leur a promis de ne pas les abandonner, Mais son cerveau est complètement déglingué. Il souffre en silence Pour ne pas casser l’ambiance.
Maëva Paul
Ce genre de tête qui ne s’arrête jamais
Comment tu vas ? « Je vais… » Je ne supporte pas ma présence. Je ne supporte pas d’être dans ma tête, d’avoir mes pensées qui tournent sans cesse, et des idées obscures jaillissantes… Respire. Ma propre compagnie est insupportable. Ce genre de tête qui ne s’arrête jamais. Pensées qui s’enchaînent, Idées sombres qui surgissent sans prévenir. Et moi qui fait ce que je veux, Heureusement que ma bonne étoile veille. Je regarde passer les idées sombres, Mais le train est sans fin, Je vois les idées défiler, C’est constant depuis l’adolescence. J’envisage tout tout le temps.
Maëva Paul
Et si je vous racontais une histoire
Et si… Et si je vous racontais une histoire, Une histoire à base de si, Une histoire où on referait le monde, Et si je vous racontais une histoire, Elle pourrait être drôle, Elle pourrait faire mal au cœur, Elle pourrait raconter ma vie. Mais cette histoire là serait peut-être drôle mais on voudrait pleurer au lieu de rigoler…
Maëva Paul
Debout sur mon lit
Papa, maman, je dois vous dire que tout va bien. Debout sur mon lit, Le dos contre le mur, Je tiens debout. Soirée tranquille, Mais je serais toujours… Crazy fuck.
Maëva Paul
Sourire d’enfant
Sourire d’enfant, Malheureusement pas toujours innocent. Les yeux qui scintillent, Le cœur y est, Joyeux ou triste, Il y met son âme.
Maëva Paul
Même les robots semblent
Même les robots semblent ne plus comprendre. Ils vont nous dépasser, Mais à quoi bon durer pour l’éternité, Dans un monde qui est déjà cassé à jamais.
Maëva Paul
Tiens-toi droit
Tiens-toi droit, tu vas y arriver. Sois fort, encore plus que jamais. Clame haut et fort qui tu es. Bats-toi pour ta liberté. Tu es quelqu’un, Tu es un humain Et tu essayes de faire le bien. Et ça n’est pas rien.
Maëva Paul
Recouvrir de peinture
Recouvrir de peinture Les blessures Du passé. Passées mais inoubliables.
Maëva Paul
Regards
Même les animaux Ont le regard détruit. L’humain dans son auto-destruction Ne fait pas d’exceptions. S’il disparaît, Alors égoïstement il le fait payer, Même à ceux qui n’étaient pas concernés.
Maëva Paul
C’est beau
C’est beau, De voir les couleurs et de ressentir les mots. C’est beau, Quand on est présent dans l’instant.
Maëva Paul
Barrières
Barrières, Elle s’est toujours cachée. Mais en vérité, Elle a simplement peur De ce qu’il y a derrière.
Maëva Paul
Halte
Halte, Toi qui ne me connaît pas, Reste donc loin de moi Sauf si je t’invite à savourer le malt.
Maëva Paul
Les enfants innocents
Les enfants innocents Même ceux au cœur meurtri Je veux qu’ils rient, Et ça pour tous les temps. Je les prendrais dans mes bras, Même s’ils sont couverts de marques. J’inventerais, malgré leurs remarques, Quelque chose qui leur conviendra. Et qui les laissera décider, S’ils m’en écrivent un rêve ou un cauchemar. C’est leur choix de réinventer, Un monde où il fait moins noir.
Maëva Paul
Voir l’océan
Voir l’océan, Grandir face aux vagues. Retour en enfance Sur les plages de sable Que foulaient mes pieds d’enfants. Voyage dans le temps.
Maëva Paul
La victime c’est moi
La victime aurait peut-être fait mieux que moi, La victime aurait eu connaissance de la loi, La victime c’est moi, Et je n’ai pas le droit De vivre Sans chercher à être ivre. D’écrire un livre Sur ce que la maladie me contraint à vivre.
