Les mots s’accumulent
Parfois comme un fardeau, parfois comme une délivrance.
Ces pages ne sont pas des réponses. Elles sont des éclats.
Et vous ?
Vos mots aussi ont une place
Si un texte brûle en vous, si quelque chose résonne dans l’ombre — envoyez-le. Il pourrait trouver sa place dans les textes des lecteurs.
Textes des lecteurs— Poèmes —
Mal au cœur
J’ai mal au cœur, Il y a comme une masse qui tombe dessus. J’ai mal au cœur, Les battements s’accentuent. Il faut que je respire, Mais le poids est trop lourd. Il faut que je respire, Mais mon cœur me joue des tours.
Maëva Paul
Parfois je souris pendant longtemps
Parfois je souris pendant longtemps, Mais à l’intérieur ça crie légèrement. Alors quand je me mets à hurler à la mort, Je perds le contrôle de mon corps, Et tout devient trouble, Tout devient sombre. C’est noir, très noir, Et au fond il y a cet enfant que tout ça effraie, Cet enfant pour qui c’est trop, Qui hurle pour que tout ça cesse. Alors que l’un a peur, L’autre ne voit plus rien. Même sans pleurer il a la vue brouillée.
14 mars 2026 — Maëva Paul
Mon visage s’efface
Mon visage s’efface, Remplacé par un autre. Petit à petit je perds la face, Ils attendent que je me vautre. Pour m’envoyer à l’asile Et gâcher ma saison, Mais je ne leur donnerais pas raison. Le temps file, Plus très longtemps à tenir, Avant d’être sauvé par le gong. Je vais enfiler mes tongs, Et utiliser tout ça pour faire rire. Et parce qu’on ne m’en croit pas capable, Je me sens obligée de prouver le contraire. En réalité je voudrais les faire taire, Ces voix qui disent que je n’en suis pas capable.
2025 — Maëva Paul
Partout dans la rue
Partout dans la rue, des regards. Certains perdus, D’autres hagards, Et quelques rares pleins d’espoir. Souvent des enfants, Rarement des adolescents. Et les adultes sont bien trop happés par leurs histoires. C’est pas pour rien qu’on appelle ça les histoires d’adultes. Elles sont bien trop ennuyeuses pour sourire. Et regardez ce qui en résulte : Des humains qui veulent mourir. On veut les sauver alors on les enferme, Pour éviter qu’ils ne se tuent. Mais ils attendent de pied ferme, Parce que lorsqu’on croit à l’usure les avoir eus, Ils sont en réalité devenus fous. En réalité on leur a seulement retiré l’espoir.
2024 — Maëva Paul
Carré de chocolat
Mes addictions me rendent dingue Je n’arrive plus à dormir J’ai trop fait la bringue Je n’arrive plus à dormir. Un carré de chocolat Et j’améliore ma voix, Je n’ai plus trop goût A cette prison pleine de dégoût. Un carré de chocolat Et on me berça Je n’ai plus trop goût A tout ce dégoût. Coke alcool shit beuh Même les vaches dans le champ font mieux, Coke alcool shit beuh Je sors enfin de mon pieu.
Maëva Paul
Pensée nocturne
Chaque soir quand je traverse la rue pour rentrer, Je ne pense pas à regarder, Puis je me dis que peut-être une voiture va passer. Elle me fauchera et tout se bousculera.
Maëva Paul
Peut-être que suffirait une lettre
Je vous lis ce texte avec un grand mal-être, Mais peut être que suffirait une lettre, Pour vous faire oublier qu’avec les fous je ris, Et qu’avec eux toutes les lubies prennent vie. Je n’ai jamais eu d’objectif, Mais face à n’importe quelle alerte je reste vif. Car ni homme ni femme je suis. Pour vous un piège je reste.