Maëva Paul
Ça fait mal
Ça fait mal. Je ne veux pas revivre ça, L’envie de ne plus être là Finit toujours par gâcher le bal. Je déteste cet état.
Maëva Paul
Dans ses artères coule la vie
Du besoin d’apparaître, dans toute sa profondeur, à celui de perdurer, dans les esprits. Se réinventer chaque jour, jouer un rôle, en permanence, garder ses émotions pour soi, malgré le risque. Une histoire éclairée se dessine… et faire partie de la vie, n’est pas une tâche facile. Vous n’êtes pas votre symptôme. Vous êtes vous. Même si ce « vous » vous semble insupportable, Car ce symptôme refuse de s’en aller. Toujours les mêmes schémas, C’est là qu’est votre vulnérabilité. Et elle vous rend humain, Dans ce monde d’aujourd’hui, Où l’humanité semble partir en vrille. Tandis que vous vivez sincèrement, Profondément, Même si parfois c’est douloureux, Ça vaut mieux que vivre avec des œillères.
Maëva Paul
Dialogue en fragments
Le plaisir du partage d’émotions. Peut-être que quelqu’un se reconnaîtra, Me verra, Ou même m’apercevra, Dans toute la complexité de mon évolution. Ça n’est rien qu’un dialogue en fragments, Un dialogue avec un sourd. Même si certains me prennent pour le maître des lettres, Personne ne semble les comprendre. Ils me prennent presque tous pour fou, folle. Pourtant je ne suis rien qu’un humain, Possédant un esprit tourmenté, Peut-être même mauvais.
Maëva Paul
Des lumières
Des lumières, Pour la vie, Et pour la mort aussi, Pour s’opposer à cette vipère. Elle qui nous prive d’air, Je la regarde et je ris, Je la provoque et je souris, Finalement c’est elle qui manque d’air. Pas de grands chevaux, Rien qu’un grand rideau.
Maëva Paul
Le néant
Le néant, Les abysses, Les pneus crissent. Pour éviter le trou béant. C’est le vide, Celui qu’on reconnaît, Lorsqu’il est trop tard pour s’en aller. Les choses sont pourtant limpides, C’est toujours pareil, Les deux couleurs de l’abeille.
6 juin 2026 — Maëva Paul
Coming-out non-binaire ?
Coming-out non-binaire ? Ça veut dire quoi au juste ? Moi je m’en fiche de savoir Si je me sens garçon ou fille, Parce qu’en réalité je suis juste un être humain, Pas besoin de chercher plus loin.
Maëva Paul
J’écris un instant
J’écris un instant, Raconter ma peine du moment. Si ce n’est que je ne saurais par quoi commencer, Mais il faut faire face à la réalité. Même si elle tourne de plus en plus à l’envers Dans ma tête aussi ça tourne à l’envers. En tout cas ça tourne différemment Toujours en questionnement Sur moi-même, ma vie et sa banalité Sur mon rapport à la vérité Qui est certes ridicule, Mais pas nul. Cela m’est réservé.
Maëva Paul
La vie en a voulu ainsi
La vie en a voulu ainsi, Faire un enfant Pour le tuer lentement Ne pas lui donner le droit à la vie En avoir que faire de lui Ne pas le laisser exister Lui retirer tout ce qu’il est Ou du moins tout ce qu’il espérait Il ne peut pas rêver D’une existence qui lui plairait Forcé d’être anéanti Si bien qu’on se rie de lui. Faire un enfant Et le brûler en même temps. C’est donc ça une raison de vivre, Ce qu’on vous a appris dans les livres. C’est bien malheureux Pour cet enfant qui voulait juste être heureux. A qui on a retiré la vie, Dès lors qu’on le lui a donné.
Maëva Paul
Ils ont l’air innocents
Ils ont l’air innocents, Mais ils sont bêtes et méchants Se nourrissant En nous éteignant lentement. La nature revit, Et moi je gis Recouvert d’épines La plante était maligne. Je m’efface, Ah que je me lasse. Un éclat De joie. Que dis-je ? Ce jeune prodige Ne ressens que la mélancolie. Un gâchis De potentiel, Entendront certaines oreilles. Moi je vois, Ce que je ne devrais pas.