Maëva Paul
Fissure de l’être
La fissure dans mon être s’exprime peut-être par une lettre Alors à moi qui passe mon temps à paraître : Paraître forte, paraître en forme, paraître aller bien. J’écris aujourd’hui pour recoller les fissures, Pour te dire comme je devrais le faire avec moi, Que même si tu atteins ton point de rupture, Il y a encore beaucoup de ressources en toi. Ces fissures t’ont blessée, Mais elles ne pourront pas disparaître, Alors tu dois continuer d’avancer, En faisant de ton mieux pour préserver ton bien-être. Ces fissures font désormais partie de ton être, Mais elles ne t’empêchent pas de chercher le bonheur pour la suite de ton chemin, Arrête de toujours vouloir paraître, Que tu vas vraiment bien.
Maëva Paul
— Textes libres —
La force invisible des femmes
On parle souvent des femmes comme d’une idée. Une image. Un symbole. Les attentes silencieuses. Les rôles que l’on endosse sans toujours les avoir choisis. La pression d’être solide. Rassurante. Stable. Même lorsque tout vacille à l’intérieur. Fortes pour elles-mêmes. Fortes pour les autres. Mais parfois, la force devient une nécessité. Parfois, ce dont on aurait le plus besoin ce n’est pas d’être forte. C’est simplement d’avoir le droit d’être fragile. Il y a une beauté profonde dans le fait de continuer. Même lorsque personne ne regarde.
8 mars 2026 — Journée internationale des droits de la femme
→ Lire l’article completRessentir le danger pour vivre
Ce qui fait battre mon cœur c’est uniquement de me sentir en danger, de sentir le petit vent quand le train passe proche de moi, d’entendre une voiture passer après avoir traversé sans même jeter un coup d’œil à la route. Ces moments où la mort pourrait frapper et que je n’y ai pas prêté attention. Ces moments qui nous font ressentir que l’on est en vie, et si ça implique de ressentir une certaine proximité avec la mort alors j’accepte, car je ne saurais comment vivre sans me sentir ne serait-ce qu’occasionnellement en vie.
Maëva Paul
— Fragments & Pensées —
Pensée
Parfois ce dont on aurait le plus besoin ce n’est pas d’être forte. C’est simplement d’avoir le droit d’être fragile.
Pensée
La pression d’être solide. Rassurante. Stable. Même lorsque tout vacille à l’intérieur.
Pensée
Pourquoi tout le monde semble penser que je vais bien. Pourtant je n’ai pas donné mon avis sur la question, enfin j’ai répondu « oui » par habitude. Et j’ai l’impression qu’au plus les gens me voient dans une bonne dynamique au plus je me rapproche de ma chute. Car ça signifie seulement que c’est mes derniers moments capable de faire semblant, et qu’après je ne saurais plus cacher mon état de santé mentale.
Fragment
Et si on pouvait changer qui je suis, En seulement quelques coups de pinceaux, Est-ce que j’aurais fui ? Après tout qu’est-ce que ça vaut, Si c’est pour rêver de sa mort jour et nuit ? Est-ce qu’il faut prétendre que le monde est beau ?
Fragment
Grands corps malades que nous sommes. La vie est bien trop pénible, L’écrivain et ses syndromes Rendent l’histoire bien plus risible. On court après le bonheur, En criant aux oiseaux de malheur, Car en réalité on a tous peur Et on se cache derrière une fausse bonne humeur.
Fragment — Vide intérieur
Le monde me paraît éteint. Je suis coupée de la réalité, Je vois la Terre tourner et je feins, De moi aussi avancer. Mais c’est vide à l’intérieur, Et tout ça me fait peur.
Fragment — Les angoisses
Les angoisses reviennent quand arrive le soir, Elles me plongent dans le noir, Avant même que la nuit soit tombée, Et je ne parviens plus à les contrôler.
Fragment — cahier
Un dossier avec des tampons, des RAS en série et « CONTENTION PHYSIQUE ET CHIMIQUE » en rouge. Distance entre RAS sur le papier et ce que c’était vraiment pour moi. Quelqu’un qu’on attache, moi mais pas vraiment moi, le vrai moi est attaché, déchaîné. J’ai que des bribes, des morceaux, des flashs — pas de début — mais rien de plus. C’est tout flou. Quelqu’un qu’on attache quand tout éclate.