Maëva Paul
Belle était la Terre
Belle était la Terre, Bleu était le ciel Je vous promets que c’était réel Maintenant je rêve qu’on m’enterre.
Maëva Paul
Pensées insaisissables
Pensées insaisissables, Bien plus qu’abominables. Fuyez ! Abomination. Fuyez ! Partez loin ! Vite ! Courez ! Honte à moi. Évitez le danger. Ne restez pas près de moi, Veut la loi. Ils ont décrété que j’étais mauvais Sans même prendre le temps de m’écouter. Ils ont voté, Les gens comme moi ont leur place au bûcher.
Maëva Paul
Je prends mes médicaments
Je prends mes médicaments Ça me donne l’impression de m’éteindre D’être quelqu’un de différent, Qui est capable de feindre Quelque chose de bien plus beau De ranger dans un tiroir Et faire croire que tout ça est faux. Incapable de me regarder dans un miroir Je prétends que je peux continuer Alors que je sais pertinemment que rien ni personne ne viendra me sauver. Moi-même je n’en suis pas capable Tout cela est lamentable. Je suis retourné·e 10 ans en arrière, Peut-être pas les mêmes travers Mais bel et bien la même idée qui tourne en boucle. Les médicaments n’y changeront rien, Je vais me réveiller le lendemain Dans un noir aux teintes grisonnantes D’humeur toujours plus changeante Frustré·e d’être coincé·e, Dans cette réalité Si douée pour me détruire, Que je me demande bien pourquoi je m’en tire À si bon compte, J’en ai presque honte. Tant de possibilités, Mais incapable de visualiser Quoi que ce soit qui finisse bien. Je n’envie rien, À part ma solitude passée, Où mon âme blessée Profitait d’un certain répit Face à l’idée de s’ôter la vie. Je m’en veux que la solution à mon bonheur Soit leur malheur. Un monstre est né Le jour où l’enfant ils ont brisé. Cette envie dont j’ai tellement honte Est sûrement née, Le jour où ceux qui comptent, Sans sourciller m’ont massacré·e. Alors aujourd’hui je vis dans ce leurre, Qu’un beau jour ma vie ne sera plus la leur.
Maëva Paul
— Textes libres —
La force invisible des femmes
On parle souvent des femmes comme d’une idée. Une image. Un symbole. Les attentes silencieuses. Les rôles que l’on endosse sans toujours les avoir choisis. La pression d’être solide. Rassurante. Stable. Même lorsque tout vacille à l’intérieur. Fortes pour elles-mêmes. Fortes pour les autres. Mais parfois, la force devient une nécessité. Parfois, ce dont on aurait le plus besoin ce n’est pas d’être forte. C’est simplement d’avoir le droit d’être fragile. Il y a une beauté profonde dans le fait de continuer. Même lorsque personne ne regarde.
8 mars 2026 — Journée internationale des droits de la femme
→ Lire l’article completRessentir le danger pour vivre
Ce qui fait battre mon cœur c’est uniquement de me sentir en danger, de sentir le petit vent quand le train passe proche de moi, d’entendre une voiture passer après avoir traversé sans même jeter un coup d’œil à la route. Ces moments où la mort pourrait frapper et que je n’y ai pas prêté attention. Ces moments qui nous font ressentir que l’on est en vie, et si ça implique de ressentir une certaine proximité avec la mort alors j’accepte, car je ne saurais comment vivre sans me sentir ne serait-ce qu’occasionnellement en vie.
Maëva Paul
— Fragments & Pensées —
Pensée
Parfois ce dont on aurait le plus besoin ce n’est pas d’être forte. C’est simplement d’avoir le droit d’être fragile.
Pensée
La pression d’être solide. Rassurante. Stable. Même lorsque tout vacille à l’intérieur.
Pensée
Pourquoi tout le monde semble penser que je vais bien. Pourtant je n’ai pas donné mon avis sur la question, enfin j’ai répondu « oui » par habitude. Et j’ai l’impression qu’au plus les gens me voient dans une bonne dynamique au plus je me rapproche de ma chute. Car ça signifie seulement que c’est mes derniers moments capable de faire semblant, et qu’après je ne saurais plus cacher mon état de santé mentale.
Fragment
Et si on pouvait changer qui je suis, En seulement quelques coups de pinceaux, Est-ce que j’aurais fui ? Après tout qu’est-ce que ça vaut, Si c’est pour rêver de sa mort jour et nuit ? Est-ce qu’il faut prétendre que le monde est beau ?
Fragment
Grands corps malades que nous sommes. La vie est bien trop pénible, L’écrivain et ses syndromes Rendent l’histoire bien plus risible. On court après le bonheur, En criant aux oiseaux de malheur, Car en réalité on a tous peur Et on se cache derrière une fausse bonne humeur.
Fragment — Vide intérieur
Le monde me paraît éteint. Je suis coupée de la réalité, Je vois la Terre tourner et je feins, De moi aussi avancer. Mais c’est vide à l’intérieur, Et tout ça me fait peur.
Fragment — Les angoisses
Les angoisses reviennent quand arrive le soir, Elles me plongent dans le noir, Avant même que la nuit soit tombée, Et je ne parviens plus à les contrôler.
Fragment
On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, Ceux encore innocents, Ceux qui font de jolis dessins, Et vous réconfortent avec des câlins.
Pensée
La vie est partie en vrille, J’avance dans un monde de fou.
Pensée
Quand je vois un beau garçon, Je me fais la réflexion, Si beau garçon il est réellement Ou si je le trouve simplement attirant.
Fragment
J’ai rien trouvé de mieux à faire Que de tout foutre en l’air. Encore, Même si on s’aime fort.
Pensée
Ils veulent soit disant mon bonheur Mais ils seront à l’origine de ma mort.
Pensée
C’est de ma faute. Toujours.
Fragment
Au secours ! Aidez-moi ! Je tombe… Et tout à coup j’étais à terre, plus aucun repère, l’air de rien je disparaissais dans le flou.
Pensée
J’ai froid au cerveau, Comme si j’avais mangé un granité.
Fragment — Addiction
Nobody hates an addict in active addiction as much as they hate themselves. Qui de mieux placé pour se détester soi ? Mal-être profond qui mène à l’addiction. Compréhension trop parfaite du monde. Trop de choses perçues, plus que les autres êtres humains. C’est dur de se détester mais quand on voit tout,… y compris soi-même. Pourquoi la vie ? Pourquoi personne peut comprendre comment je fonctionne ? Pourquoi je ne suis jamais moi-même ? J’aimerais bien m’aimer, ou même simplement m’apprécier, enfin simplement ne pas me détester à ce point.
Pensée
Je suis enfin seule. Ça fait du bien de retrouver un peu de tranquillité. Je me sens mieux seule. Et c’est pas parce que je peux boire ou fumer tranquille. C’est plutôt parce que je peux m’écouter. Et ça, personne d’autre ne le fait. Alors j’ai besoin de solitude pour revenir à moi. C’est rare que je me sente bien entourée, il y a trop. Rares sont les moments, Où rien qu’en écoutant, J’entends que je me sens bien. Personne d’autre ne fait le lien. Ma solitude c’est signe de tranquillité, Je me suis liée d’amitié.
Pensée
Pourquoi personne ne me comprend ? Je ne suis pourtant qu’un simple rond. Mais tout le monde me voit déformé. Personne ne me voit tel que je suis réellement. Je me sens si seule ainsi. J’aimerais tellement qu’on me comprenne rien qu’une fois, qu’on me voie tel que je suis. Que quelqu’un puisse apprécier le vrai moi, même si je ne suis qu’un simple rond déformé. Qui suis-je après tout ? Même moi je l’ignore.
Fragment
C’est beau quand on se balade tranquillement. On passe des bons moments Mais le cœur reste triste Et mes émotions font du hors-piste.
Fragment
« I’m the king of the world !! » (King of the wooooorld !!!!) Chuuut.
Fragment
Il y a du sang partout, Je crois que j’y suis allée un peu fort. J’ai encore marqué mon corps. Il y a du sang à rendre fou.
Pensée
Keep laughing, be honest, think positive, take care of beautiful things..! Be happy! Enjoy! And enjoy! Just have fun!
Fragment
Esprit créatif, Esprit possédé ? Esprit du mal !
Pensée
Nuances. Et si on jouait avec les mots ? Pour faire rimer nos maux.
Fragment
No excuse. Have played too many games… Now it’s game over.
Fragment
No! Love is not all. Love is nothing. Love means nothing. The world is completely fucked up. But love is nothing here. I am always the bad one. Dreams come true. Nightmares are not dreams, they are real. You say you love me, I say I hate you. You loved too much. You need to hate. Mauvaise personne. Disappointing me.
Fragment — cahier
Habillée, Colorée, Maquillée, Apprêtée, Apeurée, Elle trace son chemin. (Violée, déshabillée, traumatisée…) Déshumanisée, moquée, traumatisée… Tard le soir, Sac sur le dos, Tout est noir, C’est la fête de trop. Le regard triste d’un enfant… Perdre la bataille. Border line attitude.
Pensée
Je me fais trop de films, Tellement ce monde est fou.
Fragment — cahier
Des morceaux de mots, de phrases, de photos, de dessins, de vie. C’est le foutoir. Bordel sans nom. La mort me guette. Mais je lui résiste. Essayons de rester en vie.
Pensée
Crazyness won’t kill you. Or maybe it will.
Pensée
Changeons d’opinion, Posons-nous des questions.
Fragment — cahier
Dire non — à la banalité, à la binarité, aux cons, aux hommes mauvais, à la domination, à la mort, à la peur, à l’angoisse, aux doutes, à la maladie, aux cerveaux détraqués, à la nourriture, à l’alcool, à la drogue, à la censure, à l’autoflagellation, à l’automutilation, à la guerre, à la pauvreté, à la raison, aux mensonges, au patriarcat, à la discrimination, à l’homophobie.
Fragment
Des livres qui s’envolent. Des mots finalement libérés. Regard triste. Dessin minimaliste.
Fragment
« Good morning », she said at 4 a.m. When it’s not in 4 weeks. Good evening. She says when she needs a pause, when she needs to stop. Rest is the last thing to try, maybe the energy will come back.
Pensée
Qui sait ce qu’il y a au milieu. Le bas de mon âme.
Fragment
Mon cœur se noie… Enchaîné à ma folie. Adieu.
Pensée
With or without you I’m against you, I wish I could live without you. I wish I could live alone.
Fragment — cahier
Les démons. « J’ai défié ceux qui voulaient ma mort » Dans ma tête… sont méchants.
Fragment — cahier
Tout va bien ! Ça va aller. Souris. Ris. Vis. Sois toi ! T’es le meilleur, ne l’oublie pas ! Respire ! Amuse-toi. Peins. Dessine. Vas-y, n’aie pas peur !
Fragment
Moi si j’étais un garçon, On aurait pas à se quitter. Garçon ou fille, Pourquoi un choix si important ? C’est dur de dire je t’aime.
Pensée
I’m bipolar, would you still want to talk?
Fragment
Je me prends à rêver de plus belles libertés. Je crois que ma liberté n’existe pas.
Pensée
Why? I’m scared… told my body. But you should not worry, I’m stronger than them.
Fragment
Appétence pour la méchanceté.
Fragment — carnet
Ça fait chaud au cœur. Des attentions qui touchent. Des étoiles dans les yeux en me sentant écoutée, aimée. En ressentant la bienveillance, l’amour, et en sachant qu’on fait tout ça pour voir un sourire sur mon visage — pour une journée qu’à l’origine je n’aime pas, que je n’ai jamais aimée, et que j’ai eu peur de voir gâchée à peine minuit sonné, tellement la méchanceté revient vite au galop, elle doit être innée. Mais il y a un lama qui sait parler et un vrai sourire qui s’est dessiné. J’ai senti les attentions atteindre mon cœur, ça a bien fonctionné. Et ça, c’est beau.